ReOpen911 répond à Noam Chomsky et Jean Bricmont

Malgré ça et quelques courageuses tentatives de journalistes pour ouvrir un débat sur les points troublants entourant le 11-Septembre, la polémique autour de ces attentats reste tabou en France et pour la très grande majorité des médias le traitement du sujet se résume encore et toujours à ridiculiser, stigmatiser, diaboliser les hérétiques qui osent douter de la sacro-sainte thèse officielle.

Habitués à subir les calomnies de leurs détracteurs, on aurait pu croire que les deux intellectuels et amis Noam Chomsky et Jean Bricmont, à défaut de livrer une réflexion critique sur la thèse officielle du 11-Septembre, dénoncent le traitement médiatique particulièrement caricatural dont sont victimes les sceptiques.

Au lieu de cela, nos deux contestataires de l’ordre établi vont adopter le même comportement que nombre de journalistes et nous expliquer à travers toute une série de lieux communs que somme toute, la thèse officielle bien que bancale n’est pas discutable, contribuant ainsi à entraver l’ouverture d’un débat contradictoire sur les nombreuses incohérences de cette dernière.

Nous espérons qu’à travers cette réponse aux « arguments » de Chomsky et Bricmont, une partie de la gauche radicale lèvera enfin le voile qu’elle a pudiquement jeté sur les points troublants de ces attentats qui aujourd’hui encore continuent d’avoir des répercutions sur nos vies.

 

Noam Chomsky et Jean Bricmont en conférence à Bruxelles en mars 2011


 


Introduction


Depuis de nombreuses années, le journaliste Michel Collon est connu et reconnu pour sa dénonciation des médiamensonges. Cependant, lui et son équipe journalistique d'Investig'Action n’ont guère investigué sur les nombreuses incohérences, omissions et mensonges de la thèse officielle sur les attentats du 11-Septembre. Il n'en demeure pas moins que Michel Collon semble avoir des doutes comme en témoigne cet article publié le 11 septembre 2008 sur son site suite à la diffusion sur la RTBF d’une émission particulièrement caricaturale consacrée au 11-Septembre [1] :


« Est-il déontologique de réduire tous ceux qui se posent des questions sur le 11-Septembre à des fous obsédés, antisémites et manipulés par l’extrême droite, comme l’a fait l’émission ? Beaucoup de gens dans le monde, notamment des scientifiques, des journalistes réputés et des gens de gauche, mettent en doute la version officielle de l’administration Bush.
Par exemple, sur l’effondrement du troisième bâtiment, j’ai entendu des avis de physiciens dans un sens et dans l’autre. N’ayant pu consacrer à une question aussi complexe le temps qu’il faudrait pour me faire un avis personnel, je ne me suis jamais prononcé. Je n’ai pas été convaincu par les arguments de ReOpen911 ni ceux de Thierry Meyssan. Mais la version officielle présente de nombreuses incohérences. Ce que j’apprécierais, c’est qu’il y ait un débat sérieux, avec échange des arguments entre partisans des diverses thèses afin que le public puisse se faire une opinion
».


Michel Collon, qui mène de front de nombreux combats, invoque le manque de temps comme obstacle à une étude sérieuse des incohérences de la thèse officielle. Certes, il est vrai que le dossier est volumineux et que la masse impressionnante d’informations peut facilement rebuter le plus motivé des journalistes. Mais heureusement, depuis bientôt une décennie, une poignée de citoyens à travers le monde a entrepris de classifier, synthétiser et analyser la quantité astronomique de données disponibles sur le 11-Septembre. Prendre connaissance de ce travail peut aider à se forger une opinion. On aurait pu espérer qu’en l’absence du débat tant souhaité sur nos chaines de télé [2], Michel Collon décide d'organiser une confrontation entre défenseurs et détracteurs de la thèse officielle sur son site Investig’Action. Au lieu de cela, il préféra publier en avril 2011 les contributions de Noam Chomsky et de Jean Bricmont, deux contributionsqui ont toutes deux la particularité de ne jamais se pencher sur les faits.


