LE MACADAM DES BANQUIERS N'EST PAS CELUI DES PAUVRES

Gris et noirs et lointains quartiers je vous préfère
En ce moment par les soirs printaniers quand l'atmosphère
S'emplit de l'odeur forte et tiède des bombes de couleur
Et j'aime aussi vos raps en plein vent d'où lointains
S'échappent la rage et l'espoir à pleine bouche

Au moment où les graphes les tags les stickers s’affichent,
Oh vous jeunes gens inconnus parmi le chaos des rires et des voix
Perdus au creux du vent libéré dans les platanes noirs
Croisant le grincement rythmé des bus qui passent dans le soir

Vous le sentez et vous le dites

Le Paris des bourgeois est vraiment étouffant.

 

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Je vais noir promeneur évitant les enfants,
Je cours vers la nuit et chemine les banlieues
Je prends une ruelle où pousse le chiendent
Et dont un mur tournant montre les marques du pavé.
Je me plais dans ces lieux où seul le pied résonne

Bien plus fort que la tête des bouffis belliqueux

Où la parole peinte sous des formes diverses

Décore vos rues vides aux odeurs méphitiques
Où je suis sûr enfin de croiser une image inconnue

Que ne voient pas les banquiers et les putes.

 

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Au-dessus des enclos pourtant les lilas sentent bon
Et sur les plâtres anciens sont gravés au surin
Les noms entrelacés de J C - Madeleine
Que ne gênent pas du tout les croquis d’à côté
Tracés rapidement à la bombe effrontée
Le quidam étonné y voit la débauche impubère

Mais c’est un cri anar qu’il croise par hasard

La créativité unique furtive et éphémère

De quelque jeune perdu éperdu dans le soir

 

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Mais quand s'allument enfin les lumières d’artifice
Aux heures crépusculaires je rejoins le boulevard vibrant
Des boutiquiers prennent le frais sur le trottoir
Les filles offrent leurs formes grasses
C’est l’heure déjà des gestes clandestines

Des nocturnes expressions des désirs attendus

De tout ce que les avortons votants

Chassent de leurs têtes prises par des pâles Titans

Ces homunculus qui tant vénèrent les ors et l’argent

Le pouvoir et sa frime le mépris et sa rime…

 

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Les passants courent faire leurs petites courses du soir

Avalés par le macadam…

 

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C’est la nuit libre où ils s’en vont taguer

Vos murailles trop sages vos murailles trop pâles

C’est l’heure des capuches et des casques de moto

Des gestes frénétiques des risques héroïques

C’est l’heure où un petit prince égaré

Pleure en silence sa planète perdue….

 

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