Quelle société voulons-nous pour nos enfants ?

La question des retraites a réveillé un clivage au sein de l’opinion publique. Cette réforme des retraites est en effet devenue le cheval de bataille d’une opposition recomposée autour du rejet des politiques ultra-libérales... La bataille des retraites sera décisive. De l’issue de celle-ci accouchera la société de demain et la pérennité des valeurs et principes républicains.

Ce qui se passe actuellement en France est historique. Le mouvement social, par son ampleur et  sa durée est en passe de devenir le plus important depuis l’après-guerre. Rendons hommage aux cheminots d’avoir porté la question des retraites au cœur du débat et de l’espace médiatique… aux manifestants, aux grévistes et à toutes les composantes du corps social mobilisées contre cette réforme, d’avoir su entretenir le rapport de force avec ce gouvernement. Rappelons que la réforme de l’assurance chômage n’a pas suscité autant de levées de bouclier… hélas. Pourtant, c’est bien cette opposition à la « réforme » des retraites qui cristallise aujourd’hui un clivage  au sein de la société française. Et cette fracture est avant tout idéologique.

Quelle société voulons-nous pour nos enfants ?

Car oui, les réformes entreprises par ce gouvernement qu’elles aient fait réagir ou pas, procèdent toutes d’un même projet de société idéologiquement téléguidé. Et l’une des conséquences de celui-ci sera la destruction de notre système de protection sociale… Bien que la dimension sociale de notre République est une des valeurs inscrites dans la constitution, son coût exorbitant  dans un contexte économique difficile, où notre dette flirte avec les 100% du PIB (Rendez-vous compte !) est constamment rappelé. L’argument de la responsabilité d’une société vis-à-vis des générations futures serait honorable, s’il ne servait à justifier des politiques d’austérité et des coupes budgétaires, toujours dans le domaine social bien entendu.

 

Le paradoxe de la dialectique gouvernementale

Si la majorité de la population concède cet impératif de retour à l’équilibre budgétaire, l’idée selon laquelle « les précaires l’ont bien cherché » est également bien ancrée dans l’inconscient collectif. Les propos des libéraux décomplexés, relayés dans les grands médias, ont, il faut le dire bien nourri cette idée jusqu’à l’indigestion. Et le glissement sémantique du sens de certains mots est à ce titre éloquent : On ne parle plus de solidarité mais d’assistanat, pas plus que de cotisations sociales, mais de charges… L’individualisme et les valeurs bourgeoises admises comme norme ont fait le reste.

Nous ne voulons pas être taxés d’irresponsables et ne souhaitons pas non plus laisser de dette aux générations futures. Et nous aimerions mettre cette honorable humanité au crédit de ce gouvernement… Pourtant nous n’y arrivons pas. Car cette dette, même élevée n’est pas un problème. Notre pays est solvable, possède un patrimoine d’une grande richesse et des fleurons de l’industrie qui rapportent chaque année des milliards à l’Etat. Tout cela lui permet d’emprunter à des taux extrêmement bas, voire négatifs ! Or, ces poules aux œufs d’or tels que ADP, la française des jeux et tant d’autres sont depuis le début du quinquennat Macron cédés à tour de bras aux actionnaires. Dans ce contexte d’appauvrissement du patrimoine national, et dans ce contexte seulement, la dette deviendra un problème. A croire qu’il y aurait une volonté délibérée de créer le problème… pour justifier le fait de faire des économies sur notre système social.

Cette contre-réforme (le terme semble plus adapté) des retraites en constitue d’ailleurs une parfaite illustration, puisque selon l’Agirc-Arrco, la baisse de cotisation des très hauts cadres prévue dans la réforme (de 28 à 2,8 % !) couterait 3,7 milliards par an pendant 15 ans… Le conseil d’Etat vient d’ailleurs de rendre un avis très défavorable concernant cette réforme, et dénonce des projections financières lacunaires… il s’agit donc bien d’une réforme qui aggrave le déficit de la sécurité sociale pour mieux justifier allongement du temps de travail et hausse des cotisations salariales. La méthode n’est pas nouvelle, mais plus de 30 ans après Thatcher, la ficelle est un peu grosse.

Non, décidément, cet argument de la dette ne nous satisfait pas… car la principale dette que nous lèguerons à nos enfants est une dette environnementale, infiniment plus préoccupante. Et dans ce domaine, l’action gouvernementale est pour le moins timorée. Mis à part des gesticulations médiatiques sur la question, des débats d’une stupidité sans nom (la question de la suppression des touillettes), des titres ronflants (transition écologique, terme vide de sens), point de mesure forte. Le cœur de  la question est éludé. Mise en face de son inaction, madame Borne (ministre de la transition écologique) a indiqué qu’elle ne succomberait pas au « populisme vert ». Le néologisme est remarquable et nous l’aurons compris, pas d’austérité énergétique en vue…   De quoi faire grincer des dents, à l’heure où les réformes libérales s’amplifient, qui accélèrent toujours davantage les flux de marchandises, leur quantité en vertu du dogme de la croissance infinie. Cette mondialisation fluidifiée auquel souscrit notre président se situe à l’exact opposé  de l’impérieux défi du réchauffement climatique. Le Macron soucieux de l’environnement « et en même temps » ultra-libéral fait la démonstration de sa souplesse dans ce grand écart… à moins qu’il ne prenne les gens pour des imbéciles. 