Mieux, nos deux intellectuels vont s’évertuer à essayer de nous démontrer que l'étude des points troublants du 11-Septembre est une démarche inutile car :

  • toute nouvelle enquête serait vouée à l’échec,
  • aucune thèse alternative n'est crédible,
  • l’hypothèse du complot interne ne résiste pas au critère de plausibilité.


Et qu’il ne faut pas s’inquiéter s’il reste des points troublants car, comme dit la chanson, c’est normal :

  • Si la thèse officielle comporte des zones d’ombre, c’est parce qu’aucune commission gouvernementale ne dit jamais la vérité, c’est donc normal.
  • S’il reste des points inexpliqués dans certains phénomènes observés, c’est parce que les problèmes techniques sont en fait très compliqués, c’est donc normal.


Vous l’aurez deviné : enquêter sur le 11-Septembre serait donc une perte de temps. Bref, circulez, il n’y a pas lieu de débattre nous dit en substance cet article, véritable apologie (bien qu’involontaire) de la fabrication du consentement.


I.  Une démarche dangereuse car propice à la diversion et démobilisatrice


Mais le plus inquiétant pour Collon, Bricmont et Chomsky (et nombre d’intellectuels de gauche) est que la remise en question de la thèse officielle du 11-Septembre détourne les citoyens des crimes et mensonges avérés commis par les administrations Bush et Obama.

Dans un livre d’entretiens (L’Ivresse de la Force - 2008), Chomsky déclarait : « Pourquoi ce débat autour du 11-Septembre est-il si bien toléré ? [3] [sic] Je soupçonne le pouvoir de le voir d’un bon œil. Il capte énormément d’énergies et détourne [le peuple] des véritables crimes de l’administration, infiniment plus graves ».

Analyse guère différente de la part de Collon : « Bush, suivi par Obama, s’est servi du 11/9 pour attaquer l’Afghanistan et l’Irak. La prétendue "guerre contre le terrorisme" a servi à diaboliser les résistances en Palestine et dans le monde arabe, en Colombie et en Amérique latine ; elle a aussi servi à attaquer les droits démocratiques aux USA et en Europe. Pour les autorités, il est bon que les gens ne débattent pas sur ces manipulations, mais se limitent à discuter sans fin sur l’effondrement des tours de New York ».

Présenter la remise en question de la thèse officielle au seul débat autour d’un aspect technique (certes problématique) est particulièrement réducteur car non, dans leur ensemble, les sceptiques ne se cantonnent pas à « discuter sans fin sur l’effondrement des tours de New York ».

Noam Chomsky est connu et respecté à travers le monde pour la rigueur de ses analyses qu’il agrémente généralement de nombreuses références, mais curieusement, dans le cas présent, aucune étude ne vient corroborer l'affirmation selon laquelle des sujets sérieux seraient délaissés au profit d’un engouement pour les incohérences du récit officiel sur les attentats du 11-Septembre.

Se pourrait-il néanmoins que l’étude du 11-Septembre contribue à distraire les citoyens en focalisant leur attention sur cet évènement singulier laissant ainsi d’autres sujets essentiels dans l’ombre ? Une simple recherche par mots-clés dans la section News de ReOpen911 montre qu’il n’en est rien. Si l'on trouve effectivement un nombre important d'articles consacrés au WTC (78 articles) ou au Pentagone (80 articles), on constate également la présence de nombreux articles sur :


- les droits de l’homme (59 articles)
- la guerre préventive (35 articles)
- l’impérialisme (30 articles)
- l’Irak (95 sujets)
- l’Iran (68 articles)
- le Pakistan (74 articles)
- le Patriot Act (26 articles)
- le terrorisme et la guerre au terrorisme (294 articles)
- la torture (51 articles)
(…)

 

On trouve même des textes de Michel Collon dans la rubrique ReOpenNews (ici, ou par exemple). Curieux choix rédactionnel venant de gens qui se limiteraient « à discuter sans fin sur l’effondrement des tours de New York », non

Au lieu de détourner les citoyens des vrais problèmes, le 11-Septembre apparaît au contraire comme une "opportunité" de les amener à prendre conscience de l’envers du décor de nos démocraties, et à se pencher sur des dossiers qui naguère ne les auraient peut-être pas intéressés (impérialisme, propagande, terrorisme d’Etat, instrumentalisation de la peur, poids du lobby pétrolier et du lobby militaro-industriel, rôles des experts et des journalistes, etc.)

