Pour la première fois depuis presque toujours, je ne suis pas allé manifester ce 1er mai.

Pour plusieurs raisons.

Je n'aime pas la violence.

Je condamne la violence.

Je n'avais aucune envie de manifester avec les « gilets jaunes » : si en effet la partie de gauche de leur mouvement me convient tout à fait, celle de droite et d'extrême droite que persiste à mes yeux de symboliser ce gilet m'interdit toute cohabitation manifestante. Sans parler de la violence d'un certain nombre d'entre eux.

Je n'avais aucune envie de manifester avec les black blocs, ces activistes violents qui, en dépit de positions et de verbiage de gauche et surtout d'extrême gauche, sont les meilleurs alliés des puissants en semant le chaos et en justifiant l'intervention policière à leur égard.

Violences extrémistes et interventions policières qui remettent clairement en cause la possibilité d'exercer pacifiquement le droit constitutionnel de manifester.

Par ailleurs, les actes policiers faisant l'objet d'enquêtes administratives et ayant donné lieu à des dépôts de plaintes doivent être sanctionnés quand ils n'ont pas respecté les règles déontologiques d'intervention.

Contrairement à une idée qui court ces temps-ci, ce n'est pas la violence qui a conduit Emmanuel Macron aux mesures annoncées les 10 décembre 2018 et 25 avril 2019, mais bien le soutien d'abord massif puis persistant à un haut niveau de l'opinion aux demandes de ce mouvement.

Au sujet de ces annonces, j'en considère certaines, pour ce qui est du 26 avril, positives, d'autres négatives.

En tout cas, Emmanuel Macron a mis un petit coup de barre à gauche.

Il doit être concrétisé.

Le 26 mai prochain, auront lieu les élections européennes.

A ce sujet, le climat actuel de rejet systématique dont fait l'objet Emmanuel Macron m'inquiète.

Non que le président de la République n'en porte pas une part de responsabilité du fait de ses propos inappropriés, déplacés, méprisants dont j'espère vivement qu'ils appartiennent au passé.

Mais il demeure qu'un libéral de centre droit est toujours préférable par définition à une néo-fasciste.

Or, certaines enquêtes d'opinion toutes récentes indiquent que la liste RN devance la liste LREM, qui est la seule à pouvoir empêcher que l'extrême droite soit en tête pour la deuxième fois consécutive aux élections européennes.

Marine Le Pen vient d'employer l'image de Tchernobyl à propos de l'Union Européenne, et de comparer celle-ci à l'ancienne URSS.

Donc, d'une catastrophe nucléaire ayant fait et faisant toujours des centaines de milliers de victimes, et à un système politique parmi les plus meurtriers du 20ème siècle et de l'Histoire tout court.

Ces comparaisons délirantes et habituelles de la part de l'extrême droite en disent long.

Long sur le discours permanent du RN constitué d'images et de références violentes, apocalyptiques.

Long sur la nature fondamentalement violente de ce parti politique, dont le service d'ordre vient une nouvelle fois de tabasser, cette fois des militants de l'Union des Etudiants Juifs de France qui distribuaient un tract sur un lieu public proche de la salle où se tenait un meeting du RN.

Le 20ème siècle l'a prouvé : la violence des mots prépare toujours la violence des actes.

Quand Marine Le Pen compare les migrants à des éoliennes, elle chosifie sciemment des êtres humains.

Elle se situe ce faisant dans la plus pure continuité des discours d'Adolf Hitler concernant les Juifs.

Le 26 mai prochain, le vote pour la liste LREM sera un vote de salubrité publique.

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