Relever Notre Dame ? Saint Macron, venez à notre secours

La France, anciennement connue sous l'appellation "fille aînée de l’Église", acceptera-t-elle que l'argent des plus riches servent à édifier un monument à a Gloire du Divin lorsque le seul Temple reconnu par le Christ, le corps de l'homme martyrisé, continue de sombrer dans le silence des eaux méditerranéennes ?

Un bâtiment de pierre et de bois a été attaqué par les flammes. Désastre ? Catastrophe ? Nécessité de recourir à la charité des plus riches ?

Un bâtiment de pierre et de bois a été attaqué par les flammes, mais, Alléluia ! l'incendie est immédiatement contre-attaqué ! Les braises rougeoient encore, le métal n'a pas eu le temps de se durcir à nouveau que déjà, de l’Élysée, tombe la pluie bienfaisante. Le voilà, le ruissellement annoncé par Jupiter. Les voilà, les millions que l’État a tant de mal à trouver.

Nul besoin d'en appeler à La Vierge et au Christ. Nul besoin de monter si haut. Les demi-dieux de notre Olympe national nous suffisent.

En appeler aux demis dieux est fort logique, d'ailleurs. Ni la Vierge ni le Christ ne se sont jamais occupé de pierre, de verre, et de bois. La seule pierre sur laquelle le Christ a bâti fut le cœur d'un homme. Aucun des saints du Paradis ne pleure la tunique de Saint Louis. Quant à Notre Dame, elle n'habite plus Paris depuis bien longtemps, sinon du côté de Stalingrad. Elle à trop à faire dans les marges. aux temps de moisson, on ne reste pas dans les villes, et il y a en ce moment, au fond de la Méditerranée, tant d'âmes à faire monter au Ciel qu'on excusera sans doute son absence.

Le Christ l'avait d'ailleurs dit: où l'argent est Roi, il n'a pas sa place.

Cet argent Roi manifeste depuis quelques heures toute son effective puissance: Jésus, oint par Jean le Baptiste, multipliait les pains, Arnault, oint par la réforme de l'ISF, multiplie les millions. Oui, multiplie. Tel le Christ, qui avec 5 fait 100, Bernard Arnault, pour chaque million qu'il donnera à la gloire des pierres et du métal, prendra 600 000 euros dans la poche de ses compatriotes. Sa bourse est un analogue de la Parole fécondante du Dieu Unique, toujours agissante, jamais épuisée. Lorsque le Riche donne, c'est le peuple de France qui paiera.

Notre Dame de Paris brûle ? La belle affaire ! L’Église de France brûle et se consume depuis des dizaines d'années sans que cela n'ait ému personne ! Le feu de l'Esprit Saint allumé à la Croix du Christ devait pourtant brûler éternellement de trois feux toujours rayonnants: la foi, l'espérance et la charité.

La foi ? Notre pays ne vante plus qu'une confiance: la confiance en l'argent. La fraternité des droits de l'homme, censée fonder notre société est un vêtement en lambeau.

L'espérance ? Notre pays ne produit qu'une espérance, celle de maintenir son rang. Chacun s'agrippe à la marche où il se trouve pendant que les escaliers d'or et de pierreries de nos maîtres n'ont jamais monté si haut.

La charité ? Je paie trop, tu paies trop, nous payons trop. La seule charité que nous pratiquons encore se fait dans la pleine lumière de l'ostentation, et attend un remboursement significatif de ce qu 'elle a donné.

Alors je voudrais y aller, moi aussi, de ma petite proposition de reconstruction.

Laissez tout comme cela est maintenant, tout, à une chose près: ouvrez grand les portes, et faites rentrer l'Aquarius.

 

 

 

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