Dans son livre le Nouveau Pearl Harbor, David Ray Griffin, figure centrale aux États-Unis du "mouvement international pour la vérité sur le 11-Septembre", estime que : « la révélation d’une conspiration pourrait, plutôt que de détourner l’attention des problèmes structuraux d’une société, attirer l’attention vers eux. Par exemple, s’il devenait évident que nos dirigeants politiques nationaux ont causé ou au moins ont permis les attaques du 11/9 et qu’ils l’ont fait en partie parce qu’ils avaient incarné profondément des valeurs partout présentes dans notre société, nous pourrions décider qu’il serait temps d’opérer une vaste réorientation de notre société ».


II.  De l’inutilité des commissions d’enquête


Le rapport officiel sur les attentats du 11-Septembre, rédigé par une Commission d’enquête sous-budgétée et ne disposant pas d’assez de temps pour mener à bien sa mission [4], réussit l’exploit de susciter les critiques tant des familles de victimes que de plusieurs de ses contributeurs [5].

Lors d’un débat à l'université libre de Bruxelles (retransmis dans l’émission « Là-bas si j’y suis », parties 10 et 11), Chomsky ne se disait guère étonné d’un tel résultat et affirmait qu’une nouvelle enquête aboutirait forcément au même résultat :

« Si vous me demandez si je suis satisfait des conclusions de l'enquête nationale sur le 11-Septembre, je vous répondrai non. Mais tout simplement parce que ce sont les conclusions d'une commission gouvernementale. Prenez n'importe quelle commission gouvernementale sur n'importe quel sujet, elle ne dira tout simplement jamais la vérité. Une des principales revendications des militants du 11-Septembre, c'est qu'on ouvre une enquête indépendante. Mais par qui une enquête indépendante pourrait-elle être menée ? Par le gouvernement ? Non, bien sûr, parce qu'il va encore blanchir bien entendu. Alors par qui d'autres ? Par les martiens ? Qui peut faire une vraie enquête indépendante ? ».

En effet, être juge et parti est rarement un gage d'impartialité aussi est-il illusoire d'attendre d'un gouvernement qu'il soit objectif lorsqu'il enquête sur lui-même. Il est cependant étonnant de constater que Chomsky semble oublier l'existence du Congrès des Etats-Unis dont les deux chambres, le Sénat et la Chambre des représentants, ont par le passé fait preuve de courage et de pugnacité dans plusieurs de leurs commissions d'enquêtes. Chomsky avait d'ailleurs soutenu en 1989 que « beaucoup fut révélé lors des audiences de la Commission Church au Sénat en 1975, et d'autres parties ont été découvertes par de bonnes enquêtes journalistiques » (Comprendre le pouvoir, tome 1, page 26).

En effet, la Commission Church avait mis à jour l’Opération Mongoose qui consistait en un vaste plan d’actions secrètes menées sur le sol cubain par la CIA dans le but d’entraîner un soulèvement populaire contre Castro. Cette opération qui débuta le 30 novembre 1961 et qui reçut l’aval du président Kennedy allait de la propagande « subversive » au sabotage de l’économie du pays (destruction d’usines, contamination d’aliments, destruction des récoltes sucrières cubaines, minages des ports…) [6].
Le rapport de la Commission Church révéla également l'existence de l'Opération Mockingbird [7], une opération secrète de la CIA destinée à influencer les médias aux Etats-Unis et à l'étranger : « La CIA dispose actuellement d’un réseau de plusieurs centaines d'individus étrangers à travers le monde qui fournissent du renseignement pour la CIA et essayent de temps en temps d'influencer l’opinion publique par le biais d’opérations de propagande clandestine. Ces individus permettent à la CIA d’avoir un accès direct à un grand nombre de journaux et de périodiques, à de nombreux services et agences de presse, à des stations de radio et des chaînes de télévision, à des maisons d’édition et à d'autres canaux médiatiques étrangers ».
Autre révélation, et non des moindres, de la Commission Church : l’Opération MK Ultra, un projet de la CIA des années 1950 à 1970 qui visait à manipuler mentalement des individus par l'injection de substances psychotropes [8].

