Quentin Pasquiou
Abonné·e de Mediapart

12 Billets

0 Édition

Billet de blog 25 juin 2015

Pour une légalisation d'UberPop !

Le conflit entre les taxis et les chauffeurs particuliers d'UberPop dégénère, avec de nombreux incidents aujourd’hui dans la capitale, et à proximité des aéroports de Roissy et Orly. Il est grand temps pour le gouvernement de légiférer, en passant notamment par la fameuse Loi Macron.

Quentin Pasquiou
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le conflit entre les taxis et les chauffeurs particuliers d'UberPop dégénère, avec de nombreux incidents aujourd’hui dans la capitale, et à proximité des aéroports de Roissy et Orly. Il est grand temps pour le gouvernement de légiférer, en passant notamment par la fameuse Loi Macron.

L'objectif principal de la loi Macron est d'instaurer une concurrence au sein des professions dites « protégées », afin de permettre une hausse du pouvoir d'achat des français. Ainsi, le gouvernement va par exemple permettre une intensification de la concurrence chez les notaires. Dans ce contexte, la loi portant le nom de l'actuel ministre de l'économie est donc le texte idéal pour légiférer sur le conflit de plus en plus violent qui oppose les chauffeurs de taxis (en monopole depuis de nombreuses années) à ceux des Véhicules de Transport avec Chauffeur (VTC) de la société américaine Uber, d'autant plus que ce projet de loi dispose d'une partie «transport », traitant notamment sur les déplacements en autocar.

Nouvel adepte du 49-3, le gouvernement devra tout de même passer une troisième fois devant l'Assemblée Nationale avant l'adoption finale de loi Macron. Ce dernier pourrait donc en profiter pour y ajouter un amendement concernant la légalisation d'UberPop, en imposant à ces chauffeurs particuliers, roulant généralement sous le statut d'auto-entrepreneurs, de payer des cotisations salariales, et en imposant à la société Uber elle-même de payer l'impôt sur les sociétés. De plus, les transactions s'effectuant à travers le terminal de paiement de l'application, l'état français pourrait lancer un contentieux obligeant la société Uber à payer un pourcentage de cotisations sur l'ensemble des transactions réalisées jusqu'ici sur le territoire français. La légalisation deviendrait ensuite effective, et les chauffeurs de la start-up américaine seraient soumis à des impôts et cotisations, tout comme les autres chauffeurs travaillant sous le statut d'auto-entrepreneur VTC.

Cette légalisation permettrait une forte intensification de la concurrence et donc une baisse des prix, source d'un gain de pouvoir d'achat quasi-quotidient pour de nombreux français. Cela permettrait également à des particuliers disposant du permis de compléter leur fins de mois et surtout à des chômeurs d'effectuer quelques heures de travail, sous le régime d'auto-entrepreneur.

Cependant, quels arguments utiliser face aux taxis, dont certains ont payé plus de 230 000 euros leur licence ? Rappelons que celle-ci est à l'origine gratuite, et sa revente pour éviter les nombreuses années de liste d'attente reste une pratique qui a toujours flirté avec la légalité. De plus, deux arguments apportent toujours un monopole relatif aux taxis : la loi Novelli de 2009 leur donne l'exclusivité du maraudage, c'est-à-dire de l'attente du client, la circulation et le stationnement des VTC étant conditionnés à une réservation préalable. De plus, cette mesure a été renforcé par la loi Thévenoud de septembre 2014.

Blablacar, Air BNB, Uber … Le numérique permet une évolution de l'économie. S'y opposer, c'est s'opposer au progrès, et au potentiel de croissance qui va avec.  

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — France
Un chirurgien de l’AP-HP cherche à vendre aux enchères la radio d’une blessée du 13-Novembre
Le chirurgien Emmanuel Masmejean a mis en vente sur un site d’enchères pour 2 700 dollars la radio d’une survivante du Bataclan, sur laquelle on voit une balle de Kalachnikov. Après l’appel de Mediapart, il a retiré le prix dans son annonce. L’AP-HP qualifie la publication du professeur Masmejean de « problématique, choquante et indécente ».
par Matthieu Suc
Journal — Gauche(s)
Le Titanic Hidalgo fait escale à Aubervilliers
Dans une salle à moitié vide, la candidate socialiste à la présidentielle a estimé que le combat n’était pas perdu, même si la voie est « ardue et semée d’embuche ». En interne, certains la jugent déjà sans issue.
par Mathieu Dejean et Pauline Graulle
Journal
Le PS et les quartiers populaires : vingt ans de trahison
Le Parti socialiste poursuit sa lente dislocation dans les quartiers populaires. En Île-de-France, à Évry-Courcouronnes et Aulnay-sous-Bois, les désillusions traduisent le sentiment de trahison.
par Hervé Hinopay
Journal
Les défections vers Zemmour ébranlent la campagne de Marine Le Pen
Le départ de Gilbert Collard, après ceux de Jérôme Rivière ou Damien Rieu fragilise le parti de Marine Le Pen. Malgré les annonces de prochains nouveaux ralliements, le RN veut croire que l’hémorragie s’arrêtera là.
par Lucie Delaporte

La sélection du Club

Billet de blog
Romani Herstory : réinscrire les femmes roms dans l’Histoire
Objets de tous les fantasmes, les femmes roms se voient sans cesse privées du droit à la parole. Les archives Romani Herstory montrent pourtant que beaucoup de ces femmes ont marqué nos sociétés de leur empreinte. (Texte d'Émilie Herbert-Pontonnier.)
par dièses
Billet de blog
Entre elles - à propos de sororité
Sororité, nf. Solidarité entre femmes (considérée comme spécifique). Mais du coup, c'est quoi, cette spécificité ?
par Soldat Petit Pois
Billet de blog
Malaise dans la gauche radicale - Au sujet du féminisme
L'élan qui a présidé à l’écriture de ce texte qui appelle à un #MeToo militant est né au sein d'un groupe de paroles féministe et non mixte. Il est aussi le produit de mon histoire. Ce n’est pas une déclamation hors-sol. La colère qui le supporte est le fruit d’une expérience concrète. Bien sûr cette colère dérange. Mais quelle est la bonne méthode pour que les choses changent ?
par Iris Boréal
Billet de blog
La parole des femmes péruviennes
Dans un article précédent, on a essayé de comprendre pourquoi le mouvement féministe péruvien n'émergeait pas de manière aussi puissante que ses voisins sud-américains. Aujourd'hui on donne la parole à Joshy, militante féministe.
par ORSINOS