Massacre de la Ghouta orientale

Le 21 août 2013, c'est le souvenir de massacre de la Ghouta orientale en Syrie. Le régime syrien a attaqué la Ghouta orientale avec les armes chimiques. Plus de 1302 personnes ont été tuées dont deux tiers de femmes et d'enfants et 9838 autres blessées. J'étais là-bas et c'est mon témoignage.

 

En 2013, par une chaude nuit d'août, je venais de finir la dernière opération chirurgie. J'étais très fatigué et je ne pouvais plus me tenir debout. Mais j'étais un peu content parce que tout allait bien avec l'enfant que j'avais opéré. Il avait été fait blesser au niveau de ventre Après qu'un missile est tombé à côté de sa maison. À partir de ce moment-là, il vivra sans rate. Il a eu de la chance si on l'a comparé à son père qui a été dispersé à morceaux il y a quatre mois et nous n'avons trouvé que sa main qui portait du pain pour nourrir ses enfants.

Franchement, je ne savais pas ce que je me sentais : la tristesse, la colère, la peur, la Faiblesse, la gloire, rien, je ne sais plus. J'avais lu beaucoup de livres qui expliquaient comment l'homme peut vivre heureux ? Mais C'est bête, la question la plus importante était comment l'homme peut rester à survivre.

Je me suis accroupi en regardant les infirmiers qui mettaient un pansement sur le ventre de l'enfant avec un noble enthousiasme. L'un d'eux m'a dit :"va te reposer", mais je n'ai pas répondu, je ne pouvais pas parler.

Je suis sorti de l'hôpital en me parlant comme un fou, je suis monté les escaliers vers chez moi, l'air était étouffante, le ciel était calme, clair, parce que les avions de guerre s'arrêtaient de faire tomber les missiles sur nos têtes, ils étaient aussi fatigués de nous tuer.je n'avais pas envie de manger, il me suffisait boire un verre de thé entre les opérations même je peux me tenir debout toute la journée.

Je me suis allongé sur mon lit qui tremblait comme un vieil homme.la lumière de lune s'infiltrait doucement par ma fenêtre, déprimé comme moi. Je me suis couché, souhaitant me réveiller à la voix de ma mère qui m'avait préparé un petit-déjeuner pour moi et mes frères avant d'aller à l'école, et sur Le chemin, j'irais rencontrer celle fille-là avec ses beaux cheveux noirs et ses yeux qui avaient toujours me fait pleurer. Je souhaitais que je voie mon père pour que je l'embrasse et pleure entre ses bras comme je faisais quand j'étais un petit garçon.

À deux heures du matin, je me suis réveillé terrifié, la sueur ruisselait sur mon front, l'air était déjà étouffant, une voix basse bourdonnait dans mes oreilles : "soigne-toi bien et fais attention". Il y avait de bruit qui me faisait mal, il ma fallut un effort pour comprendre qu'il y avait quelque chose de dangereux, Bruits d'ambulances, Les gens crient dans la rue, la lune disparaît, et c'est à partir de ce moment qu'ont commencé les choses dont je n'ai jamais aimé parler.la porte a été frappé, quelqu'un se tient devant-là "dépêchez –vous" m'a dit, mais qu'est ce qui se passe ? Je lui ai dit, "je ne sais pas" m'a dit et il disparaît.

Le régime d'Assad avait insisté de brûler et détruire tout ce qui était beau dans ma vie même les rêves que j’avais faits. Au lieu de me réveiller au son de ma mère, je me suis réveillé terrifié sur le bruit des ambulances qui criaient. Je portais mes vêtements et m'y suis précipité pour me retrouver parmi des dizaines d'enfants, d'hommes et de femmes allongés par terre dans une piscine d'eau Comme s'il s'agissait de poissons que la mer avait jetés à la terre.

Je ne savais pas ce qui s'était passé et je pensais à ce moment que c'était le jour de la Résurrection, j'ai levé les yeux vers le ciel, Mais je n'ai pas vu les anges, je ne trouvais personne, seulement une obscurité dans une obscurité avec des lumières tamisées de lampes et de briquets.

Quelqu'un a mis sa main sur mon épaule alors, je m'ai dit que c'est mon père décédé est venu me prendre avec lui au ciel , mais ce n'a pas été ,c'était un de mes collègues m'a secoué et m'a dit que nous avions été soumis à une attaque chimique par le régime d'Assad, je l'ai regardé silencieusement et étonné de ne pas croire ce qu'il m'a dit, puis j'ai regardé autour de moi et j'ai aperçu que ce n'était pas vraiment le Jour de la Résurrection.

 J'ai déjà passé deux ans dans la Ghouta orientale, et je voyais les avions de guerre qu'elles détruisaient les corps des civils et je voyais les enfants avoir les nez et les bouches remplissaient de poussière après que les ambulanciers les ont sortis des décombres, j'ai l'habitude de voir cette scène tous les jours mais c'est quoi ce que je vois maintenant ?je m'a dit.

Les ambulances n'arrêtent pas d'amener les victimes, l'écume sortait du leurs nez et de leurs bouches, elles s'étaient ressemelées comme des poissons par terre, qu'est-ce que c'est ? J'ai hurlé fort. Quelqu'un m'a versé de l'eau froide et m'a crié dessus, une attaque chimique !  Es-tu un imbécile ? Je lui ai dit. Bien sûr, j'ai découvert plus tard que j'étais, moi, l'imbécile.

