billet d'Humeur : Jour Funeste pour la Culture

Le Conseil d’Etat, en sa formation en référé, vient de démontrer qu’il n’est plus le juge de l’indépendance et ni le garant des libertés. Il n’est finalement qu’un laquais de luxe, ayant abandonnée sa liberté de conscience.

En ce jour funeste, la formation en référé du Conseil d’Etat admet que la liberté de culte est plus importante que la liberté d’expression, la liberté de communication des idées, la liberté de création, la liberté d’accès aux œuvres culturelles, la liberté d’entreprendre, la liberté de commerce et d’industrie !

Vive l’obscurantisme ! A bas la séparation de l’Eglise et de l’Etat…

Messieurs les juges, comment pouvez écrire au considérant 11 de votre décision : "Par ailleurs, l’administration ne produit pas d’éléments relatifs à des cas de contamination qui seraient survenus lors de spectacles à l’occasion desquels de tels protocoles sanitaires auraient été mis en place" et décider que la mesure d’interdiction générale et absolue d’ouverture au public des cinémas, théâtres et salles de spectacles, mesure qui, ainsi qu’il a été dit, porte une atteinte grave aux libertés, est en l’état justifiée.

- Alors qu’aucun cluster dans les lieux visés n’a été démontré par l’Administration !, Messieurs les Juges, vous considérez que cette atteinte est justifiée,

- Alors même que la doctrine scientifique démontre que le premier lieu de contamination est le domicile, Messieurs les Juges vous considérez que cette atteinte est justifiée,

-Alors même que des clusters dans des lieux actuellement ouverts comme des lieux cultuels ont été scientifiquement démontrés, Messieurs les juges, vous considérez que cette atteinte est justifiée,

-Alors même que des dîners élyséens (oups des réunions de travail...) sont des lieux de contamination, Messieurs les Juges, vous considérez que cette atteinte est justifiée.

Messieurs les Juges de la formation en référé du Conseil d’Etat, reprenez votre liberté de conscience et d’action.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.