Evitons un contresens sur l’enseignement offert par Mamoudou Gassama

Puisse l’acte de Monsieur Mamoudou Gassama nous inspirer, et ouvrir les consciences de l’exécutif comme les nôtres. À défaut du même courage héroïque, à l’instar de Monsieur Arnaud Beltrame, où en sommes-nous de notre humanité ?

Monsieur Gassama a sauvé un enfant de 4 ans d’un péril vital imminent.
Allons-nous nous débarrasser si facilement, avec une médaille, un show médiatique, un cas par cas, du vrai miroir que son acte nous tend, de la seule et unique question qui nous est aujourd’hui posée ?
A nous, à ces détenteurs des pouvoirs. Comment accueillons-nous des enfants, des femmes et des hommes en péril absolu dans des campements, en mer Méditerranée, dans les montagnes et les villes françaises ?
Une vie égale une vie !
Reconnaître son acte extraordinaire, c’est reconnaître en nous l’appel à agir à notre niveau pour tendre la main à l’Autre, dont la vie est suspendue, comme cet enfant de 4 ans, à nos décisions et nos actes.

Tout le reste n’est qu’ instrumentalisation, écran de fumée et récupération politicienne.

Laissons-nous enseigner par lui, célébrons sa bravoure, bien sûr, et au lieu de se dire qu’il est digne d’être parmi nous (on rêve !!!), comment être dignes du chemin qu’il ouvre.

Reconnaître ce geste spectaculaire c’est aussi reconnaître enfin tous les gestes, tous les actes de celles et ceux qui sauvent des vies chaque jour, professionnels ou bénévoles, par un lien, un sourire, quelques paroles, un sandwich, un stock d’invendus, des couvertures, des habits, une pièce, un lit, des cours, un projet, un toit, un travail, des soins.
Se battre contre ce qui empêche de prendre soin, notamment des lois inhumaines.
Se battre contre ses propres résistances, confort et peurs.
Chaque vie compte. Chaque acte qui en prend soin aussi.

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