Je dénonce le holocauste de Paris

C’est le mois de juin 2015 à Paris, en France, et ces jours j’ai l’impression de vivre dans un camp d’extermination.

Je me demande combien d’entre nous nous retrouvons dans cette situation.

Je suis Roumain, établi à Paris en France. J’ai travaillé récemment pendant quelques mois sur mon livre de fiction historique, travail qui a été mené à sa fin. J’ai mis en ligne également un nombre de tweets sur des sujets d’immigration et culturels qui ont la particularité qu’ils touchent des aspects généralement couverts par la honte culturelle qu’inculque la France à ses immigrés et qui, peut-être pour la première fois, mettent en lumière de façon décomplexée des aspects xénophobes de la psyché sociale française.

Je subis un traitement d’une cruauté incroyable. Je soupçonne que le même traitement est subi par tous les preneurs de position et écrivains, afin de les intimider, de les faire taire et, si possible, tuer. En disant cela, je pèse mes mots.

J’ai parlé et je parle de la France parce que je me trouve en France sans prétendre que ces problèmes appartiennent exclusivement à la population française ou parisienne. Mais il est particulièrement difficile de l’accepter en France compte tenu du langage élevé que ce pays tient sur soi-même, en flagrante contradiction avec la réalité, qui ressemble, pour moi aujourd’hui, et peut-être pour beaucoup d’autres gens, aux pires pratiques nazies d’extermination.

Je subis depuis le début de mon travail d’expression, autant artistique et sur twitter, un nombre sans fin de pratiques d’intimidation, une surveillance horrible, basée sur l’utilisation des réseaux sociaux, de la surveillance et le ciblage constant, même dans la rue, de l’interprétation de chaque geste et de chaque mot. La même chose dans le domaine électronique : de chaque page visitée sur internet, correspondance envoyée, chaque émission écoutée.

Je vis pourtant à Paris, dans ce qui se présente comme une démocratie mais ce qui, en réalité, ressemble plus à un abattoir d’immigrants.

A l’aide des réseaux sociaux on m’a identifié et, profitant d’une erreur de ma part, on m’a volé des documents personnels, des photos de moi, des journaux intimes, on les a distribué à grande échelle. Je retrouve des scénarios des jeux vidéos avec des personnages qui portent mon nom et qui s’inspirent fortement de ma situation personnelle, sans la moindre récompense ou reconnaissance, privée ou publique. Depuis tous ces mois qui ont vu avancer et finir mon travail, tous les jours je suis sujet à des horribles pratiques d’intimidation qui se basent essentiellement sur le fait d’interpréter le texte de fiction que j’ai produit et l’utiliser contre moi. Dans mes rencontres occasionnelles, on construit de scénarios qui ont comme seul but d’identifier mes affinités, mes aspirations, mes désirs, mes besoins légitimes d’amitié, affection, sentimentales, dans le seul but de les empêcher.

Cet horreur se passe actuellement à Paris, la capitale de France.

Récupérer mon nom et mon identité semble être une motivation-clé pour certaines des personnes que je rencontre. De façon plus consciente qu’avant, on essaie de me faire dire ou écrire les détails de mon identités pour les mettre ensemble de façon inambigue comme si le dévoilement de mon identité servirait à un but.

Afin d’éviter le traçage directe, cette identité est dévoilée, je pense, à l’aide des métaphores et de scénarios dans des jeux vidéos, à l’aide des allusions sur les réseaux sociaux. C’est un acte soit d’une irresponsabilité inqualifiable soit d’une violence digne de punitions exemplaires. Je fais bien la différence entre mon travail, qui a vocation à être publié, et mes documents personnels qui, eux, doivent rester privés. Je considère la mise à disponibilité à grande échelle de mes documents privés comme une infraction très dangereuse qui me met la vie en péril et je demande une reconnaissance légale de ce type d’infraction qui se rapproche, à mon sens et selon mon vécu, d’une tentative d’assassinat.

Suite à ces pratiques mes relations d’amitié et sentimentales sont empêchés, mes amis se trouvent également ciblés par les mêmes pratiques d’intimidation. Il est désormais évident que dans les lieux publics, tout le monde, ou presque, me connaît, du moins connaît mon visage, à chaque événement que je fréquente, dans chaque nouveau bar ou établissement public que je visite.

