Ethique médicale et éthique militaire

J’ai été touché par le témoignage du Docteur P. lors de l’émission de C Politique de dimanche dernier sur la 5. Ce médecin généraliste ayant 35 ans d’expérience dans le soin a décidé le 15 septembre de cesser son activité pour échapper à l’obligation vaccinale qui contredit son éthique médicale alors même qu’il affirme n’avoir aucune hostilité de principe contre la vaccination qu’il a pratiquée dans sa carrière et qu’il connaît bien la maladie du SRAS Cov pour avoir soigné le premier patient mort en France à Crépy en Valois, sa commune d’exercice et qu’il a lui-même été atteint par le virus.

Sa justification est double:

  1. D’une part’ il évoque un chaos dans la communication des scientifiques et des politiques et il considère que l’on est en situation d.apprentissage face à cette nouvelle maladie.

  2. D’autre part, il considère que l’on ne doit jamais imposer un traitement à qui que ce soit, il faut convaincre et aider chaque patient à trouver sa vérité plutôt que contraindre et menacer surtout d’une relégation sociale par la perte de son emploi et de ses revenus.

Face à lui, plusieurs autres médecins ont lancé un hallali argumentant de son inconséquence voire de sa culpabilité au regard de la science voire de la moralité sociale.

Face à l’affrontement de ces deux mondes entre celui du respect de l’autonomie de chacun et celui de la soumission à une contrainte, j’y vois l’affrontement entre le médecin et le général, entre celui qui soigne et celui qui ordonne. Il est vrai qu’une certaine confusion est possible car la prescription médicale est une ordonnance mais il n’y a que le militaire qui peut prononcer des contraintes corporelles comme les arrêts de rigueur.

Je ne peux, en tant que médecin que regretter que l’éthique médicale soit aussi soluble dans l’autoritarisme ambiant. Médecins, réveillez avant qu’il ne soit trop tard et que vous deveniez des officiers de santé à la solde d’un nouvel hygiénisme faisant peu de cas de le liberté de conscience.

Psyleg

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