ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE AMÉRICAINE : UN POUR TOUS, TOUS POUR JOE BIDEN.

Après George Floyd assassiné par un policier le 25 mai dernier à Minneapolis dans l'Etat du Minnesota, Jacob Blake, lui aussi noir de peau, reçoit devant ses enfants sept balles dans le dos tirées à bout portant par un policier, ce dimanche 23 août dans la ville de Kenosha située dans l'Etat du Wisconsin.

Pour la énième fois aux Etats-Unis, des citoyens américains à la peau noire sont victimes de violences policières meurtrières.

Pire cette fois : ce mardi 25 août au soir, toujours dans la ville de Kenosha, un militant d'extrême droite de 17 ans affichant son soutien à Donald Trump, Kyle Rittenhouse, a abattu avec un fusil d'assaut deux manifestants et blessé gravement un troisième, manifestants protestant contre le sort subi par Jacob Blake.

Avant d'être interpellé par la police le lendemain, il avait pu juste après son fait d'armes franchir sans problème un cordon de cette même police, alors que des manifestants criaient aux policiers qu'il était le tireur.

Ce tueur faisait partie d'américains constitués en milice pour "s'opposer" aux manifestants antiracistes.

Donald Trump n'a exprimé aucune compassion pour l'ensemble de ces victimes, et a une nouvelle fois demandé que la garde nationale "règle le problème"... en réprimant les manifestations antiracistes.

La situation actuelle aux Etats-Unis est lourde de dangers pour la paix civile et la démocratie dans ce pays.

Arrivé presque au terme de son mandat, au cours duquel il a passé beaucoup de son temps à diviser son propre peuple sur la base des couleurs de peau, à mentir quotidiennement ou presque à travers ses tweets, à mépriser ouvertement ses opposants, la presse d'opposition en des termes parfois orduriers, sans parler de sa gestion calamiteuse et inhumaine de l'épidémie de la Covid-19, ce néofasciste, heureusement partiellement contraint par la Constitution américaine, est en bonne logique prêt à tout pour tenter de se faire réélire.

Il est en train d'organiser un climat grandissant de guerre civile en espérant ainsi mobiliser ses électeurs sur les thèmes de la loi et de l'ordre.

Il va jusqu'à menacer de ne pas reconnaître le résultat de l'élection en cas de défaite, et organise pour ce faire un empêchement maximal du vote par correspondance par les services postaux, sachant parfaitement que ce moyen de vote est davantage utilisé par les électeurs démocrates que républicains.

Il est affligeant de voir dans quel état se trouve le pays d'Abraham Lincoln, de John Kennedy et de Barack Obama.

Malgré leurs divergences exprimées lors des élections primaires du parti démocrate, Bernie Sanders, nettement plus à gauche que Joe Biden, a très rapidement, après avoir constaté sa défaite, appelé à voter pour ce dernier, en qualifiant à juste titre Donald Trump "de président le plus dangereux de l'histoire moderne de ce pays."

Les équipes de Joe Biden et de Bernie Sanders ont travaillé ensemble, et plusieurs points du programme de Bernie Sanders ont été intégrés au programme de Joe Biden, concernant la hausse du salaire horaire, la couverture publique en matière de santé et l'ambition écologique.

Bernie Sanders a lui-même déclaré que "...les groupes de travail ont créé une bonne feuille de route politique qui va faire avancer notre pays dans une direction progressiste indispensable, et améliorer de façon significative les vies des familles de travailleurs à travers notre pays." 

La responsabilité des antiracistes, des antifascistes, des progressistes du monde entier est grande au sujet de la prochaine élection présidentielle américaine, dont le sort sera évidemment scellé par le peuple américain; il s'agit à mon avis de créer un vaste mouvement d'opinion mondial qui, je le crois, ne sera pas sans effet sur les citoyens américains vivant à l'étranger.

A ce sujet, je constate que jusqu'à présent la ligne éditoriale de Médiapart n'exprime pas clairement un soutien aux candidatures de Joe Biden et de Kamala Harris; c'est même le moins que l'on puisse dire.

J'espère qu'il ne s'agit pas d'une nouvelle preuve de la dérive de ce journal vers des positions d'extrême gauche pathétiques et irresponsables, évolution orchestrée à l'évidence par le trotskyste "culturel" qu'est Edwy Plenel.

Pour conclure, un mot sur la France.

La présidence Trump donne une bonne indication de ce que serait (pure hypothèse d'école à mon avis) une présidence Le Pen.

Ne l'oublions pas dans la perspective de l'élection présidentielle française de 2022.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.