C’est une intrusion inacceptable dans ma vie privée et qui met ma vie en danger.

Cette pratique horrible à commencé en 2013 quand j’étais en train d’élaborer un premier texte de fiction. J’ai publié les épisodes sur mon blog sans avoir presque pas de réactions directes, commentaires ou autres ; j’ai été surpris de remarquer que je commence progressivement à rencontrer des gens dans les lieux que je fréquentais qui, sans jamais le dire directement, me faisaient des signes ou parlaient — toujours indirectement et par allusions et à d’autres personnes — concernants des faits qui me visaient. En parallèle j’avais commencé à mettre en ligne quelques tweets concernant ma vie en France et j’ai même publié une photo d’un bar dans mon voisinage. J’ai également mis sur youtube une vidéo dans laquelle je parlais d’intégration, interculturalité en sur un ton quelque peu ironique par rapport à la France. J’ai posté un lien vers la vidéo sur la page fb du fn. Peu de temps après j’ai commencé à avoir des signes que des gens étaient conscients de ma présence dans certain bars, on m’a fait comprendre qu’il y a un danger, qu’il vaut mieux quitter les lieux etc. Un voisin qui ne m’a jamais adressé la parole a emménagé, d’autres sont venus et partis, l’atmosphère étant à ce jour crispée. N’ayant rien à me reprocher, j’ai continué ma vie relativement tranquillement. Depuis plus d’un an j’ai été cible de cet exercice diabolique qui, à mon avis, est une mesure de la rupture sociale de la société parisienne et française aujourd’hui. Depuis, cet exercice s’est fortifié tout les jours. J’ai pris des vacances et j’ai mené à bout mes projets. Mais aujourd’hui il est devenu insupportable.

Les premières manifestations de cette surveillance ont inclu la présence dans la salle de sport que je fréquentais d’une femme relativement âgée, aux cheveux grisonnés ou blancs, mince, moins grande que la moyenne, à l’air sévère et opaque, que j’ai entendu dire, dans cette exercice de l’allusion perpétuelle, qu’il faut suivre mon exemple comme si c’était une réponse à une interrogation qu’elle se posait. Elle était généralement silencieuse et rejetait toute tentative d’ouverture de conversation. Parfois elle était accompagnée par un nombre de gens qui parlaient en latéral des choses me concernant et qui ont systématiquement, pendant des années, eux aussi, rejeté tout tentative d’ouverture de conversation de ma part.

Je me suis demandé quel exemple j’était dû fournir. J’ai dû effectivement pendant les mois d'élaboration de mon travail de fiction me tenir à une vie aussi saine que possible, incluant sport, nourriture soignée. Rien de spécial, je ne suis pas le seul à faire attention à mon style de vie, même je suppose qu’il y a bien des gens qui prennent soin de leurs corps et de leurs nourriture avec plus d’application. Cette phrase initiale de « suivre mon exemple » est devenu à ce jour une surveillance ubique insupportable. Je suis ordinairement nommé en dérision « président », « roi », dans des allusions latérales, souvent avec un sous-entendu d’humiliation, de l’ordre de la raillerie. Sans être dépourvu d’ambition je n’ai jamais eu l’intention d’être ni président ni roi.

J’ai publié mes tweets dans le cadre restreint d’un nombre très limité de followers, et par endroit comme un dialogue avec moi-même, d’un nombre de questionnements. Comme tout le monde j’ai souhaité que des gens trouvent mes tweets intéressants et les suivent mais je n’ai jamais eu l’intention de me poser en leader inofficiel d’opinion. J’estime que si mes tweets on pu susciter de l’attention, la façon honnête de les suivre aurait été en appuyant le bouton « Follow » et non pas dans des sens abusifs et maladifs des suiveurs et espions dans la rue et ailleurs. Je me demande quelles sont les intentions de ceux qui m’ont « promu » dans cette position que je n’ai jamais souhaitée. Je précise que je me retrouve au milieu de cette situation pour avoir uniquement un but artistique, la création d’une fiction historique.

