Manifestations québecoises contre la "culture du viol"

Le 26 octobre 2016, à Montréal et dans plusieurs villes du Québec, des milliers de personnes ont manifesté pour dénoncer la banalisation des agressions dont les femmes sont victimes, parlant même de « culture du viol » dans cette région du Canada.

Paru hier dans la Gazette Debout, je republie ici cet article. La vidéo nous a été proposée par nos partenaires québecois, les Altercitoyens.


 

Rassemblement de manifestants Place Emilie Gamelin à Montréal, en soutien aux victimes d'abus sexuels © Katherine Delorme Rassemblement de manifestants Place Emilie Gamelin à Montréal, en soutien aux victimes d'abus sexuels © Katherine Delorme

Le 26 octobre 2016, à Montréal et dans plusieurs villes du Québec, des milliers de personnes ont manifesté pour dénoncer la banalisation des agressions dont les femmes sont victimes, parlant même de "culture du viol" dans cette région du Canada. Cette mobilisation trouve son origine dans le témoignage d'une femme, Alice Paquet qui raconte dans plusieurs médias ( ici Radio Canadale Journal de Québec) avoir été violée à deux reprises par le député libéral Gerry Sklavounos au printemps 2014. Cette affaire déclenche les manifestations du 26 octobre, sous le mot d'ordre #StopCultureduViol.

Mais ce n'est pas la seule étincelle. L'émission Enquête de ICI Radio-Canada diffusait le 22 octobre un reportage sur les accusations proférées à l'encontre de certains policiers de la Sûreté du Québec par de nombreuses femmes autochtones de la ville industrielle de Val-d'Or, dans l'ouest de la province. Elles parlent de sévices sexuels, d'abus de pouvoir et d'intimidation. Suite à la diffusion de ce reportage, les 8 policiers incriminés ont été relevés de leurs fonctions et une enquête a été confiée au Service de police de la Ville de Montréal. Mais dans une mise au point publique le 18 novembre, le Directeur des poursuites criminelles et pénales a annoncé que 6 des agents incriminés ne seraient pas poursuivis. Seuls 2 d'entre eux feront face à la justice.

Depuis le début des années 1980, les estimations du nombre de femmes autochtones assassinées ou disparues varient entre 1000 et 4000. Alors qu'elles ne forment que 4 % de la population féminine canadienne, elles représentent 16 % des femmes assassinées entre 1980 et 2012. Après de longues années d'indifférence, de nombreuses voix se sont élevées pour réclamer une commission d'enquête sur ces disparitions et assassinats. Une grande enquête publique vient finalement d'être lancée par les autorités canadiennes au mois d'août 2016.

Gazette Debout republie ci-dessous la vidéo de nos partenaires québecois, les AlterCitoyens. Ce reportage donne la parole aux femmes et aux personnes racisées. C'est un appel à la solidarité intersectionnelle et à la convergence des luttes.

Pour les personnes racisées et leurs alliéEs © Les Altercitoyens

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