De l'argent pour la guerre en Syrie plutôt que pour les retraites

Le pouvoir pressure les salariés et organise la régression sociale pour les retraites, parce qu'il dit ne pas avoir d'argent mardi, mais il en trouve beaucoup mercredi pour aller faire la guerre en Syrie. Une guerre coûte très cher et permet de détourner l'opinion de l'échec social et politique. C'est aussi l'occasion de favoriser le capital et les entreprises qui s'enrichissent dans les conflits. Le pouvoir préfère la guerre au social.

Le pouvoir pressure les salariés et organise la régression sociale pour les retraites, parce qu'il dit ne pas avoir d'argent mardi, mais il en trouve beaucoup mercredi pour aller faire la guerre en Syrie. Une guerre coûte très cher et permet de détourner l'opinion de l'échec social et politique. C'est aussi l'occasion de favoriser le capital et les entreprises qui s'enrichissent dans les conflits. Le pouvoir préfère la guerre au social.

Cela montre que le gouvernment se moque des salariés comme il se moque des Syriens.

La Convention de Genève sur les réfugiés et la protection des populations civiles ne sont pas évoquées alors qu'il y a déjà eu des dizaines de milliers de victimes civiles en Syrie et que la moindre des choses serait d'accueillir les gens en souffrance.

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" Caroline Lucas (verts) juge « cavalière » la façon dont le gouvernement traite le droit international. Elle estime que le doublement des soutiens aux réfugiés serait un exemple d’action préférable à des frappes qu’elle juge risquées. "

En revanche, les gouvernements savent invoquer le droit international - sur les gaz - pour trouver un prétexte à élargir le conflit. Faire encore plus de victimes.

C'est se moquer indécemment du Monde. C'est une insulte à l'intelligence.

Le mépris est de plus en plus grand.

Tout est lié. Il faut savoir le remettre en perspective.

Prism est l'exemple qui permet de synthétiser ce mépris.

Les USA ont espionné les gouvernements, l'Union européenne et l'ONU. Aucun Etat n'a demandé la moindre excuse aux USA qui ont violé industriellement les droits de l'Homme. Au contraire, le président de la Commission européenne, qui brigue le poste de secrétaire général à l'OTAN (organisation de destruction massive au service des intérêts capitalistes), insiste à poursuivre la négociation du traité transatlantique avec un pays qui viole effrontément le droit de l'Union européenne. Les écoutes des institutions européennes arrivent au siège de l'OTAN et personne ne relève le conflit d'intérêt - un euphémisme - à voir le président de la Commission européenne devenir secrétaire général de l'OTAN.

Voilà le Monde actuel. Une caissière qui ne rend pas sa caisse exacte connaît les pires soucis. Un président de la Commission européenne fait n'importe quoi.

Prism se produit parallèlement aux prisons clandestines, aux interrogatoires "poussés", aux assassinats "ciblés" avec des drones.

Les USA n'ont pas été d'une grande exemplarité militaire : La CIA a aidé Saddam Hussein à gazer les troupes iraniennes. Voir les victimes en Afghanistan et Irak.

Après ces deux pays, une alliance se recrée pour la Syrie.

Pour faire des morts, les Etats trouvent de l'argent. Business first. La guerre est le relai de croissance pour lequel les gouvernements s'entendent.

Quant au drame humain syrien, aucun des pays qui s'apprêtent à intervenir, n'a proposé d'accueillir sur son sol des réfugiés pour permettre aux populations de fuir la zone des combats et d'éviter d'être victimes des exactions d'un camp ou d'un autre.

Pour sauver des vies, il n'y a pas d'argent.

Comme pour le social. Cela coûte trop cher. L'idéologie de l'optimisation immédiate de profit exclut l'humain de toute réflexion. Les couturières du Bengladesh en sont un exemple. Le mépris pour les salariés européens vendus à des investisseurs indiens ou chinois en est un autre.

Quant aux Français, avec la politique actuelle, les retraités ne sauront bientôt plus qu'ils sont arrivés à l'âge de la retraite. Ils auront Alzheimer avant.

