Emmanuel Macron est-il le Patrick Buisson de François Hollande ?

La campagne ultra-droitière de Nicolas Sarkozy a toujours été mise sur le compte de Patrick Buisson, son influent conseiller, dont on a appris il y a quelques mois les convictions royalistes. Emmanuel Macron, lui, renverse les tabous de gauche, des 35 heures au montant et à la durée de l'assurance-chômage. Les deux ex-conseillers ont un point commun : mener leur président respectif à droite de son programme, au risque de se détacher d'une partie de l'électorat.

La campagne ultra-droitière de Nicolas Sarkozy a toujours été mise sur le compte de Patrick Buisson, son influent conseiller, dont on a appris il y a quelques mois les convictions royalistes. Emmanuel Macron, lui, renverse les tabous de gauche, des 35 heures au montant et à la durée de l'assurance-chômage. Les deux ex-conseillers ont un point commun : mener leur président respectif à droite de son programme, au risque de se détacher d'une partie de l'électorat.

Emmanuel Macron, promu récemment ministre de l'économie après avoir longtemps été conseiller de François Hollande, a présenté aujourd'hui son projet de loi d'activité, avec notamment la multiplication par 2,4 (de 5 à 12) des possibilités de dérogations municipales au repos dominical. La première pierre angulaire dans le démantèlement de cet acquis social de long terme. Mais le jeune ministre ne souhaite pas en rester là. Ainsi, dimanche dernier, lors d'une interview au Journal du Dimanche, il a rejoint Manuel Valls en remettant en cause le montant et la durée de l'allocation-chômage, alors que le déficit de l'Unedic a atteint les 4 milliards d'euros. Le ministre s'est même payé le luxe d'un recadrage de la part du premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis.

Patrick Buisson a lui été l'investigateur numéro un du désormais fameux discours de Grenoble, où Nicolas Sarkozy s'en est pris directement aux chômeurs fainéants et à l'immigration. Un discours très à droite, qui avait annoncé le rythme de fin de quinquennat et le tempo de la campagne de 2012.

Une chose est sûre : les convictions d'Emmanuel Macron et de Patrick Buisson diffèrent, mais ces deux ex-conseillers ont un véritable point commun : avoir mené leur candidat respectif très à droite du programme initial, créant ainsi de véritables tensions dans les majorités concernées.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.