Je me souviens d'avoir lu des articles sur les armes chimiques et les gaz toxiques dans l'histoire de la médecine, mais ils n'ont pas été utilisés dès de la Seconde Guerre mondiale, mais qu'est-ce qui fait que des gens meurent ainsi par dizaines ? Eh bien, je suis le médecin et je dois agir. Franchement, je ne savais pas par où commencer ni comment marcher : l'entrée de la salle d'urgence était pavées de cadavres d’enfants, de femmes et d’hommes qui étaient endormis et ils resteraient endormis à jamais. Oh mon Dieu ! J'ai eu des frissons et terrifié. Oh mon Dieu !

"Une attaque chimique", Quelqu'un a encore crié. J'ai continué à bouger comme un fou, et tout à coup, quelqu'un m'a pris par la main, un homme fort, dans son visage je ne voyais que ses deux yeux ,très rouges, il pleurait comme les enfants et me demandait de voir sa fille, je la regardais, elle semblait plongée dans un beau rêve dont tu ne voulais pas te réveiller, je l'ai examinée, son cœur a cessé de battre ainsi que sa respiration, ses pupilles dilatées, elle froide comme la neige, elle est morte. Je n'ai vu que l'écume sort de sa bouche, il n'y avait aucune blessure ni de traces de contusions sur le corps. Qu'est-ce que c'est ? Je n'ai pas eu le temps de dire à son père qu'elle est partie, car quelqu'un d'autre m'a tiré encore pour voir sa femme qui était aussi décédée et aussi l'écume sort de sa bouche !

Qu'est-ce que je dois faire ?je n'ai pas eu le temps de réfléchir, Cela s'est poursuivi avec les troisième, quatrième et cinquième corps dont je ne me souviens pas.

J'ai relevé la tête et mon cœur battait fortement, mon Dieu ! Des dizaines et des dizaines de personnes sont étendues sur le sol "pupilles dilatées, hallucinations, malaise, troubles respiratoires, vomissement, des gens se déshabillent et courent nus, des ambulances continuent d'arriver et les gens hurlent". 

J'ai vu quelqu'un qui a bougé comme un poulet, j'ai réussi à l'atteindre en sautant entre les corps, toujours en vie, et maintenant ? Il a commencé à perdre conscience et à ralentir sa respiration, j’ai appelé l’une des infirmiers pour m'aider et nous lui avons inséré un tube à air dans ses poumons, il a ensuite été emmené aux soins intensifs.

 Les infirmières ont commencé à donner de l'atropine à tout le monde, mais En vain, c'était un gâchis. Bien, nous devons concentrer nos efforts. J'ai crié tout le monde et j'ai commencé à marcher de manière ordonnée avec mes infirmiers et j'ai commencé à régler les cas. Je savais que l'atropine n'était pas suffi et que des dizaines de personnes avaient besoin d'une ventilation artificielle, mais il n'y a aucune possibilité de recevoir tous ces chiffres, surtout que nous ne savions pas exactement à quoi nous faisions face. Zut !

J'ai commencé à trier les cas (martyrs, toujours en vie, en deuil, veuves, déchirants, fous), nous avons rangé les enfants côte à côte et leur avons attribué des chiffres (ils sont devenus des chiffres uniquement) et les avons photographiés. Quiconque est traité avec ce que nous avons (atropine, intubation, réanimation), nous n’avons jamais contrôlé la situation. La chambre d'urgence était pleine à craquer, donc j'ai ordonné aux infirmiers d'emmener les victimes au jardin voisin. Le jardin dans lequel Nous cueillions des figues mûres gratuitement, devient maintenant un dépôt de corps.

Soudain, ils ont amené un de mes amis, il a également été exposé à des gaz toxiques en travaillant comme ambulancier, bien qu'il ait porté le masque à gaz mais apparemment ce masque était en panne. Je me suis souvenu de ce masque, il l’a eu dans une des batailles contre le régime, mais ce masque avait expiré, comme nous. Son beau-frère lui disait toujours "lève-toi, mec, s'il te plaît, ne meure pas", je l'ai examiné et j'ai commencé à caresser son cœur et les visages de ses enfants dans mon imagination, que leur dirais-je ? ZUT ! Il est mort, j'ai dit, Je savais qu'il était mort depuis que je l'ai vu, Je me suis éloigné de lui pour continuer mon travail, je ne pouvais pas pleurer.il était un honnête homme, infatigable. . Au revoir mon ami.

L'aube est venue pendant nous travaillons ! Nous organisions côte à côte des martyrs et oublions ceci et cela. Le soleil brillait encore. J'étais abasourdi devant la mer de corps étendus sur le sol et chacun portait un numéro ! Quelqu'un m'a secoué de mon épaule "monsieur ! Ils avaient besoin de vous dans la salle d'opération", je suis allé avec lui et je suis resté jusqu'au lendemain dans la salle d'opération.

 Le régime ne s'est pas contenté de répandre ses poisons dans l'air pour qu'il ait continué à faire tomber les missiles et les roquettes à verser et à verser plus de sang et à chanter comme une danse comique "AL ASSAD ou brûler le pays". J'ai fini mon travail et je me suis précipité pour regarder la télévision, qu'est-ce qu'ils ont dit ? La Ghouta orientale a été attaquée par des armes chimiques et des experts seront envoyés pour le confirmer. Bien, je leur dirai tout et je leur dirai tout ce que j'ai vu de manière scientifique. Mais personne n'est venu.

Après que nous avons été attaqués plusieurs fois et nous n'avons vu personne.

Le 31/3/2018 J'ai quitté la Ghouta orientale déplacés à Idlib et je suis maintenant réfugié en France et j'attends toujours que quelqu'un des Nations Unies me demande ce qui s'est passé là-bas ?

 

 

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