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Le Club de Mediapart lun. 30 mai 2016 30/5/2016 Édition de la mi-journée

La candidature de Martine Aubry

Enfin ! Le (faux) suspense est terminé. Martine Aubry a déclaré sa candidature aux primaires de la gauche qu’organise le Parti socialiste.

Le suspense existait peut-être tant que D. Strauss-Kahn avait la possibilité de poser sa candidature. Depuis six semaines, il n’existait plus. En fait, ce n’était ni une affaire de suspense ni une affaire d’envie. Les médias ont l’art de rapetisser les affaires de politique et de les réduire à un piètre scénario de théâtre de guignol ou à de la psychologie de bazar.

La grande question était d’abord de mettre au point un projet qui soit le socle d’un programme présidentiel accepté par tous les socialistes. Ce qui a été réalisé dans les meilleures conditions il y a un mois sous la houlette fédératrice de Martine Aubry, laquelle a démontré son efficacité politique – et diplomatique – dans la recherche des compromis pour aboutir à une synthèse politique cohérente, responsable et crédible.

Ensuite, il s’agissait de savoir qui avait politiquement les meilleures chances de rassembler une majorité politique pour l’emporter en mai prochain. Chacun, en fait, avait conscience de ses responsabilités devant la gauche. Ni l’un ni l’autre n'ont jamais prétendu devoir rencontrer le destin qui leur serait réservé depuis l'origine des temps. Ni l'un ni l'autre ne voulait se voir reprocher une ambition personnelle démesurée (en dépit de tous les amis qui les poussaient à plus d’ « audace ») qui, en cas d’échec, l’aurait cloué au pilori de l’histoire politique. Et qui l’aurait rendu responsable d’une probable explosion du PS. Ce qui est un peu plus important que les histoires d’ « envie » – comme s’il s’agissait de satisfaire des désirs de femme enceinte ou des besoins de sexagénaire prostatique.

L’un comme l’autre voulait maîtriser le temps politique. Le calendrier du PS, les exigences du FMI leur permettait d’opposer une fin de non recevoir aux médias toujours à l’affût de l’indice permettant d’affirmer plus tard péremptoirement : « Je l’avais bien dit ». A ce petit jeu finalement frivole, Martine Aubry jouait le rôle de la coincée, DSK celui du taiseux qui profite de son silence pour emporter le morceau à la dernière minute, comme pour une enchère à la bougie.

En réalité, chacun se préparait. Et ils se préparaient ensemble quoique séparément. Les discussions dont la presse a pu faire écho (à Marrakech, qui frappe tant les esprits) étaient des discussions éminemment politiques sur les grands problèmes du monde, de l’Europe, de la crise. S'ils ne se laissaient pas aveugler par leurs schémas aussi simplistes que préétablis, les journalistes auraient pu le savoir. Il suffit d'interroger. Il est très probable que le candidat aurait été DSK si son voyage brutalement interrompu avait permis de trouver avec l’UE une solution satisfaisante. En son absence en tout cas, ce ne fut pas le cas. Il n’était même plus question de rester au FMI avec un travail « passionnant ».

Heureusement, Martine Aubry était prête. Une politique avertie sait que la première responsable d’un parti doit être, toujours et à tout moment, en mesure de relever les défis, tous, y compris les plus improbables, ce qui en l’occurrence n’était pas le cas.

L’annonce officielle de sa candidature ce matin montre sa maîtrise de la situation. Certains, comme moi, ont pu ressentir dans sa voix quelques petits moments de trac. A un jeune débutant qui affirmait ne jamais connaître le trac, Louis Jouvet (si ma mémoire ne me trahit pas) répondit qu’il ferait peut-être mieux de choisir un autre métier. Martine Aubry sait qu’elle doit se montrer comme une grande artiste de la politique dans les mois à venir. En tout cas, on peut être sûr qu’elle donnera le meilleur d’elle-même.

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Tous les commentaires

Monsieur Lorient,

si Martine Aubry est élue, qu'est-ce qui va changer pour qui ?

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