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Billet de blog 24 janv. 2022

Politique de santé public, la police au coeur de la stratégie anti-crack à Paris

Urgence aux urgences, hôpital en crise, prolifération du crack à Paris, quand une politique de santé public met au coeur de sa stratégie la préfecture de police, n'est-ce pas le début d'une Etat policier où le seul soin proposé est la matraque ?

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Lundi 24 janvier 2022, la préfecture de police tweete une photo avec le hashtag #MondayMotivation en souhaitant une bonne semaine à ses abonnés. Il va en falloir, de la motivation, puisque c'est aujourd'hui qu'a été décidé de nettoyer le plus grand camp de consommation de crack de la ville de Paris. Forces de l'ordre, matraques, engins de chantier, tout y est ou presque, pour mettre en oeuvre la politique de santé publique. 

Les seuls absents de ce jour, censés mettre un terme à la consommation du crack dans Paris, sont les médecins, ou plus globalement le corps médical.

Non pas parce que la médecine n'ait pas de solution thérapeutique, non pas par manque d'une volonté de soigner sans distinction, et non plus parce que les différents services sont épuisés d'une politique de réduction des lits.

Les médecins sont absents de cette stratégie anti-crack pour la bonne raison qu'ils n'y sont pas conviés. 

L'Etat policier a atteint sa limite, face à la pénurie de soignants et l'asphyxie économique de la médecine publique ; les forces de l'ordre vont devoir diversifier leurs missions. 

Motivation et diversification pour les forces de l'ordre

Une réalité économique qui semble s'exprimer, la médecine coûte plus cher que la matraque.

Un lit en garde à vue semble moins cher qu'à l'hôpital*.

Il est vital que les forces de l'ordre se diversifient, aujourd'hui ils assurent le traitement de la lutte contre l'addiction au crack ; demain ils remplaceront les coûteux soignants.

Quand il s'agit de maintien de l'ordre, rien n'est trop cher, quand il s'agit de santé, c'est toujours trop.

C'est pourquoi dans la plus grande dystopie, je rêve d'un monde d'après, où les soignants ont disparu (résorbant ainsi le problème de financement de l'assurance maladie) et les forces de l'ordre ayant pris leurs place. De nombreuses applications de cette diversification sont d'ores et déjà possibles : 

Réanimation cardiaque par tire de Taser,

Ophtalmologie par tire de LBD (rendu aveugle, les problèmes de vue seraient ainsi éliminés), 

Traitement des insuffisances respiratoires par grenade lacrymogène, 

Traitement de l'addiction au crack par l'emprisonnement, la pénalisation et la facturation (amendes)...

Grâce aux coûteux équipement des forces de l'ordre, de nombreux débouchés médicaux sont possibles réduisant ainsi la nécessité de soignants. 

Et si la nouvelle mission de la police était de soigner la population ? 

* Même si les investissement concernant la défense intérieure et extérieure surpassent de loin le budget de la santé, les choix politiques actuels semblent confirmer cette pensée.

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