Aussi le postulat de la responsabilité masquée sous le concept de « dette » pour justifier la nécessité de faire des économies et engager des réformes ne tient pas. Aucune réforme entreprise par ce gouvernement n’est nécessaire si ce n’est pour servir certains intérêts… qui ne sont pas ceux de 90% de la population, bien au contraire.

 

Transition ploutocratique à l’œuvre…

Macron s’est en effet empressé dès son arrivée en fonction de faire « passer » certaines réformes qui n’ont finalement fait que bien peu de bruit eut égard à leur conséquence sur la société française : Suppression de l’ISF et  flat-taxe pour ne citer qu’elles… La première vise à permettre aux grandes fortunes de ne pas quitter le territoire, la seconde doit faciliter les investissements directs étrangers (IDE) par l’abaissement de la taxation sur le capital (devenue une des plus basses d’Europe). Car, et cela aussi est bien ancré, il faut choyer grands patrons et actionnaires car ce sont eux qui créent de l’emploi et l’emploi est le grand combat de ce gouvernement. Les I.D.E. sont en effet en forte hausse, qui gonflent d’orgueil notre président, lequel a pu en conséquence pérorer que « non, tout ne va pas mal dans notre pays ». Mais si ces actionnaires se sont gavés de dividendes à hauteur de 60 milliards d’euros (il faut bien rémunérer la prise de risque-autre argument récurrent), quid des emplois ? Rien de signifiant si l’on fait fi du nouveau mode de comptage… 

Par ailleurs, à l’époque de la financiarisation de l’économie, les dividendes ne sont plus réinvestis dans l’économie réelle mais dans le capital. Ou comment rendre les riches toujours plus riches. Au passage, il apparaît nécessaire d’en finir avec cette croyance angélique qui voudrait que l’objectif des grands patrons du CAC serait de créer de l’emploi. C’est tout le contraire. Le patronat se joue du marché du travail en maintenant une offre sciemment  limitée face à une demande forte. Ce faisant, il maintient un rapport de force dominant vis-à-vis du salariat et entretient la concurrence au sein de cette classe. Classe qui n’a par ailleurs plus d’existence collective réelle tant l’hétérogénéité, notamment du point de vue des contrats, est devenue la norme. Encore une fois, et comme pour la dette, le chômage, érigé en problème majeur, mais non combattu dans les faits a servi de justification au démantèlement, pardon, la « simplification » du code du travail… et donc à la précarisation du salariat.

L’accointance de M. Macron, banquier de Rothschild, avec la finance n’est plus à prouver, et s’il sert les puissants de ce monde, c’est  parce qu’ils ont largement contribué à le faire élire. Les magnats de la presse figurant dans son réseau, ont clairement donné leurs directives aux rédactions qui l’ont présenté durant la campagne présidentielle comme le seul rempart crédible à l’extrême droite, attirant de fait vers lui, une certaine gauche bien-pensante qui n’a pas su déceler (du fait d’un programme volontairement flou) le piège néolibéral. On le constate tous les jours encore, les médias sont toujours à la manœuvre pour défendre l’action du gouvernement, quitte à criminaliser toute opposition et même justifier l’effroyable répression policière.

Après 2 ans et demi aux affaires, les masques tombent et M. Macron, qui a de plus en plus de mal à dissimuler son mépris des classes populaires et sa servitude aux puissants, cristallise sur sa personne même, bien plus que du ressentiment, disons-le franchement de la haine… qu’il a méthodiquement entretenue cependant, par des sorties verbales invraisemblables pour un chef d’Etat. En difficulté, il ne peut guère compter sur un gouvernement composé d’amateurs empêtrés dans ses maladresses et ses contradictions, qui reste néanmoins « droit dans ses bottes », et inflexible face à une contestation historique.

 

Manipulation des mots et déni de démocratie : Une inquiétante dérive autoritaire.

Nous sommes en présence d’un gouvernement autoritaire (qui rappelons-le n’a pas mandat pour réformer les retraites selon les modalités actuelles) qui refuse le débat ; et qui face à l’opposition et aux inquiétudes légitimes de la majeure partie de la population consciente de l’injustice de cette contre-réforme, revendique précisément en celle-ci la valeur d’Egalité mais aussi le principe démocratique dans les discussions avec les partenaires sociaux… qui y sont tous opposés, à l’exception, tiens donc, du MEDEF. Ou comment pervertir le sens des principes et des valeurs de notre République.

