Le "revenu universel" est-il une utopie nécessaire ?

Peut-on, doit-on "raser gratis" ?

Le "revenu universel" est-il une utopie nécessaire ?

Il s'agit de répondre à une mutation irréversible : le capitalisme occidental réalise non plus des profits "traditionnels" mais des marges "commerciales" en exploitant le facteur travail chinois en lieu et place du facteur travail occidental.

C'est un fait avéré, fondamental, le débat économique porte en fait sur la question de la "valeur" désormais devenue objet de marché, exogène.

Ce qui fait obstacle ce sont les politiques occidentales, celle de la technocrature européenne pour ce qui nous concerne, qui garantissent la pérennité de l'appropriation capitaliste alors que sa source même a changé.

En France, pour l'exemple, l'effort fiscal contributif du capitalisme est de moins de 15 % quand celui du consommateur est de plus de 50... or et clairement : il n'y a plus de "valeur ajoutée". 

Il pouvait paraître tolérable de "sous-imposer" le capitalisme dans la mesure où celui-ci "sous-produisait" de l'emploi, de l'innovation... Bref ! de la croissance...

Le monde a changé... il est devenu nécessaire de prélever, a minima, une part de la marge capitaliste représentative de la "masse salariale" supprimée, détournée en fait.

C'est de ça dont nous sommes loin : faire payer au sens premier du mot ceux qui sont responsables au premier chef de cette situation hautement "paupérisante"...

Il s'agit d'intégrer l'avenir économique de l'occident : le consumérisme subventionné sur un marché vassalisé.

Faire le lien, indispensable, entre mutation du capitalisme occidental et appropriation indue, politiquement maintenue en l'état, ne paraît pas a priori relever d'un fouriérisme primaire.

Encaisser d'abord... élaborer une redistribution pérenne ensuite ne signifie pas "raser gratis"... mais seulement trouver les moyens de la survie économique... en occident...

Cela est une nécessité qui n'a rien de démagogique et tout d'économique à condition de l'aborder, de la situer... à l'endroit où elle se trouve et pas ailleurs.

En fait pas davantage Robin des bois que Don Quichotte ne font solution...

La "révolution" sera "froide", fiscale pour l'essentiel, ou ne sera pas.

Il faut taper, fort, mais là où ça fait mal... dans l'EBE* des entreprises occidentales devenues "sans usines"... qui assurent... "sur le dos" des chinois ET des consommateurs occidentaux... emploi, innovation et croissance... en Chine.

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*EBE : L'Excédent Brut d'Exploitation (EBE) est l'endroit comptable et économique, l'agrégat en fait, où se concentre la marge réalisée par les entreprises capitalistes commerciales et pseudo industrielles qui, devenues de simples transitaires de productions chinoises principalement, dans tout l'occident, importent désormais et quasi exclusivement des artefacts (finis et semi-finis) qu'ils blanchissent sous labels nationaux et revendent directement, ou indirectement sous forme de pseudo exportations, Allemagne en tête*, aux consommateurs occidentaux (mais pas que...), tels quels ou après simple assemblage, sans plus rien produire d'autre que casse sociale et désertification en occident... et surtout pas de "valeur ajoutée".

Pour mesurer l'enjeu il faut savoir que les artefacts industriels représentent directement et indirectement de l'ordre de 80 % de l'activité économique mondiale. La taxation de l'EBE, couplée à une réforme de la récupération de la TVA d'amont sur les importations hors UE, et sans négliger la "part chinoise" des soi disant exportations intra-européennes (Allemandes notamment*), est un dispositif de nature à résoudre nombre de problèmes économiques et spécialement celui de la dépense publique fut elle contestable dans son volume comme dans ses emplois... mais à une seule condition : Ne pas "aimer l'entreprise"... fantôme.

J'ignore tout de celui qui, un temps (dans les premiers mois du regrettable quinquennat de F. Hollande) préconisât la taxation de l'EBE mais une chose est sûre l'érection d'une statue à cet "économiste inconnu" est une nécessité historique tant sont rares ceux qui savent quoi faire.

Hélas ! Comme manifestement il n'aimait pas l'entreprise cet hérétique visionnaire, assurément galliléo-copernicien, fut promptement jeté aux oubliettes... avec, soyons-en sûrs, un "Ouf !" lobbyisé des "médefiens" réunis, solidaires et... soulagés de ne pas l'être !...

*LA RÉUSSITE... A L'ALLEMANDE

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