Pour une légalisation d'UberPop !

Le conflit entre les taxis et les chauffeurs particuliers d'UberPop dégénère, avec de nombreux incidents aujourd’hui dans la capitale, et à proximité des aéroports de Roissy et Orly. Il est grand temps pour le gouvernement de légiférer, en passant notamment par la fameuse Loi Macron.

Le conflit entre les taxis et les chauffeurs particuliers d'UberPop dégénère, avec de nombreux incidents aujourd’hui dans la capitale, et à proximité des aéroports de Roissy et Orly. Il est grand temps pour le gouvernement de légiférer, en passant notamment par la fameuse Loi Macron.

L'objectif principal de la loi Macron est d'instaurer une concurrence au sein des professions dites « protégées », afin de permettre une hausse du pouvoir d'achat des français. Ainsi, le gouvernement va par exemple permettre une intensification de la concurrence chez les notaires. Dans ce contexte, la loi portant le nom de l'actuel ministre de l'économie est donc le texte idéal pour légiférer sur le conflit de plus en plus violent qui oppose les chauffeurs de taxis (en monopole depuis de nombreuses années) à ceux des Véhicules de Transport avec Chauffeur (VTC) de la société américaine Uber, d'autant plus que ce projet de loi dispose d'une partie «transport », traitant notamment sur les déplacements en autocar.

 

Nouvel adepte du 49-3, le gouvernement devra tout de même passer une troisième fois devant l'Assemblée Nationale avant l'adoption finale de loi Macron. Ce dernier pourrait donc en profiter pour y ajouter un amendement concernant la légalisation d'UberPop, en imposant à ces chauffeurs particuliers, roulant généralement sous le statut d'auto-entrepreneurs, de payer des cotisations salariales, et en imposant à la société Uber elle-même de payer l'impôt sur les sociétés. De plus, les transactions s'effectuant à travers le terminal de paiement de l'application, l'état français pourrait lancer un contentieux obligeant la société Uber à payer un pourcentage de cotisations sur l'ensemble des transactions réalisées jusqu'ici sur le territoire français. La légalisation deviendrait ensuite effective, et les chauffeurs de la start-up américaine seraient soumis à des impôts et cotisations, tout comme les autres chauffeurs travaillant sous le statut d'auto-entrepreneur VTC.

 

Cette légalisation permettrait une forte intensification de la concurrence et donc une baisse des prix, source d'un gain de pouvoir d'achat quasi-quotidient pour de nombreux français. Cela permettrait également à des particuliers disposant du permis de compléter leur fins de mois et surtout à des chômeurs d'effectuer quelques heures de travail, sous le régime d'auto-entrepreneur.

 

Cependant, quels arguments utiliser face aux taxis, dont certains ont payé plus de 230 000 euros leur licence ? Rappelons que celle-ci est à l'origine gratuite, et sa revente pour éviter les nombreuses années de liste d'attente reste une pratique qui a toujours flirté avec la légalité. De plus, deux arguments apportent toujours un monopole relatif aux taxis : la loi Novelli de 2009 leur donne l'exclusivité du maraudage, c'est-à-dire de l'attente du client, la circulation et le stationnement des VTC étant conditionnés à une réservation préalable. De plus, cette mesure a été renforcé par la loi Thévenoud de septembre 2014.

 

Blablacar, Air BNB, Uber … Le numérique permet une évolution de l'économie. S'y opposer, c'est s'opposer au progrès, et au potentiel de croissance qui va avec.  

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