Je soupçonne qu’il s’agit d’un exercice de pensée en commun qui utilise les réseaux sociaux et qui vise le fait de deviner les intentions des acteurs, artistes, militants, entrepreneurs, dont les idées sortent du cadre établi afin de les empêcher et ainsi arrêter l’innovation, sociale ou technologique. Les acteurs en question se voient ainsi placés dans un dilemme insoluble, celui de l’avancée muette et solitaire dans leurs projets ou bien celui du dévoilement précoce des idées envers, possiblement, des gens qui ciblent leur échec.

*

Pendant les fêtes 2014 je suis allé visiter ma famille. Le jour précis de mon arrivée à Paris il y a eu les attentats de Charlie Hébdo. Je suis allé le soir même place de la République. Quelques jours plus tard, lors de la manifestation, je suis monté sur la statue de la République avec d’autres manifestants. J’y ai été mené en partie par le même jeu infernal d’allusions latérales, qui faisait que « Charlie » m’était adressé comme surnom, par les gens rassemblés autour, dont beaucoup me parlaient aussi latéralement, jamais directement. Certains s’approchaient et parlaient haut, sans interlocuteur, comme dans un souci de deviner mon état d’esprit, de deviner ce que je veux ou ce que je pense sans m’adresser aucune question et en parlant à haute voix leur « conclusion » comme pour dévoiler mon état d’esprit sans me contacter directement. C’était là une forme horrible de torture et de tentative de manipulation et d’exclusion qui m’était adressée. Il s’agissait par ailleurs de jeunes hommes et femmes, d'allures plutôt normales et dont le seul but commun semblait être de ne pas m’adresser la parole, ni de façon publique, ni privée.

C’est une exercice horrible qui continue à ce jour. C’est une forme de torture qui doit être exposée. C’est une honte que la ville de Paris, en France, en 2015, se prête à ces pratiques. Je ne comprends pas les ressorts ultimes qui ont pu générer à Paris une telle mentalité mais j’estime que c’est une honte pour les institutions d'une nation d’utiliser des pratiques tortionnaires à cette échelle.

Il se trouve que j’étais en possession d’un bonnet avec pompon qui me faisait, selon la plaisanterie d’une ancienne amie, ressembler à Charlie. Je ne connaissais pas ce Charlie, j’ai trouvé par la suite que c’était un personnage dessiné de la culture pop française. Récemment, pendant l’hiver 2014, le froid a fait que j’ai porté régulièrement ce bonnet avec pompon. Par ailleurs je dois avouer que je n’avais pas lu un seul numéro de Charlie Hébdo, peut-être à tort, je me tenais en général à distance de la presse française à cause des références désobligeantes omniprésentes envers mon pays natal.

En parenthèse je pense que la réponse à la question « qui est Charlie » est vraiment ce moment d’enthousiasme populaire qui a surgit, l’esprit de solidarité qui s’en est suivi, que personne ne peut s’approprier à lui seul, car éminemment un phénomène social. Tout référence indirecte, tout essai d’affecter « Charlie » à quelqu’un en particulier rentrent dans le cadre de ce mécanisme horrible de torture par allusion dont je peux trop bien témoigner.

D’autres détails de ma vie personnelle comme des extraits de textes, surnoms, détails intimes, apparaissent dans ces allusions latérales, ce qui me fait penser que, cédant à la peur, à l’intimidation, à une forme ou une autre de pression ou de tromperie, ces relations amicales ont dû faire part à des tiers des détails me concernant, affaiblissant ainsi le lien social qui nous unissait et aussi rendant publiques les faits que j’avais partagés avec eux.

Depuis ses débuts cette attention soutenue dont j’ai été objet a été pour moi une violence terrible et déchaînée, qui, à mon sens, est la mesure de la xénophobie latente présente dans la mentalité et la culture française. Cette violence doit forcément avoir un support financier et institutionnel car il s’agit de la manipulation quotidienne de nombre de gens, la mise en place de systèmes de surveillance sociales sans précédent, ciblant l’intimidation des militants et des entrepreneurs, ciblant l’empêchement de leurs projets, leur exclusion et, dernièrement, leur extermination.

