LILLE, 6 HEURE DU MATIN. IL PLEUT.... Le 25 août 2010

Lille, le 25 août, 6 h du matin. Il pleut.

 

Des pauvres gens, beaucoup d’enfants, des CRS, des bulldozers…

Des pauvres gens réfugiés sous le métro aérien, dans le vent et la pluie.

 

On chasse ces « ressortissants d’origine européenne », donc ayant le droit de venir sur le sol français sans pitié.

 

Sous les visières, des flics ayant femmes et enfants.

 

Ils chargent. Les bulldozers écrasent….

 

Ceci par ordre de représentant dela République qui ont oublié les trois mots inscrits au fronton de nos mairies : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE !

 

Le lendemain. 18 h. Lille. Place de la République Extrait du discours de Gérard Minet, secrétaire général de la Ligue des Droits de l'Homme à Lille le 26 aout 2001 en fin d’après-midi.

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« Nous sommes ici parce que nous somme révoltés et parce que nous avons la volonté d’organiser une résistance avec vous et avec d’autres.

Hier avec des camarades du collectif nous étions à Villeneuve d’Asq.

Nous avons rencontrés des familles qui étaient sur un terrain qui avait été détruit la veille.

Ce que nous avons vu était révoltant !

Nous avons vu des parents qui avaient été écrasés par des bulldozers.

Nous avons vu des tricycles d’enfant qui étaient tordus, écrasés.

Nous avons vu de la nourriture qui était répandue, des habits, des petites chaussures…

J’ai notamment le souvenir d’une chaussure d’enfant dépareillée qui était au milieu de ces détritus….

 

Et notre sentiment était un sentiment de honte.

Parce que cela s’est fait au nom de la République au nom de la Préfecture, sur l’ordre du préfet !

ET CELA EST INADMISSIBLE !

Jamais nous n’accepterons !

Vous pouvez mettre des dizaines et des dizaines de CRS en face de nous !

Vous n’empêcherez pas notre protestation contre ces faits révoltants ! »

 

 

Argument de la Préfecture pour déplacer ces pauvres gens à grand renfort de CRS et autres bulldozers... :

« ILS FONT DU CAMPING SAUVAGE

 

Alain Delame de l'équipe régionale chargée des réfugiés d'Amnesty International, Collectif Roms à Lille le 26 aout 2001 en fin d’après-midi:

 

« On a affaire à des citoyens européens.

Ils ont certains droits et il n’est pas certain qu’ils soient respectés dans tous les cas (…)

On sait que ces personnes reviendront puisque de toutes façons on ne peut pas les empêcher de pénétrer sur le territoire français (…)

En s’en prenant à une minorité précise et en la stigmatisant comme ça, le gouvernement ne fait qu’un effet d’annonce et gonfle ses chiffres de reconduite à la frontière…

Et puis il reprendra les mêmes dans trois, dans six mois…

CA FAIT D’EXCELLENTS CHIFFRES POUR LE MINISTERE DE l’INTERIEUR !

Ca ne règle absolument pas la situation sachant que (…) cette minorité rrom est dans son pays d’orine victime de discriminations.

Il ne s’agit pas seulement d’une migration économique pour simplement trouver une vie meilleure…

Il s’agit d’échapper à des PERSECUTIONS RACIALES tout à fait avérées !»

 

Le collectif Solidarité Rom tente dans l’urgence de leur donner à manger et essaye de trouver une salle paroissiale pour qu’ils puissent un peu se reposer… ici à Fort de Mons.

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«Si l’on considère l’ensemble de la population roumaine et bulgare immigrée dans les autres pays de l’UE, seuls 36.000 d’entre eux vivaient en France en 2007, contre 843.000 en Espagne ou 659.000 en Italie». (Ligue des droits de l’homme, collectif Romeurope)

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