 

Quant à savoir comment garantir l'indépendance des Commissions d'enquête, c'est effectivement une question cruciale pour nos démocraties. Mais quel dommage de voir notre célèbre contestataire se résigner à l'idée qu'une commission d'enquête ne puisse être véritablement indépendante, alors qu’il aurait pu voir à travers l'exemple hautement médiatisé et caricatural de la Commission sur le 11-Septembre, l’occasion de remettre en question le principe même des commissions, de faire prendre conscience aux citoyens du rôle de fossoyeurs de vérités qu'elles endossent trop souvent et provoquer ainsi une salutaire réflexion citoyenne afin de remédier à cette défaillance de nos démocraties. Un panel de citoyens tirés au sort ne pourrait-il pas faire office de contre-pouvoir et combler les « oublis » des membres des commissions ? Dans le cas de commissions portant sur des actes terroristes, la présence de proches de victimes ne serait-elle pas une garantie d’un meilleur traitement des éléments du dossier [9] ? Le pouvoir judiciaire ne serait-il pas plus apte qu’une commission gouvernementale pour juger des défaillances d’un Etat et déterminer les responsabilités des gouvernants ? Autant de questions qui mériteraient débat.


Et puisque M. Chomsky s’interroge sur la possibilité d’une enquête véritablement indépendante, ignore-t-il que son grand ami Mike Gravel, ancien sénateur démocrate de l'Etat de l’Alaska et fervent promoteur de la cause de la démocratie directe, avait lancé en 2011 la "Campagne pour une Commission Citoyenne sur le 11/9" qui explorait alors la possibilité d'organiser dans différents Etats, pour les élections présidentielles US de 2012, des référendums d'initiative populaire pour une nouvelle enquête indépendante sur le 11-Septembre ? [10]
 


Affiche de la conférence de presse
donnée par Mike Gravel à Paris
pour promouvoir son projet de Commission d'enquête citoyenne sur le 11/9.
Organisée par ReOpen911, elle a eu lieu
le 8 novembre 2011 [11]

 

Au cours de ce même débat à l'université libre de Bruxelles, Chomsky déclarait :

« Pour ce qui est des faits avancés par les militants d'une réouverture d'une enquête sur le 11-Septembre, ce qu'ils disent avoir trouvé, ce sont principalement des faits étranges, des coïncidences troublantes, des choses incompréhensibles. Et sans remettre en doute tous ces détails, dont certains sont probablement corrects, pourquoi ne reconnait-on pas tout simplement que c'est un fait historique ? Prenez n'importe quel évènement historique, il sera tellement compliqué et embrouillé que vous y trouverez nécessairement toutes sortes de phénomènes inexpliqués, d'étranges coïncidences, ou des détails laissés dans l'ombre ».

Effectivement, la complexité des évènements historiques rend illusoire la connaissance parfaite de ces derniers, et les immanquables zones d’ombres ou détails ne paraissant pas cadrer avec le reste des éléments peuvent être autant de fausses pistes pour les historiens ou simples citoyens. Mais de ce constat avéré, en profiter pour rejeter a priori, comme le fait Chomsky, tout examen minutieux des points troublants d’un évènement historique est une position qui risque de surprendre bien des historiens. Ne serait-il pas plus judicieux pour Chomsky de réclamer, comme l’a fait le militant des droits de l'homme et des droits des gays Peter Tatchell, une « nouvelle commission qui soit réellement indépendante, capable de démêler les faits de ce qui relève du hasard ou de la coïncidence, de façon à donner des réponses aux anomalies non élucidées concernant les attaques menées contre le World Trade Center et le Pentagone » ?

En réaction à un tel éloge du renoncement, j'avais laissé ce message sur le répondeur de l'émission "Là-bas si j’y suis" de Daniel Mermet :

« Interrogé sur le 11-Septembre, Chomsky reconnait que parmi les faits étranges, les coïncidences troublantes, les choses incompréhensibles rapportés par les sceptiques, certains de ces "détails" sont probablement corrects. Mais comme tout fait historique comporte des zones d’ombres, il ne sert à rien de passer du temps à enquêter sur les coïncidences et autres faits étranges du 11-Septembre. Avec un tel raisonnement, il n’aurait servi à rien aux familles de victimes de l’attentat de Karachi de mettre en avant les incohérences de la thèse officielle, puisque des incohérences, il y a en toujours dans des évènements aussi complexes… Rappelons qu’aujourd’hui le juge Trévidic rejette la thèse Al-Qaida et étudie à présent la thèse d’un règlement de compte franco-pakistanais suite à l’arrêt des versements de rétro-commission.

