Le siège de Gibraltar

Le 16 juin 1779, commence l'épisode le plus curieux de la guerre d'indépendance américaine : le siège de Gibraltar par les armées franco-espagnoles !

Gibraltar, c'est ce rocher qui donne à celui qui le possède le contrôle de la Méditerranée. Or, depuis sa conquête en 1704 et surtout depuis le traité d'Utrecht qui met fin à la guerre de Succession d'Espagne, en 1713, cette base stratégique est anglaise. Une décision jamais acceptée par les Espagnols. Aussi, quand les Français déclarent la guerre aux Britanniques pour aider les insurgents d'Amérique, l'Espagne, du reste liée à la France par un "pacte de famille" - ce sont des Bourbon, cousins de ceux de Paris qui règnent à Madrid - la suit-elle.


Le 16 juin 1779, prétextant des dizaines d'outrages contre des vaisseaux espagnols et des violations de territoire, l'Espagne déclare la guerre à la Grande-Bretagne. Aussitôt le siège est mis devant Gibraltar. 13 000 hommes tentent de s'emparer du rocher, défendu par les 5 000 Anglais du général Eliott et surtout protégé par de puissantes fortifications et une lourde artillerie. La garnison est régulièrement ravitaillée en produits frais et en renforts, l'amiral Rodney ayant la maîtrise des mers depuis la victoire du Cap Saint-Vincent, le 16 janvier 1780. Même en portant leurs effectifs à 60 000, les assiégeants ne prennent pas la place. En 1781, ils bombardent en vain les quais quand les Anglais déchargent. En novembre, ils perdent des canons, détruits par l'ennemi lors d'une sortie surprise.

Liège de Gibraltar Liège de Gibraltar

Une dernière opération est tentée en septembre 1782 : 10 barges flanquées de vaisseaux de guerre s'approchent pour bombarder le rocher. Mais les Anglais, qui connaissaient ce plan, tirent sur elles à boulets rouges et font exploser leurs réserves de munitions. L'échec est total. Si bien qu'en février 1783, le siège de Gibraltar est définitivement levé.

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