Les mêmes qui s'entendent pour dire qu'il n'y a pas de milliard pour le social, ou les réfugiés, en trouvent donc, le lendemain, pour faire la guerre en Syrie.

Comptent-ils aussi abandonner ensuite des populations innocentes à l'arbitraire d'une anarchie violente comme cela se passe en Irak, en Afghanistan, en Lybie, ... ?

Replacer tous ces élements permettent de prendre la mesure du mépris de l'Humain dont l'Europe n'est pas épargnée. Voir la situation catastrophique des populations en Grèce, en Italie, en Espagne, ... et le discours culpabilisant de ceux qui les ont mis dans cette situation.

Depuis 2011, les USA - qui n'ont signé presqu'aucun traité international sur les droits de l'Homme - ne savent mettre en place que des pouvoirs corrompus et semer la guerre civile. Ils reproduisent à l'échelle de la planète ce qu'ils ont toujours fait en Amérique du Sud. Le 11 septembre prochain sera le 40° anniversaire du renversement de Salvador Allende au Chili : "Nous ne devons pas laisser l'Amérique latine penser qu'elle peut emprunter ce chemin sans en subir de conséquences" (Richard Nixon - Conseil national de sécurité 6 novembre 1970).

Voilà l'allié que se sont choisis les gouvernements de l'Union européenne. Tous ces petits Von Papen obligent à s'interroger sur les causes d'une telle médiocrité intellectuelle. On est bien loin de Socrate, d'Aristote, de Tomas More ou d'Erasme.

Voilà aussi un motif à descendre dans la rue le 10 septembre. Dire non à cette dérive fascitoïde de brutes dipômées mais incultes.

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Le Monde Diplomatique de septembre 2013 :

  • Espionnage électronique, quinze ans d’inertie

    Nicky Hager

    Les informations livrées par M. Edward Snowden sur le système d’espionnage électronique américain n’en finissent pas de faire des vagues. Quinze ans plus tôt, un scandale analogue avait éclaté sans que les gouvernements en tirent de conséquences pratiques. ¶ page 9

  • Obliger les Etats à tenir parole

    Monique Chemillier-Gendreau

    On ne compte plus les Etats qui transgressent allègrement les principes juridiques qu’ils ont ratifiés dans des traités. Sans doute le temps est-il venu de faire appliquer ces règles, non pas avec des canonnières, mais en recourant à l’arme du droit. ¶ page 12

Dossier : il y a quarante ans, le coup d’Etat contre Salvador Allende

Le 11 septembre 1973, soutenue par la presse, par l’organisation fasciste Patrie et Liberté, par le Parti national et par les Etats-Unis, l’armée chilienne bombarde le palais présidentiel. Quelques heures avant sa mort, au cours d’une ultime allocution radiophonique, Allende déclare : « Ils ont la force, ils pourront nous asservir ; mais on n’arrête pas les mouvements sociaux, ni par le crime ni par la violence. » ¶ page 14

  • Santiago en septembre

    Bruno Muel

    Le 11 septembre 1973, l’armée chilienne, soutenue par la presse, par l’organisation fasciste Patrie et Liberté, par le Parti national et par les Etats-Unis, bombarde le palais présidentiel. ¶ pages 14 et 15

  • Les étudiants dépoussièrent une icône

    Camila Vallejo

    En septembre 2011, les étudiants chiliens, soutenus par de larges pans de la société, se révoltaient contre le coût exorbitant de l’éducation supérieure. Et mettaient fin à un long reniement. ¶ pages 14 et 15

 

 

Le Canard enchaîné

N°4844 du mercredi 28 août 2013 p. 4 : "Les ruses de la DGSE pour espionner comme les ricains"

 

Médiapart :

Retraites: vive le capital ! A bas le travail !

Retraites : le conseiller de Moscovici d’accord avec l’UMP

Retraites: le détail de ce qui va changer pour les salariés

L'opération déminage d'un dossier social à hauts risques

La "méforme" des retraites

Pourquoi je vais manifester le 10 septembre

Nous voulons rentrer en Syrie…Les réfugiés syriens en France sur le chemin des souffrances

Armes chimiques : Washington s’apprête à rendre publiques ses «preuves»

Syrie: la guerre, les silenceset les mensonges

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