Car c’est une particularité de la start-up Nation que de falsifier, détourner les mots, les vider de leur sens y compris les plus sacrés, avec en prime une insolente grossièreté ! Pédagogie, appel au bon sens, à la responsabilité et si l’opposition se durcit, prière, chers communicants, de minimiser la contestation, en truquant les chiffres, en la criminalisant au besoin et en justifiant les violences policières face à une foule séditieuse ennemie de la Démocratie et de la République… alors même que c’est elle qui monte au créneau pour justement la défendre. Nous sommes peut-être des gueux, mais tenons à notre République, sommes attachés à la vérité et à la portée des mots employés. Nous osons le dire, notre démocratie est en danger. Il ne faut pas parler de violences policières car comme les précaires dans un autre domaine, les manifestants ont bien cherché à être éborgnés. Pour rappel, la police est une force de coercition au service de la justice. Rien ne saurait excuser le passage à tabac d’un manifestant par celle-ci. Dans une démocratie, la police ne doit pas se substituer à la justice. Il n’y a guère qu’en dictature que cela est toléré, et même justifié par un gouvernement… A méditer.

Prière de ne pas parler de violences policières donc, puisqu’elles sont justifiées, mais n’hésitez pas à abuser du terme «syndicat  réformiste » pour évoquer la responsable et modérée CFDT, ou de celui de  « privilégiés » pour qualifier les cheminots, les enseignants, les avocats… jetés en pâture dans les mêmes médias complices à la vindicte populaire pour justifier une « réforme » des retraites au nom de « l’Egalité ». C’est indécent, c’est malhonnête, et même abject lorsque la condition du pauvre agriculteur ou de la femme de ménage est  brandie pour justifier la destruction d’un des meilleurs systèmes du monde.

Les mots sont l’expression d’une manière de lire le monde, bref ils participent d’une idéologie et là encore, dans cette contre-réforme, l’ultra-libéralisme est à l’œuvre qui conduit à la privatisation rampante de notre système de retraite. Une manne colossale est en effet en sommeil sur laquelle lorgnent les fonds de pensions et autres géants des assurances. Certes, le principe de solidarité demeurera mais à minima, et ces retraites réduites bien souvent au minimum vieillesse inviteront de fait à une logique de capitalisation, au profit de l’aristocratie financière.

 

Un projet idéologique socialement effrayant, écologiquement aberrant qui bafoue valeurs et principes républicains

A la SNCF, dans les hôpitaux, au sein de la justice, dans l’éducation nationale, le secteur de l’énergie… cette même logique est à l’œuvre qui dessert les intérêts de (presque) tous ! Parce que nous sommes gavés de discours qui rappellent à quel point notre service public est un gouffre, il est devenu urgent de rappeler l’essentiel : les fonctionnaires garantissent des Droits à la population (gratuits s’entend). Aberrant. La vision libérale et son armada de concepts dans ce domaine aussi, est en passe de vaincre. Les services publics, gérés comme des entreprises, et qui appliquent des techniques de management de plus en plus agressives, ont dorénavant pour objectif d’être performants, rentables. La société toute entière paie le prix fort des économies drastiques : urgences saturées, classes surchargées, personnels surmenés, burn-out, suicides…

Oui, l’ultra-libéralisme tue en même temps qu’il paupérise. La violence de notre société vient d’en-haut. Ce sont ces politiques qui génèrent le climat social tendu, délétère que nous connaissons et que le gouvernement dénonce précisément. La violence n’est pas dans la rue sinon sous forme de réaction à la mesure de l’affront. Les idéaux nobles qui sous-tendent une certaine idée du service public et qui ont motivé les plus grandes avancées sociales, ont été  évacués… ne reste que le sentiment que le fonctionnariat coûte trop cher à un contribuable qui aspire à payer toujours moins d’impôts… pour davantage consommer. Nous ne devons pas nous réjouir des baisses d’impôts ou cotisations. Elles ne sont en rien un cadeau, sinon pour les entreprises privées. Et pourraient même devenir dramatiques pour les populations qui n’auront plus les moyens de souscrire des contrats privés. La fracture sociale depuis Chirac s’est bien infectée, l’heure est au darwinisme social décomplexé.

Il est par ailleurs affligeant de constater que la satisfaction de la consommation immédiate ou gain de « pouvoir d’achat » (concept largement admis) ôte toute hauteur de vue quant à l’avenir, paradoxalement, plus que jamais incertain. Consommer est devenu un but en soi et l’idéologie ultra-libérale est devenue une norme admise à force de matraquage verbal. Ouvrons les yeux avant que notre système social ne soit définitivement liquidé et nos services publics démantelés.

