Comme à l’accoutumée, son bouquin expédie au fond d’un cul-de-sac apocalyptique une Afrique exclue du développement. Sur le plan de l’édition, l’Hexagone bat au rythme de deux bouquins majeurs : “Merci pour ce moment” de Valérie Trierweiler, l’ancienne compagne du président français, et “Le Suicide français” d’Eric Zemmour. Pour le premier titre, la réédition est en cours. Ce qui est un succès de vente en librairie.
Dans ce contexte un peu particulier, un extraterrestre tente une aventure sur le marché du livre gabonais avec ‘’Nouvelles Affaires africaines’’ mettant en cause le président Ali Bongo Ondimba.
Le bouquin, comme on l’imagine, est un bide en France. Seulement, l’homme, un habitué des capitales africaines, croit pouvoir le placer sur la terre africaine. Manque de pot ! Le livre laisse indifférent aussi bien dans sa France natale que chez nous. A raison : Pierre Péan est un menteur patenté.
On n’a pas oublié ses précédentes publications, notamment “L’Argent noir, corruption et sous-développement ” (1998), puis “Noires fureurs, blancs menteurs. Rwanda 1990-1994 ” (2005) qui dévoilent la vraie personnalité de l’homme. L’Argent noir est une commande en bonne et due forme. Que peut-on attendre d’un menteur qui n’a même pas peur de son ombre ?
Le personnage est l’ombre de lui-même. S’il n’est pas crédible dans l’Hexagone, pourquoi le serait-il au Gabon ? Ceux des rares acquéreurs de son tissu de mensonges ont pu s’en rendre compte s’ils ont eu le temps d’arriver au bout du livre. Soit ils se sont résolus à abandonner l’ennuyeuse lecture, soit ils l’ont achevée avec une amère déception. Bien que nous aurions préféré banaliser cette analyse, nous avons le devoir de vous donner deux ou trois détails. Juste de quoi ne pas mourir idiot ainsi qu’on le dit chez nous.
Première affirmation : Pierre Péan accuse le président Ali Bongo Ondimba d’avoir assassiné Georges Rawiri. Pour avancer une telle contrevérité, il faut que l’investigateur de pacotille nous dise si le président du Sénat constituait un obstacle pour le successeur d’Omar Bongo Ondimba. Dans les mêmes circonstances, il accuse Jean-Pierre Lemboumba Lepandou, pourtant ayant été victime, lui aussi, ainsi que les Gabonais le savent. Un argument de poids bat en brèche ces allégations.
Au cours de la procédure judiciaire engagée consécutivement à cette affaire, Lemboumba Lepandou n’a jamais cité le nom d’Ali Bongo Ondimba. A verser dans le dossier que JPLL n’a jamais constitué un obstacle politique pour ABO. Mensonge et encore mensonge ! Voilà ce qui sert de trame aux ouvrages de celui qui passe pour un grand investigateur depuis des décennies !
Nous pouvons aligner arguments sur arguments. L’accueil réservé aux Nouvelles Affaires africaines est symptomatique. Au-delà, il préfigure la fin de règne d’un mercenaire de la plume. Il aurait peut-être été inspiré en profitant des derniers jours d’OBO pour brocarder des scénarios autour des assassinats politiques imaginaires comme on a coutume de l’attribuer aux régimes africains !
Dans la tradition, un bouquin est bâti sur la forme et le fond. La forme, on l’a examinée. Il s’agit d’un tissu de mensonges éhontés. Passons sur le fond pour relever que les affirmations au sujet des enfants biafrais tombent sous le coup de l’affabulation. Il ne suffit pas d’ouvrir la page Biafra pour faire trembler le Gabon. Le Gabon assume sa part d’histoire. Le faisant, il faut raison garder.
Il y a un Monsieur, Paul Okili Boyer, qui est vivant et parmi nous. Membre du personnel navigant sur le DC 3 ayant pris part aux opérations d’évacuation des enfants biafrais du Nigeria à Libreville, il fait figure de témoin clé.
Du reste, celui-ci affirme qu’il a connu un certain Alain Bongo à l’époque où le père était directeur de cabinet du président Léon Mba. Faut-il ajouter que celui qui se prénommait Alain ne pouvait avoir un don d’ubiquité pour être à la fois le fils de son père et issu du contingent d’enfants recueillis depuis le Nigeria ?
Que reste-il de Pierre Péan ? Le roi de l’esbroufe est nu. Après avoir joué et perdu, il a le dos au mur. Ses potes de l’opposition radicale l’on lâché; tout comme la société civile communautariste.
Pour celle-ci, son outrecuidance est le prix de l’attaque qu’il leur a assenée dans les colonnes de “ L’Argent noir, corruption et sous-développement ” ? Un acte impardonnable ayant consisté, aux yeux de la société civile, à enterrer l’affaire de biens mal acquis (BMA). Insidieusement, la plume de Péan a donné un coup de canif à cette société civile. Le coup de grâce a été ce passage de Péan à Gabon télévision.
En effet, en visite à Libreville, le Français a eu droit à un plateau spécial d’une heure d’horloge. Il n’en fallait pas plus pour conforter la religion des représentants de la société civile, dont Marc Ona Essangui et le regretté Grégory Ngbwa Mintsa; lesquels ont fait le deuil de l’homme : Péan est un vendu. Signalons que ce dernier était partie civile dans la procédure des BMA.
On peut penser qu’en commettant son livre, Péan a voulu faire d’une pierre deux coups. Il rêvait de mettre à mal Ali Bongo Ondimba et faire les yeux doux en direction de la société civile et, pourquoi pas, de l’opposition radicale. Comme par hasard, Marc Ona Essangui a fait un post sur son facebook : on voit Péan sur une vidéo du fameux plateau télévisé en train de cirer les pompes à ABO.
Message reçu cinq sur cinq : le bouquin ne passe pas !