Au Maroc, boycott d'Akannouch, de Meriem Bensaleh et .. du Roi

Au Maroc, la compagne de boycott de certains produits, lancée il y a deux semaines sur les réseaux sociaux, prend plus d'ampleur que prévu. Trois principales enseignes étaient jusque-là visées : "Afriquia", "Sidi Ali" et " La Centrale Laitière". Et à travers elles trois grands noms de l'échiquier politique et économique marocain: Aziz Akhannouch, Meriem Bensaleh et le Roi du Maroc.

 

akhannouch

 Ce phénomène de boycott à grande échelle de produits nationaux est une grande première au Maroc. Ce phénomène est non seulement nouveau mais il prend de plus en plus d'ampleur. De plus en plus de gens adhèrent au boycott dans l'espoir d'une baisse des prix des produits cités.

  À l'origine, lancé par on ne sait qui pour on ne sait quoi sinon pour dénoncer la cherté de certains produits de première nécessité, le mouvement s'est propagé rapidement parmi une population au revenu modeste pour atteindre même certaines stars qui ont manifesté leur appui à ce boycott.

  Trois enseignes principales sont visées: "Afriquia " propriété du multimilliardaire en dollars Aziz Akhannouch, " Sidi Ali" société gérée par la milliardaire Meriem Bensaleh et "Centrale laitière" dont les actionnaires sont la société française Danone à 90% et à moindre mesure  la famille royale du Maroc par le biais de la SNI.

   De toutes ces personnalités politiques et économiques, c'est Aziz Akhannouch qui est de loin le plus visé. À la tête du parti du Rassemblement National des Indépendants, il occupe également le poste de ministre de l'agriculture et de la pêche du gouvernement Saâdeddine El Othmani.

   Monsieur Aziz Akhannouch est surtout connu pour être la deuxième plus grosse fortune du pays après le Roi du Maroc. Sa richesse est estimée à plus de 2,4 milliards de dollars par le magazine Forbes. Jalousé pour sa fortune, les gens veulent tout simplement sa chute.

  Car au Maroc, il ne fait pas bon d’être riche, trop riche, quand une très grande partie de la population  vit avec moins de deux euros par jour. Aziz Akhannouch, comble du malheur, a la main sur un large pan de l’économie nationale. Ce qui n’arrange guère son cas.

 

بنت تبكي لم نجد ما نأكل جرادة © elhassane azzi

  Beaucoup de gens expliquent sa présence au gouvernement pour servir d’abord ses affaires. Là où d’autres pays, démocratiques, auraient parlé de conflit d’intérêts entre sa fonction de ministre et ses affaires privées, au Maroc on trouve au contraire les deux fonctions tout à fait compatibles.

  C’est que le Maroc d’aujourd’hui fonctionne un peu à l’américaine, avec des milliardaires en dollars au commandes du pays, mais avec la richesse en moins des États-Unis. D’où ce hiatus entre la classe politico-financière et l’immense majorité de la population. 

  Si le boycott marche c’est parce qu’il y a un vrai problème dans le pays qu’il va falloir s'employer à résoudre. Faire la politique de l’autruche, se cacher la tête dans le sable, ne pas voir la réalité en face, crier au complot, ne va rien arranger à une situation déjà catastrophique.

    

   Docteur Rachid BARBOUCH

  

  

  

  

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