"Si l'argent ne fait pas le bonheur, qu'ils le rendent!"

Quand Jeff Bezos, PDG d'Amazon, fait la démonstration de l'absurdité de l'appropriation d'une fortune colossale par un seul individu.

Jeudi 15 juin, nous apprend le journal Aujourd'hui, Jeff Bezos , le PDG d'Amazon, lance un tweet demandant qu'on lui donne des idées pour, en gros, l'aider à dépenser son argent! Bien évidemment de nombreux internautes se sont empressés de se proposer comme récipiendaires de ses bonnes œuvres. D'autres ont aussi souligné ce "paradoxe": que le PDG d'une société passée maître dans l'optimisation fiscale en arrive à ne plus savoir que faire de son argent ! Mais alors, comme lui ont suggéré de nombreux internautes français, " si tu ne sais pas comment dépenser ton argent, paye tes impôts " . On lui suggère aussi de rémunérer décemment ses employés... On peut s'interroger sur l'indécence (la bêtise, l'insensibilité...) de ce tweet qui a le mérite de confirmer ce que toute personne sensée se dit, quand elle prend connaissance des montants de ces fortunes impensables (au sens difficiles à imaginer): mais qu'est-ce qu'ils peuvent bien en faire, une fois qu'ils ont tout, plus le reste, plus le superflu et ce assuré pour  plusieurs générations? Et bien nous  avons la réponse, grâce à Jeff Bezos: rien! Donc, qu'on m'explique pourquoi ces ultras riches veulent absolument échapper au paiement de l'impôt, qui leur ferait se sentir  utile à la société (comme vous et moi, à la hauteur de leurs" facultés" - déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, article 13) ?

En dehors du fait que, on le pressent bien, il est impossible d'accumuler de telles fortunes par sa seule force de travail, son seul génie, son tout ce que vous voulez, et donc qu'elles sont illégitimes car obtenues grâce au travail des autres (en général peu rémunérés, eux), en dehors de ce fait, la preuve est faite de l'inutilité de ces fortunes, et pour le bénéficiaire et pour la communauté humaine. La propension marginale à consommer étant limitée à un certain seuil de revenus, il est de l'intérêt du corps social d'avoir 1000 millionnaires plutôt qu' 1 milliardaire et ainsi de suite ( 1 000 000 personnes  avec 100 000 euros etc..) Il est étonnant que les "experts économiques" ne rappellent pas plus souvent cet aspect technique basique des théories économiques.

Nous n'évoquerons pas ici ce qui pousse ces ultras riches à préférer donner leur argent par le biais de leurs fondations ( ne parlons pas de l'aspect fiscal de ces dons..), plutôt qu'à s'en remettre aux Etats, par leurs impôts, pour affecter ceux-ci en fonction du bien commun. 

Comme le disait Coluche : "si l'argent ne fait pas le bonheur, qu'ils le rendent!"

 

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