*Le bikini de diamants* de Charles Williams

Retour sur ma lecture du roman *Le bikini de diamants* de Charles Williams aux éditions Gallmeister

"Y a rien de mieux pour un garçon qu'une vie saine à la ferme." Aussi Sam décide-t-il de conduire son fils Billy chez son frère, au Texas. Cette parenthèse bucolique va permettre à cet arnaqueur de se faire oublier quelques temps de la justice et des services sociaux et au petit de pouvoir profiter de l'air pur de la campagne. Enfin air pur, c'est vite dit. Quand ils arrivent, une odeur pestilentielle émane de baignoires où pourrissent des peaux de vache. Que peut donc fabriquer l'oncle Sagamore ? Chauve, le nez crochu, le visage enfoui sous une épaisse barbe noire, vêtu d'une salopette crasseuse d'où s'échappe la toison brune de ses poils, le tonton a une allure de bouseux. Mais méfiez-vous de lui ! sous son air simplet, c'est un vrai lascar malicieix. Billy va faire le récit plein de naïveté de son séjour à la ferme. du haut de ses sept ans, il ne comprend rien des combines de son père et de son oncle mais en raconte suffisamment pour que le lecteur devine ce qui se trame. Les magouilles se succèdent joyeusement quand l'harmonie champêtre est ébranlée par l'arrivée inopinée d'une charmante demoiselle venue profiter du calme du lieu mais surtout de son retrait. le roman rappelle la série mythique « Shérif, fais-moi peur » : le « Sud profond », l'alcool de contrebande, les chamailleries avec le shérif, les voitures qui font des bonds sur des pistes défoncées, une bimbo à la langue bien pendue. Tout le charme du livre repose sur la distance entre la candeur du petit Billy et la roublardise de son oncle. Les personnages secondaires sont bien campés. J'avais adoré la mécanique implacable de «Hot Spot». «Le bikini de diamants» est tout aussi génial mais dans un genre différent, celui de l'humour déjanté. J'espère que les éditions Gallmeister vont continuer à éditer de nouveaux romans de Charles Williams.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.