Bryan Singer, le bon génie du cinéma américain

Le réalisateur du film culte Usual Suspect et de la saga des X-Men, n’est pas un seulement un cinéaste talentueux, il est également un défenseur des droits de la communauté LGBTQ et un donateur discret. Dans une Amérique plus que jamais divisée entre une extrême droite raciste et liberticide et des démocrates libertaires, ses prises de positions lui valent quelques ennuis…

Bryan Singer Bryan Singer
La Fraternité des Mutants

Bryan Singer n’est pas un artiste engagé à proprement parler, comme peut l’être Georges Clooney, c’est un homme de conviction qui apporte sa pierre à l’édifice au fil de ses œuvres. Il ne considère pas les X-Men comme de simples supers héros divertissants, ils sont également la représentation de la différence.

Dans ses films, les allégories entre la problématique des mutants bannis et isolés de la société et celles des problèmes rencontrés par la LGBTQ sont nombreuses, ainsi le personnage Cyclops dans le premier long métrage de la série déclare « l’humanité a toujours craint ce qu’elle ne comprend pas ; ils ne peuvent pas nous guérir. Vous savez pourquoi ? Parce qu’il n’y a rien à guérir. »

Bryan Singer s’identifie ouvertement comme « bisexuel et bizarre » et ne fait pas mystère de la résonnance qui existe entre les X-Men et les gays ; cette fraternité entre ceux qui a un moment de leur existence se sentent rejetés du monde.

Box-office et convictions

Bryan Singer ne fait également pas mystère de sa fortune, l’an dernier, il a été le producteur d’Hollywood qui a gagné le plus d’argent, ses films sont de véritables blockbusters.

Le réalisateur utilise ce capital pour servir ses convictions, ainsi il a été à plusieurs reprises donateur pour la campagne d’Hillary Clinton et du Parti Démocrate et a participé à la lutte pour le mariage gay.

Le revers de la médaille

Dans une Amérique à cran, en tensions exacerbées, entre les suprématistes blancs, les Evangélistes, les adeptes du Ku-Klux-Klan et les démocrates et républicains modérés s’exposer comme un défenseur des minorités et du Parti d’Obama vaut forcément des critiques et parfois même de sévères ennuis.

En avril 2014, juste avant la sortie de Days of Future Past, Michael Egan, un acteur de 31 ans accusait le producteur-réalisateur d’agressions sexuelles lors de soirées à Hawaï et à Los Angeles en 2006, lorsque ce jeune acteur de seconde zone avait seulement 17 ans. Cette sombre affaire enflammait Hollywood, et Bryan Singer était stigmatisé et vilipendé.

Quatre mois plus tard, Michael Egan retirait sa plainte, son dossier était si farfelu que la justice américaine ne lui a même pas accordé le remboursement de ses frais d’avocat et ceux du plaignant ont été obligés de payer des millions de compensations à Bryan Singer pour avoir défendu les mensonges de leur client.

Un client, qui par ailleurs, vient d’être condamné à deux ans de prison pour fraude, mais diffamez, diffamez, il en restera toujours quelque chose…

Les sites d’extrême-droite américains continuent de se servir de cette affaire pour nuire à la réputation de Bryan Singer et ne se lassent pas de rappeler ses liens avec le Parti Démocrate et Hillary Clinton, mélangeant à dessein dans une marmite de soupe nauséabonde, pédophilie et affaires de dons de la candidate à l’élection présidentielle.

Pourtant, les spectateurs ne s’y trompent pas et malgré ce scandale, monté de toutes pièces, l'avant dernier X-Men Days of Future Past a été le plus rentable de la Saga. Les ignominies passent, le talent reste.

 

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