ADRIEN QUATENNENS, CE COMPLICE DE L'EXTRÊME DROITE.

Adrien Quatennens a été désigné le 22 juin 2019 responsable "n°2" de La France Insoumise.

Le 15 septembre 2019, invité de l'émission "Questions Politiques" sur la chaîne France Info, il a prononcé les mots suivants, au sujet du Front National : "...Ça fait des années qu'on tente la diabolisation, de crier au fascisme...Est-ce que c'est efficace ? La vérité c'est que depuis le Rassemblement National arrête pas de continuer à augmenter... ".

Ces propos s'inscrivent dans tout un contexte s'agissant de La France Insoumise.

Le 11 juin 2017, Adrien Quatennens, candidat (devenu député) LFI aux élections législatives dans le département du Nord, dans l'optique du second tour face au candidat de LREM, appelle tous les candidats éliminés, donc dont celui du Front National, à se désister pour lui.

Le lendemain, Eric Dillies, candidat du Front National, se désiste en faveur d'Adrien Quatennens, et déclare : " ...les choses que nous avons en commun sont plus importantes que celles qui nous divisent... ".

Il semble assez notoire qu'Alexis Corbière, député LFI de Seine-Saint-Denis, entretient de très bonnes relations avec Louis Aliot, député FN des Pyrénées-Orientales, qui fut pendant deux ans le directeur de cabinet de Jean-Marie Le Pen, alors président du Front National.

François Ruffin, député LFI de la Somme, cite, le 18 décembre 2018, à l'appui de la revendication du Référendum d'Initiative Citoyenne (ce faux nez des extrémistes) portée par les "Gilets Jaunes" et par LFI, Etienne Chouard, qui est un proche d'Alain Soral, figure de proue de la fachosphère sur internet. (Même s'il l'a depuis regretté).

La décision fondamentale et emblématique de ce contexte est bien sûr le refus de Jean-Luc Mélenchon d'appeler à voter pour Emmanuel Macron contre Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle de 2017.

Depuis, c'est François Ruffin qui met de fait sur le même plan "l'extrême argent" (soit selon lui Emmanuel Macron) et l'extrême droite ; c'est encore Adrien Quatennens qui parle de "second tour (Macron-Le Pen) pourri", exprimant donc une équivalence entre les deux.

Cette dérive politique gravissime n'est pas un hasard : elle est la traduction logique de la ligne idéologique de La France Insoumise : le "populisme de gauche".

Cette idéologie, développée notamment par Chantal Mouffe et Ernesto Laclau, se caractérise par une prétendue opposition fondamentale entre "eux" et "nous", "eux" étant les "élites", "nous" étant le "peuple" considéré, contre toute évidence, comme un tout.

C'est cela qui explique le soutien rapide et inconditionnel de LFI au mouvement largement populiste d'extrême droite, dans ses premiers mois, des "gilets jaunes".

Il faut savoir qu'une des principales références idéologiques de Chantal Mouffe est Carl Schmitt.

Carl Schmitt était le principal juriste du IIIème Reich d'Adolf Hitler. Pour lui, le "nous" était la "race germanique" et le "eux" la "juiverie internationale".

Il concevait la politique comme l'opposition entre "amis" et "ennemis".

Certes, Chantal Mouffe n'emploie pas le terme "d'ennemis", mais celui "d'adversaires".

Certes, LFI dénonce et condamne le programme politique du Front National.

Mais Adrien Quatennens, invité de l'émission "Le grand rendez-vous" sur la chaîne CNews, vient aujourd'hui même de se prononcer contre le front républicain en cas de deuxième tour contre le Front National.

Il qualifie même Emmanuel Macron et Marine Le Pen de "bonnet blanc et blanc bonnet"....

Quand Adrien Quatennens réfute la stigmatisation du Front National, il se prononce clairement contre le cordon sanitaire ô combien indispensable autour de l'extrême droite.

Or, si le Front National a obtenu des résultats électoraux élevés, ce n'est pas, comme le prétend Adrien Quatennens, en dépit de sa "diabolisation". C'est, exactement à l'inverse, grâce à sa normalisation médiatique.

Ses dirigeants et porte-paroles nationaux sont continûment invités sur les chaînes d'information.

Les plateaux des chaînes d'information en continu sont encombrées de chroniqueurs se situant à des titres et degrés divers dans la mouvance de l'extrême droite : Eric Zemmour, Charlotte d'Ornellas, Ivan Rioufol, Gilles-William Goldnadel, André Bercoff, Julie Graziani, Elisabeth Lévy, Robert Ménard, Arnaud Stephan, Jacques de Guillebon...

En fait, La France Insoumise s'engouffre de plus en plus dans la voie suicidaire empruntée par le Parti Communiste Allemand au début des années 1930, juste avant l'accession au pouvoir d'Adolf Hitler.

Le Parti Communiste Allemand qui déclarait :

"Le fascisme de Brüning [chancelier centriste] n'est pas meilleur que celui de Hitler." (novembre 1931)

"L'arbre nazi ne doit pas cacher la forêt social-démocrate." (décembre 1931)

Le même parti qui a été jusqu'à organiser des actions communes et parfois concertées avec le Parti Nazi : référendum contre le gouvernement social-démocrate de Prusse en août 1931 ; motion de censure contre ce même gouvernement en mars 1932 ; motion provoquant la dissolution du parlement allemand en juillet 1932 ; grève commune dans les transports de Berlin en novembre 1932.

Le Parti Communiste Allemand, qui avait incontestablement, et très durement, combattu les nazis, a contribué à la chute de la République allemande de Weimar, et à sa propre destruction par Adolf Hitler un mois seulement après son accession au pouvoir.

Certes, comparaison n'est pas (toujours) raison.

Certes, les époques sont différentes à un certain nombre d'égards.

Mais la nature humaine, en l'occurrence dans sa dimension sombre, est toujours la même...

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