L’Angola est plus exposé à la crise financière

La chute des cours mondiaux de baril du pétrole et la pandémie du Coronavirus font de l’Angola l’un des pays les plus exposées à la crise financière.

 

Luanda, Angola © Paulo Franco Luanda, Angola © Paulo Franco

João Lourenço compte sur sa femme et deux ministres pour remettre l’Angola en équilibre entre la chute du baril du pétrole et sa dette extérieure représentant plus de 100 % du PIB.

L’économie angolaise est essentiellement adossée sur l’exploitation pétrolière.

La chute des cours mondiaux de baril du pétrole et la pandémie du Coronavirus font de l’Angola l’un des pays les plus exposées à la crise financière.

L’agence de notation Standard & Poor's a attribué à l’Angola la note la plus risquée de CCC.

La dette extérieure du pays s’élève cette année à 8 milliards $.

L’Angola peine à respecter les échéances de remboursement des eurobonds émis par le pays doit mobiliser 1,5 milliard $ cette année.

Pour inverser la tendance, le président João Lourenço s’est entouré de ceux qui lui sont proches ; notamment Edultrudes Costa, directeur de Cabinet du Président. Ce dernier est le protégé de Ana Dias, la première dame.

Diamantino, ministre du pétrole a la lourde responsabilité de trouver les formules pour maintenir l’économie du pays à flot, alors que le baril du brut est en chute. Avant d’occuper le poste de ministre du pétrole, Diamantino était l’associé du président Lourenço dans un investissement minier quand celui-ci était chez Ferrangol.

Pour venir à la rescousse de l’Angola, au bord de la crise, le président João Lourenço a aussi fait appel à Borges au ministère de l’énergie. Borges est en fait la personne qui a fait des contrats avec Privinvest quand Lourenco était ministre de défense. Donc, un fidèle parmi les fidèles.

Ana Leal reporter, un programme d’investigation de la TVI, une chaîne basée au Portugal mène des investigations sur Borges, bras du Chef de l’Etat. Selon les analystes sur place, les investigations de Ana Leal reporter concernent le ministre Borges, ses fils et ses associés.

L’équipe qui conseille le président angolais est appuyée par Ana Dias Lourenço, la femme de João Lourenço. Ana Dias Lourenço a été pendant quatre ans administratrice de la Banque mondiale, où elle représentait, outre l'Angola, un groupe de pays africains comprenant le Nigeria et l'Afrique du Sud.

Très investie sur les questions financières, la première dame angolaise apporte ainsi son expertise dans les secteurs des finances pour éviter une situation de plus en plus intenable à l’Angola dont les promesses de son mari d’améliorer le quotidien de la population tardent à se concrétiser, encore moins celle de lutter contre la corruption.  Il faut noter que les négociations de la dette angolaise envers la Chine sont menées par trois banques publiques : l'Eximbank of China, la China Development Bank et l'Industrial and Commercial Bank of China.

Pendant ce temps, les finances publiques font défaut et l’Angola devrait espérer un miracle en cette fin de pandémie de la Covid 19. Miracle qui relancera son économie, essentiellement dépendante de l’exploitation pétrolière.

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