PLAIDOIRIE CAHUZAC

Exclusif ! On a trouvé la plaidoirie de l'avocat de Jérôme Cahuzac :

Monsieur le Juge,

Mon client est innocent.

Pire, c'est une victime !

Député pendant des années il a perçu chaque mois plus de 5 000 € d'IRFM qu'il n'avait pas à déclarer au fisc.

Alors comment pouvait-il imaginer qu'il aurait du payer des impôts sur des pots de vin ?

D'ailleurs Mr Guéant, le plus proche collaborateur de l'ex monarque, l'a rappelé récemment au sujet des 10 000 € qu'il prenait lui même chaque mois dans la caisse : "il n'était pas d'usage de les déclarer".

Vous apprécierez au passage, Mr le Juge, l'élégance très "ancien régime" de la formule.

Vous me direz : pourquoi mon client mettait-il son argent en Suisse plutôt qu'aux îles Caïmans par exemple ?

C'est sur les conseils d'un ancien ministre du budget, que mon client avait soutenu dans une complexe affaire d'hippodrome, et qui lui avait assuré que la Suisse c'était peinard, que c'était lui-même qui avait la liste des comptes, et que donc pas de souci.

Enfin mon client est riche.  Et comme l'a rappelé Mr Guano, un autre collabo-rateur de l'ex monarque, "toutes les grandes fortunes négocient avec le fisc".

Aussi mon client vous demande de lui appliquer la jurisprudence Tapie, à savoir : s'étant, comme lui, grassement enrichi grâce à la complicité des politiciens de tous bords qui se sont partagés le pouvoir, il demande 50 millions d'euros (non déclarés) pour le préjudice moral qu'il a subi.

En cas de refus, mon client s'en remettra à un arbitrage privé composé de deux membres du Conseil Constitutionnel au-dessus de tout soupçon, Messieurs Chirac et Sarkozy, ainsi que d'un fin connaisseur de ce genre d'affaires : le petit fils d'Al Capone en personne.

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