mot de passe oublié
onze euros les trois mois

Restez informé tout l'été sur Mediapart !

Profitez de notre offre d'été : 11€ pour 3 mois (soit 2 mois gratuits) + 30 jours de musique offerts ♫

Je m'abonne
Le Club de Mediapart mer. 24 août 2016 24/8/2016 Dernière édition

Réflexions sur le 14 Juillet d'Edwy Plenel et Eva Joly

Eva Joly a certainement un message important à transmettre en tant que candidate d'un courant politique de gauche qui cherche à s'affirmer.
Eva Joly a certainement un message important à transmettre en tant que candidate d'un courant politique de gauche qui cherche à s'affirmer.

Ses propos sur le 14 juillet ne sont pas choquants sur le principe. En revanche sont particulièrement choquantes les réactions de la droite et de la droite extrême. Moins par leur opposition que par les arguments employés qui relèvent peu ou prou de la xénophobie, intraeuropéenne de surcroît.

Il subsiste une question politique (et historique) qui mérite d'être approfondie. Quelle doit être la place des armées dans la fête nationale du 14 Juillet, c'est-à-dire dans la célébration de la République française ? En posant ainsi la question, les évocations aussi sympathiques que poétiques de Brassens et de bien d'autres, comme les comparaisons avec des régimes dictatoriaux, relèvent d'une argumentation essentiellement rhétorique. La République française est bien antérieure à ces régimes ; la poésie libertaire et pacifiste ne s'est pas nécessairement inscrite dans le culte de la République.

En vérité, la question ne s'est réellement posée qu'au moment du Front populaire, un peu avant, quand il s'est agi de réconcilier le drapeau rouge, le drapeau de la commune et des travailleurs, avec le drapeau tricolore, celui des Républicains bourgeois, voire Versaillais - et d'associer La Marseillaise et L'Internationale. Bref d'unir les forces vives du socialisme et du communisme aux forces authentiquement fidèles aux idéaux de la République. Le 14 Juillet s'est vu consacré dans une forme d'unanimisme républicain.

En 1880, le premier 14 Juillet a effectivement été marqué par l'amnistie complète des Communards, toute aussi compliquée à obtenir des deux chambres que l'adoption du jour de la fête nationale. L'une et l'autre relevaient de la volonté des républicains victorieux de la réaction monarchistes de consolider leur victoire en "oubliant" l'insurrection de 1871. - Mais un Jules Vallès ne manque pas de se moquer des "processions républicaines".

E. Plenel estime que la présence militaire pour le premier 14 Juillet était elle a été vaincue et ne le sera plus parce qu'elle aura, comme au temps de la Révolution une armée de citoyens.

Tel est le sens politique du 14 Juillet prétendument militaire. Cette double signification a-t-elle perdu de sa valeur politique ? Le Général De Gaulle qu'E. Plenel célèbre dans cet article a-t-il remis en cause cette conception au lendemain des combats de la Résistance ? C'était au contraire une justification de la conception de l'armée républicaine.

Historiquement et politiquement, le 14 Juillet implique, dans un esprit républicain et non militariste, que les forces armées soient présentes le 14 juillet. Le Président de la République, chef des armées (eh oui !) montre publiquement l'autorité de la République sur le corps militaire en qui il manifeste la confiance des citoyens. Il est le garant de cette confiance réciproque - qui ne doit pas être mise en cause (rappelons nous le putsch des quatre généraux).

Présence exclusive ? Il serait souhaitable que ce soit l'occasion aussi de défilés populaires. Ce qui s'est perdu. Je me souviens avoir accompagné mon père à ces cérémonies qui se terminaient par un défilé du monument aux morts des trois guerres jusqu'à la mairie. Dans ce chef-lieu de canton, il y avait du monde - sur la chaussée comme sur les trottoirs.

Le comble, en un sens, c'est que cette habitude s'est perdue après le retour au pouvoir de De Gaulle, quand il est apparu comme un chef de parti et non plus comme celui de la France libre.

 

(Commentaire paru le 17 juillet 2011 à la suite de l'article d'Edwy Plenel : En défense d'Eva Joly : leur 14-Juillet et le nôtre)

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

Tous les commentaires

En 1880, le premier 14 Juillet a effectivement été marqué par l'amnistie complète des Communards, toute aussi compliquée à obtenir des deux chambres que l'adoption du jour de la fête nationale. L'une et l'autre relevaient de la volonté des républicains victorieux de la réaction monarchistes de consolider leur victoire en "oubliant" l'insurrection de 1871. - Mais un Jules Vallès ne manque pas de se moquer des "processions républicaines".

@ rené lorient

Un grand merci pour cette portion de texte qui m'a permis de descedre du "drakkar" sur lequel j'étais...

En effet j'étais prêt à jurer que le 14 Juillet existait depuis 1789 !!!

Cet été, Mediapart vous accompagne partout !

onze euros les trois mois

À cette occasion, profitez de notre offre d'été : 11€/3 mois (soit 2 mois gratuits) et découvrez notre application mobile.
Je m'abonne

L'auteur

Le blog

suivi par 31 abonnés

Le blog de rené lorient