Mon texte de fiction et mes documents personnels imaginent un nombre de scènes dont j’ai retrouvé des aspects dans la vie réelle ; cela me fait penser que des gens qui disposent de suffisamment de pouvoir se prêtent au jeu de mettre en scène dans la vie réelle, à buts de manipulations, des scénarios, de textes ou de livres, soit de films, soit d’autre origine mais à but de manipuler et inculquer dans un « public » cible une idée de façon insidieuse. Il y a là une sophistication psychologique et une maîtrise institutionnelle qui frise l’insanité.

C’est pourtant précisément ce que je vis aujourd’hui à Paris, capitale de la France.

Devant cette tempête de manipulation je n’ai pas senti, presque à aucun moment, l’appui actif, naturel, décidé, préventif, des membres de la société française qui m’entourent. Je soupçonne que c’est le cas de toute exercice totalitaire d’extermination. Les gens, ayant perdu la croyance profonde dans la vertu de l’honnêteté, se prêtent volontiers au jeu de la manipulation. La « banalité du mal » s’enclenche, chacun fait ce qu’on attend de lui sans qu’il y ait la conscience de l’horreur, sans réaliser que des humains souffrent et sont torturés, pendant qu’ils font juste ce qu’on leur a demandé de faire. Ce sont des faits qui ne se passent pas ailleurs, pas dans des pays étrangers et totalitaires, mais bien ici à Paris, en France, en 2015. Je précise que je ne considère pas comme aide un regard fugitif sympathétique par ici et par là. Tant qu’il n’y a pas de solidarité inambigue, de constitution de groupes d’action, c’est juste un renforcement de la torture car le signe occasionnel de sympathie ou le regard humide sans conséquence ne représentent qu’autant des renforcements de cette torture.

J’ai considéré que l’essence de ce malaise social se trouve dans la banalisation de la corruption dans la société française et dans son corrélat, l’empêchement de la liberté d’expression de la presse française. L’attente non-dite qui m’était adressée, de dénoncer tout seul ces choses, sans aucun appui directe d’aucun citoyen français est à la fois une confession désolante et un plaidoyer à l’appui de mes tweets qui ridiculisent l’incongruïté entre le langage soutenu que la société française tient sur elle-même et son manque de substance.

Le comportement des gens a complètement changé dans ces derniers mois. Outre la surveillance individuelle insupportable que j’ai décrite, je vois mes droits graduellement remis en question, je me sens persona non grata, je sens qu’on exige de moi de façon insidieuse que j’abjure les propos que j’ai tenus. Car malgré l’effet combiné de ma fiction et mes tweets, je ne dispose presque d’aucune notoriété officielle aujourd’hui. Une agressivité hors de commun m’est adressée, une volonté à m’extorquer le plus possible d’argent, à tous les coins des rues, par beaucoup des gens du quartier et d’ailleurs. La vie sociale et quotidienne m’est devenue presque impossible, elle me demande un effort quotidien, soutenu et sans relâche.

Pendant l’écriture de mon texte, des scènes du texte ont été visiblement changés par une main étrangère afin d’en changer le sens. J’ai corrigé ces changements même dans l’insécurité qui s’installe en sachant que même son propre ordinateur n’est plus privé. J’ai retrouvé l’écho de certains fragments, des idées volées, soit à ma fiction, soit à mes écrits intimes, dans des différents autres oeuvres de cinématographie. Pendant la publication, épisode par épisode, de mon texte de fiction, sur un site internet publique, je n’ai pourtant eu presque jamais des retours, d’encouragements, de reconnaissance et des références directes. Pourtant des particularités de mon écritures, les caractère et le paysage grec ancien, l’écriture avec k, les deux-points que j’ai utilisés pour garder la prononciation originale (Aïakès etc) ont déjà retrouvé l’écho dans d’autres créations, à partir des autres textes publiés sur le même site jusqu’à des personnages de jeux vidéo MMO. J’ai également eu l’occasion d’entendre des allusions dans la bouche des inconnus à des mots particuliers de mon écrit comme, par exemple, « contenance ». Il est devenu évident qu’il y a un effort conscient de jouer le jeu infernal de l’allusion sans faire référence directe. Il ne s’agit là que de l’incarnation la plus insidieuse de lutte contre la liberté de l’expression.

