COVID ET CITOYENNETE

Utopique liaison entre les droits de l'bomme et du citoyen la covid

COVID ET CITOYENNETE

Comment aborder cette situation inédite pour partager une réflexion sur les Droits de l’Homme et du Citoyen quand un virus se fiche de toute humanité, s’agrippe à nos cellules pour devenir une pandémie mortelle à l’échelle de la planète ?

Comment les principes fondamentaux de la Déclaration Universelle de 1948, celle du 24 août 1789, le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, peuvent-ils nous aider à voir plus clair dans le charivari du tout et n’importe quoi qu’entraîne le déchainement médiatique de la pandémie ?

Enfin, qu’en est-il du quotidien de la solidarité, de la lutte contre toutes les formes d’exclusions, de la xénophobie toujours présente pour accuser l’étranger, l’autre, comme étant responsable de nos maux ?

Que deviennent les enfermés de toutes sortes, les expulsés sans espoir de retour, les sans-papiers, les sans-logements, les sans-emplois, les « sans rien du tout » errant dans les villes où dans des lieux incertains sous couvre-feu et guettent la maraude qui pourra les nourrir et les couvrir pour quelques temps ?

Nous sommes nombreux, pas assez sans doute, à nous poser ces questions, en étant limités dans nos actions avec les contraintes imposées par les « Autorités » pour faire face à cette épidémie. Elle s’attaque à la vie, épuise les femmes et les hommes qui sont confrontés directement à elle, prive des millions de personnes de toute activité ou leur impose de s’isoler derrière leurs claviers et leurs écrans. Les usines, les ateliers, les chantiers et les magasins ne s’arrêtent pas, même s’il faut réorganiser les cycles de la vente et de la production. Cela ne fait pas l’objet de communiqué de presse, les gens continuent à se presser dans les transports pour gagner leur vie qu’ils risquent de perdre en voyant un monde aux messages virtuels et électroniques angoissants entre les périls de toutes les violences, du réchauffement climatique et maintenant de la COVID et ses statistiques quotidiennes morbides.

 

NOUS SOMMES EN GUERRE ?

La formule est lancée et l’ETAT D’URGENCE est proclamé, inscrit dans la loi en 1955 au moment de ce qu’on appelait les « évènements d’Algérie ». Cette loi modifiée après les horribles et terribles attentats perpétrés le 13 novembre 2015, sert aujourd’hui de fondement juridique à l’Etat d’Urgence qualifié de sanitaire (voir le site internet du ministère de l’intérieure). Les références guerrières se multiplient et particulièrement celles de la première, la grande guerre de 14/18 avec sa première, seconde   et troisième ligne de tranchées. Ses vagues d’assauts. La verticalité de l’ordre et des pouvoirs est confiée aux « états-majors ». Un président, deux conseils : de défense et scientifique, un gouvernement et son chef qui commande les préfets de départements assistés des Agences Régionales de Santé ! Pour le reste on consulte pour faire marcher la machine où chacun vise à se protéger, et à montrer son efficacité : pas drôle de vivre dans le pays des trois frontières aux variants multiples dont un éventuellement « mosellan » !

L’immunité collective contre l’esprit guerrier n’est pas atteinte malgré les désastres humains et matériels du XXème siècle. Il n’existe pas de vaccins et nous sommes loin d’atteindre les 60% de responsabilité collective et citoyenne pour faire face à ces références guerrières qui continuent de nous hanter.

Aujourd’hui la guerre contre l’épidémie se poursuit dans l’espace public, c’est un champ de bataille dans la perspective des prochaines échéances électorales. C’est une guerre commerciale pour acquérir à « tout prix » le vaccin en renforçant les nationalismes au détriment d’une coopération pourtant indispensable à l’échelle de la planète. Elle devient une guerre économique « quoi qu’il en coûte » pour faire basculer dans les comptes de l’Etat les pertes occasionnées par l’arrêt d’activités et le chômage contraint de milliers de salariés   C’est aussi une guerre sociale qui ne dit pas son nom sar elle renforce toutes les inégalités et accentue l’isolement social, culturel et sportif de la jeunesse étudiante et celle des cités, des quartiers périphériques et populaires qui voient des bandes s’affronter sur les territoires oubliés.

Être en guerre c’est trouver des héros et des chefs, activer les craintes et les contrôles, dépendre d’états-majors inconnus et voir toujours l’autre comme un danger et un adversaire. Il n’est pas du pays, pourrait être propagateur d’un nouveau « variant » fermons les frontières tout en continuant à se déplacer au Luxembourg et en Allemagne pour gagner sa vie. L’idéologie de la guerre conduit au désastre de la pensée critique et nous invite à regarder la vie comme une série d’Hollywood.

 

Nous sommes des citoyens ?

Notre responsabilité personnelle et collective en face de la crise épidémique est engagée pour faire de cette catastrophe un acte civique Il ne s’agit pas d’un mythe, d’un conte pour les naïfs « droit de l’hommiste » ! Gagner La confiance des gens c’est les prendre en considération comme membre d’une communauté ; celle des citoyens ! Capables d’être au rendez-vous entre ceux qui cherchent, soignent, protègent, tentent de trouver des réponses à toutes les situations complexes engendrées par la maladie et ceux qui sont à la fois les victimes mais aussi les agents infectieux de cette pandémie. Cette confiance sera collective, comme l’est la découverte des vaccins, leurs fabrications et leur acheminement. Les soins, l’organisation et le déploiement de la vaccination est une affaire d’équipes et de compétences partagés. Le paiement par la contribution -les impôts, des cotisations, des taxes - « répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés » est-il équitable et bien l’affaire de tous ?

L’appel au collectif peut sembler naïf et utopique en étant pris dans cette pandémie qui nous enferme, nous limite dans nos activités les plus simples et pour beaucoup fait courir un vrai danger physique sans parler du moral, des pertes d’emplois et de repères pour l’avenir. Il nous faut cependant faire face, prendre patience, faire confiance sans ménager notre espace critique, à ceux qui œuvrent très concrètement contre cette maladie. C’est un pari pascalien qui se heurte à toutes les manipulations, les mensonges, les manières de tirer profit du malheur qui nous frappe. Rompre l’isolement en étant confiné, obligé de s’enfermer sous « couvre-feu » sont des épreuves qui exigent un soutien et une reconnaissance de nous tous, non pas comme objets devant se soumettre aux volontés supérieures, mais comme acteurs conscients et lucides de la gravité d’une situation qui exige dans l’intérêt général des actions et des comportements responsables. Bref, c’est passer du stade de la série des individus à celui de la communauté des citoyens, de la cohabitation à la coopération 

Il est temps, grand temps que l’espace public s’ouvre à ceux qui sont porteurs de la parole de tous ceux qui agissent sur ce qu’on appelle « le terrain » : les cités, les entreprises, les institutions et toutes les formes d’associations qui rassemblent et représentent cette collectivité humaine qui est autre chose qu’un « réseau social » ou un compte « twitter » !

Raymond Bayer

 

 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.