TTIP/TAFTA : la manifestation à Bruxelles met les politiques en fuite

Il s'est tenu une grosse manifestation internationale contre le TTIP/TAFTA ce matin à Bruxelles, rassemblant de nombreux syndicats et associations belges, allemands et français. La police annonce 2400 personnes ; une approximation à vue d'oeil du cortège permettrait de l'estimer, selon des témoins, à 10.000 personnes ; les organisateurs, raisonnables et ne voulant pas polémiquer s'accordent sur un chiffre de 4500 personnes.

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Il s'est tenu une grosse manifestation internationale contre le TTIP/TAFTA ce matin à Bruxelles, rassemblant de nombreux syndicats et associations belges, allemands et français. La police annonce 2400 personnes ; une approximation à vue d'oeil du cortège permettrait de l'estimer, selon des témoins, à 10.000 personnes ; les organisateurs, raisonnables et ne voulant pas polémiquer s'accordent sur un chiffre de 4500 personnes.

Des témoins ont rapporté une très grande mobilisation policière, laquelle tenait des piquets de grève à tous les accès du quartier européen, empêchant les travailleurs de rejoindre les bâtiments où devaient travailler les " couilles molles " du capital.

Les slogans des manifestants dénonçaient le bradage, notamment, des acquis sociaux, de l'environnement, de l'éducation, de la santé et la sécurité alimentaire, ainsi que le mépris du respect de la dignité humaine.

Il est amusant de relever que les policiers protégeaient des batîments vides.

Les dirigeants politiques du sommet européen ont en effet eu peur et s'étaient enfuis dans la nuit, tel Lousi XVI à Varennes, sans même attendre de connaître l'importance du rassemblement populaire qui venait exprimer son refus de leur abdication politique (Les chefs d’Etat européens échappent aux manifestations grâce à un sommet « express »).

Le président français a profité ainsi de son  départ anticipé pour visiter son domaine du Chateau de Chambord (Selon RTL).

L'accès au siège de la Commission et du Conseil de l'Union était accessible par le métro Schumann et les manifestants n'en ont pas profité pour semer la pagaille (Après le sommet, les manifestants encerclent le Conseil européen (photos)). Ce qui rend d'autant plus ridicule un déploiement de force disproportionné.

Les flics, armés comme des playmobils, casqués et blindés, derrière leurs chevaux de frise plein de fil de fer barbelé barrant les rues menant aux bâtiments où devaient se réunir les " bouffons " de la finance, protégeaient, sous une pluie battante, un quartier européen déserté par leurs maîtres.

Cette désertion atteste de la lâcheté et du peu de sérieux du discours de MM Hollande, Cameron et Mme Merkel et consorts, ayant pris leurs jambes à leur cou à l'annonce de l'arrivée de quelques travailleurs. C'est d'autant plus ridicule en ne retenant que le chiffre de la police.

Une autre absence notable fut celle des " moulins à vent " et des " grandes gueules ".

Aucun ténor de l'avant-scène médiatique de l'anti TAFTA n'était là pour soutenir ou accompagner le mouvement populaire. Les manifestants ont relevé leur absence comme un signe de pusillanimité. La foule a appris à se passer d'eux (ou d'oeufs), puisqu'ils ne font rien d'efficace.

Le bilan de cette manifestation est très positif.

La mobilisation du peuple, si modeste soit-elle, fait fuir les " couilles molles " et les " grandes gueules ".

Bruxelles a donné l'image d'une capitale européenne populaire. Cela ne peut qu'encourager les Européens à se réunir plus souvent, en espérant, pour les flics, qui font les piquets de grèves devant les adminsitrations européennes, qu'il fasse plus beau.

La mission qui leur a été donnée de garder des bâtiments vides - le politique semble aimer envoyer la police protéger inutilement des lieux vides (comme à Sivens) - devant la crainte de l'expression d'une colère légitime, était d'autant plus paradoxale que les policiers la partagent, puisqu'ils ont fait une grève du zèle quelques jours plus tôt, pour exprimer, eux-aussi, leur mécontentement contre ... l'austérité (Grève du zèle de la police ce mardi matin | Belgique).

La manifestation s'est déroulée dans le calme et aucun incident n'est venu la perturber.

Les travailleurs ont respecté le mécontentement de la police. Il et n'ont pas tenté de forcer les piquets de grève des policiers devant les institutions, à l'origine de leurs pertes de revenus. Il leur suffit de se joindre à la population, la prochaine fois, pour avoir une chance de voir avancer leur revendication. Ce serait une bonne initiative pour réduire le fossé qui se creuse entre les citoyens et leur police.

" Debout! les damnés de la terre!
Debout! les forçats de la faim!
Pour vaincre la misère et l'ombre
Foule esclave, debout ! debout!
C'est nous le droit, c'est nous le nombre:
Nous qui n'étions rien, soyons tout: "

 

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Adhérent de la première heure, l'économiste Jacques Rigaudiat, ex-conseiller de Michel Rocard et Lionel Jospin, démissionne de la formation de Jean-Luc Mélenchon et s'en explique dans une lettre.

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