Cette pratique ubique de la non-référence frise, encore une fois, l’insanité. Ce sont les différentes volets de la même pratique de surveillance de quelqu’un qui propose un projet artistique intéressant. A mon sens cette pratique ne peut pas avoir eu lieu à cette échelle sans appui institutionnel et sans un cadre de pouvoir profondément corrompu.

J’ai vu s’installer dans mon immeuble des voisins qui jouent le même jeu des allusions. J’ai entendu pendant la nuit des gens marcher sur le toit, des battements dans les murs synchronisés avec des événements de ma vie privée. Il y a eu sans doute ingérence sur mon réseau wifi privé sans que jamais quelqu’un parmi mes voisin m’en rende conscient, comme geste de voisinage. Des tapotements, des signes, toujours allusifs, accompagnent ce qui fait que même la présence à la maison est difficile. Ma maison est devenu, depuis des mois déjà, une prison. Que je paye pourtant avec mon propre argent. A Paris, capitale de France, l’incarcération non-dite des hommes et des femmes libres est une pratique courante et menée de façon consciente comme une punition extra-judiciaire. On fait comprendre aux gens que leur liberté de mouvement et d’agir est limitée, que leurs vies, leurs relations, leurs carrières sont dépendantes d’un comportement souhaité, d’un discours réglementé ou carrément mensonger. Des termes comme « libération » deviennent conscients, les écrivains souvent en paient les frais par la nature de leur métier, qui est celui d’inspecter cet espace idéatique qui se situe entre le dit et le non-dit.

La moindre sortie est devenue un calvaire car elle donne naissance à une attention ubique, même des touristes, toujours dans des conditions non-dites, latérales, allusives. Des voisins sont venus et partis, menaçants des fois. Ainsi quelqu’un qui emménageait et qui depuis a déménagé m’a assuré en me fixant, sans me connaître, que « ce sera bientôt fini ».

La surveillance électronique de mes communications, des podcasts que j’écoute, des pages que je visite ont été également sujets d’interception. Les preuves sont toujours, le plus souvent, des allusions dans la rue.

Le souci aussi, de certains de mes interlocuteurs, de relever et de mettre ensemble de parties de mon identité (adresse, nom, adresse mail, numéro de téléphone), comme pour constituer une preuve de mon identité envers une instance invisible. Il m’est devenu difficile de donner mon vrai nom sur la rue, dans des discussions habituelles, il m’est devenu difficile de parler de moi, de mes convictions, de mes aspirations et de mes désirs.

Il m’est de plus en plus difficile à ce jour de bénéficier des services qui doivent être inclus dans ce que je paye de la part, par exemple, de l’administrateur de mon appartement ou même des institutions de l’état français. Des démarches qui étaient, avant, simples, sont devenues compliquées et exigent des déplacements sans fin. Il s’agit de tergiversations qui n’apparaissaient jamais avant, il n’y a jamais un déni de service concret.

Le but de ces pratiques est qu’il n’y ait pas de preuve.

Je suppose que je ne suis pas le seul aspirant écrivain à subir ces traitements. Le traitement que j’ai subi est intolérable, de l’incarcération et de la torture, dans la capitale même de la France, en tant que citoyen libre qui paye mes impôts, mes loyers et sans avoir jamais enfreint la loi française. Je lance cet appel comme un témoignage. Je ne sais pas quoi espérer. J’avertis encore une fois les gens qui pourraient penser à venir en France qu’il s’agit d’un pays profondément xénophobe. Une prise de position pour un étranger est fortement découragée. Les minorités raciales et ethniques de ce pays portent les marques de ce traitement, le découragement et, plus grave, s'imprègnent de la philosophie profondément xénophobe française qui leur est fondamentalement hostile, comme d’un cadre établi nécessaire pour arriver dans la société. J’estime avoir fait mon devoir intégralement, de contribuer à mettre à lumière des pratiques dignes des pires moments du nazisme, pourtant contemporaines, et qui ciblent l’exclusion et dernièrement l’extermination des personnes visées. Fait à Paris, en France, le 6 juin 2015.

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