Autre exemple qui montre les limites du raisonnement de Chomsky : puisqu’il y a toujours des faits étranges et des coïncidences troublantes, alors on aurait très bien pu se contenter de la première version officielle de l’attentat meurtrier de Bologne de 1980 qui fut immédiatement attribué aux Brigades Rouges. Une fois encore, c’est grâce à l'action sans répit des familles de victimes qu’une nouvelle enquête a pu avoir lieu et, bien que le procès ne se déroula pas sur Mars, les juges ont tout de même réussi à identifier une partie des véritables auteurs de cet attentat : les juges condamnèrent des membres d'un groupe d'extrême droite, le grand-maître de la loge maçonnique P2 ainsi que deux officiers des services secrets militaires italiens. Bref, les conclusions des juges allèrent à l’opposé de la thèse gouvernementale livrée au lendemain de l’attentat. (…)

Alors prétendre que tout évènement historique est tellement compliqué, embrouillé, qu’il y aura nécessairement toutes sortes de phénomènes inexpliqués, d'étranges coïncidences et des détails laissés dans l'ombre, me semble plutôt être une excuse pour mettre de côté les points troublants entourant les attentats du 11-Septembre. Et si les familles de victimes des attentats de Karachi et de la gare de Bologne avaient adopté ce type de raisonnement, on en serait encore à pointer du doigt Al-Qaida pour l’attentat de Karachi et les brigades rouges pour l’attentat de Bologne ».


Ce petit rappel historique ne fut pas diffusé à l’antenne de l’émission de "Là-bas si j’y suis". L’équipe de Daniel Mermet avait pourtant les moyens d’en juger la pertinence vu que pas moins de trois émissions sur le Karachigate et sept sur la stratégie de la terreur en Italie furent diffusées dans "Là-bas si j’y suis".  

 


III.  Absence d’hypothèse alternative crédible
 

Dans sa courte intervention parue sur le site de Michel Collon, Chomsky reproche au « Mouvement international pour la Vérité sur le 11-Septembre » de n’avoir à sa connaissance « avancé aucune hypothèse crédible pour rendre compte de ce qui s’est passé le 11 septembre »

Imaginons un instant qu’un suspect soit emprisonné pour meurtre et que la défense démontre que l’accusation est bancale (preuves falsifiées, témoignages contradictoires, incohérences dans le scénario de l’accusation, etc.), faudrait-il rejeter ces éléments au motif que la défense est dans l’incapacité de désigner un autre coupable ? Le simple fait que les différents rapports officiels publiés sur les attentats du 11-Septembre comportent erreurs, mensonges, omissions, contradictions et incohérences ne légitime-t-il pas en soi toute demande pour une nouvelle enquête, sans être tenu d'avancer au préalable une quelconque hypothèse alternative crédible ? [12]

Selon nos deux intellectuels, nul besoin d'analyser les faits parce que les thèses alternatives ne seraient pas crédibles a priori. « Tout le problème des conspirations est celui de leur plausibilité a priori »affirmeBricmont en avançant deux arguments pour soutenir une telle position.

Avant de rendre compte et de discuter de la pertinence des arguments avancés, il convient de préciser que la contestation de la thèse officielle ne se résume pas au soutien d'un éventuel complot interne. Nombreux sont ceux dans le "Mouvement international pour la Vérité sur le 11-Septembre" qui rejettent la version officielle des attentats, jugée être en contradiction avec les faits, sans pour autant soutenir un quelconque scénario alternatif, faute de preuves incontestables en faveur de telle ou telle thèse. Il s'agit de la position de ReOpen911. Nombreux sont ceux encore qui soutiennent la thèse du laisser-faire délibéré (en anglais LIHOP « Let It Happen On Purpose »). Celle-ci suppose une connaissance préalable de ces projets d'attentats par le gouvernement américain, lequel décide de les laisser se produire à des fins géostratégiques [13]