Mais quelle société voulons-nous pour nos enfants ?!

 Notre génération a pu blâmer ses parents de n’avoir pas su protéger la planète, d’avoir surconsommé… A leur décharge, ils ne savaient pas. Mais nous, nous savons que le mode de vie dans lequel nous nous sommes embarqués n’est pas viable. Nous savons, nous adultes, et à la condition d’aboutir notre réflexion et de conserver sa cohérence, que ce système ultra-libéral, qui dénie l’humain et prône le consommer toujours plus est une aberration au vu des problématiques environnementales ! Que ce système éclate le corps social en individualités, nourrit rancœurs, frustrations et détruit la valeur centrale de fraternité… Que ce système fait exploser les inégalités, notamment territoriales et fait le lit d’une nouvelle féodalité. Que ce mode de vie basé sur la distraction et la consommation abrutit les masses qui n’ont plus conscience de leur pouvoir ni de leur exploitation.

Nous souscrivons à nos valeurs et nos principes, c’est le compromis que nous faisons à la République. Nous croyons en la fraternité pour lutter contre les inégalités. Pour nous, la liberté est le bien le plus sacré. Liberté d’agir, de revendiquer, de s’exprimer. Nous n’oublions pas que la liberté s’acquiert par la connaissance qui nourrit l’esprit critique. Cet esprit critique et la divergence des points de vue nourrissent à leur tour la démocratie. La démocratie permet de dire les choses. Or, notre démocratie est attaquée dans ses fondements constitutionnels (« La France est une démocratie laïque, sociale et indivisible »).

Se taire, c’est cautionner.

Nous sommes dans l’urgence. Sachons admettre que la question des retraites n’est que la face visible de l’iceberg. La bataille est justifiée, mais la guerre contre cette idéologie destructrice se joue maintenant ! Nos valeurs de Liberté, d’égalité et de fraternité sont menacées, de même que les principes qui y sous-tendent : Nous sommes nombreux et encore majoritaire après plus de 7 semaines de conflit. C’est inédit. C’est maintenant ou jamais… Chacun doit être à son poste.

 

Résistance : Enseignants en première ligne

« Et toi enseignant, quel est ton positionnement ? »

Cette question est embarrassante. Pourtant, le temps est venu de se positionner. La question réveille un clivage, pour eux peut-être davantage que pour les autres catégories de population… car ils ont entre leurs mains, de par leur fonction, le pouvoir, et le devoir d’éveiller les consciences, de les éclairer. Mais eux, le sont-ils toujours ?

Ils appartiennent à ces catégories dites supérieures, intellectuelles et diplômées. La plupart ont souscrit à un mode de vie et des aspirations : La maison, la voiture et les enfants, des sorties culturelles et des vacances, quand ils le peuvent… De moins en moins cependant. Se rendent-ils compte de la noblesse de leur fonction et paradoxalement du mépris dont ils sont victimes ? De leur déclassement social dans cette société qui place la bêtise et la facilité sur un piédestal ?

Ils sont éveillés, et en même temps comme tout un chacun, anesthésiés par les leurres de la société de consommation. Ils ne sont pas des bourgeois et leur capital est avant tout culturel. Ils sont en réalité, historiquement et socialement du côté de ceux d’en-Bas. Et aujourd’hui, ce capital doit avant tout servir la nouvelle lutte des classes. Les voilà malgré eux en première ligne. Ils ne doivent pas flancher et prendre conscience de leur force car ce sont eux qui dans l’histoire ont impulsé le rythme des révolutions.

Beaucoup ont élu Macron par rejet de l’extrême-droite mais aussi de l’extrême gauche, car ceux-là se revendiquent modérés. Ils n’ont pas vu le piège libéral se refermer sur eux et s’en  mordent les doigts….

Aujourd’hui, quasiment tous se rendent compte que les médias mentent, qu’ils sont méprisés. Ils sont en colère, mais certains ont peur. Peur de dire ce qu’ils pensent, d’aller trop loin, de se mouiller avant les autres… mais peut-être aussi qu’une forme de lâcheté se voie : Noyer le poisson pour ne pas s’impliquer réellement, se résigner à l’échec de la mobilisation, voire mépriser ceux qui sont dans une lutte volontiers qualifiée de « romantique », inutile ; tels sont les subterfuges employés. Ceux-là savent au fond d’eux-mêmes qu’ils fuient. Terrible frustration d’une classe consciente d’elle-même mais malade de schizophrénie.

L’individualisme fait des ravages dans leur corporation aussi, mais ils ne doivent pas oublier que le collectif est une force… et qu’il ne les jugera pas. Il faut faire sauter certains verrous. La lutte est exigeante qui appelle des sacrifices et en premier lieu pour certains, mettre leur égo de côté.

Camarade-prof, c’est à toi d’entrer en scène, réellement !

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