 

Une thèse notamment défendue par Robert David Steele, ancien officier des opérations clandestines au sein de la CIA : « Je suis forcé d'admettre, qu'au minimum, on a laissé se produire le 11-Septembre afin de servir de prétexte de guerre » affirme-t-il. Signalons que Robert David Steele n'est pas le seul issu des milieux du contre-terrorisme et du renseignement à remettre en cause le rapport officiel sur le 11-Septembre comme en témoigne cet article recensant les déclarations publiques de 41 citoyens américains, tous anciens agents du contre-terrorisme et des renseignements.

Bricmont évoque brièvement cette thèse du laisser-faire délibéré qu’il qualifie de « version faible des conspirations » et à laquelle il oppose le critère de plausibilité (en l’occurrence l’absence de fuites rendant cette thèse peu crédible à ses yeux) ainsi que la quasi-impossibilité de déterminer si la faillite des services de renseignements américains est due à de l’incompétence ou à une réelle volonté de laisser advenir ces attaques : «il est difficile de prouver quoi que ce soit lorsqu’il s’agit des intentions des êtres humains » affirme t-il.

Cette "excuse de l’incompétence" avancée si souvent par les défenseurs de la thèse officielle s’avère pourtant bien fragile pour peu qu’on ait pris connaissance des dernières recherches effectuées à ce sujet :

Peut-être que ces articles aideront M. Bricmont à constater qu'il est parfois possible de se faire un avis sur certaines « intentions des êtres humains ».


Un autre scénario ignoré par Chomsky et par Bricmont est celui de l'éventuelle instrumentalisation des terroristes, un scénario tout à fait "plausible" quand on connait la propension des services de renseignement à infiltrer les groupes terroristes, voire parfois à les manipuler. Le 20 juillet 2007, le Figaro publiait un article aux révélations stupéfiantes : « En mai dernier, en pleine crise avec les dirigeants de la mosquée, le président Musharraf avait accepté de libérer un ex-responsable de l’ISI [NdT : ISI pour "Inter-Services Intelligence", services de renseignements militaires pakistanais], Khalid Khawaja emprisonné depuis plusieurs semaines. Il était accusé d’avoir introduit dans les bâtiments de la mosquée des responsables d’al-Qaida et des armes ! Ce membre de l’ISI est celui qui servait d’instructeur pour les explosifs dans les camps d’al-Qaida, notamment à Shakar Dara. C’est lui qui avait manipulé Richard Reid, cet Anglais qui avait essayé de faire exploser l’avion du vol Paris-Miami [d’American Airlines] le 22 décembre 2001 à l’aide d’explosifs cachés dans ses chaussures ».

On apprend donc que, trois mois après le 11-Septembre, un membre d’Al-Qaida avait été manipulé par un agent des services secrets pakistanais dans le but de faire exploser un avion de ligne en vol ... et pas un seul grand média pour se demander s'il aurait pu en être de même le 11-Septembre ! [14] 

 

IV.  Le critère de plausibilité


a. Critère de plausibilité appliqué aux pirates saoudiens :

Dans l’article publié sur le site de Michel Collon, Chomsky termine sa contribution en pointant ce qui lui semble être une "contradiction majeure" dans le discours « conspirationniste », à savoir que si les Etats-Unis avaient pour projet d'envahir l'Irak et non l'Arabie saoudite, ils auraient dû alors logiquement s’arranger pour faire porter le chapeau directement à l’Irak. Une "contradiction majeure" sur laquelle Bricmont rebondit : «Cette dernière remarque [de Chomsky] soulève le problème de la plausibilité des scénarios conspirationnistes. Si tout a été manigancé de l'intérieur (an « inside job »), pas d'avion dans le Pentagone, démolition contrôlée des tours etc., alors pourquoi diable avoir inventé des pirates de nationalité saoudienne plutôt qu'irakienne ou afghane ? ». Reprenant cet argument lors de son débat à l'université libre de Bruxelles, Chomsky concluait ainsi : « Il y a donc deux possibilités : ou bien les États-Unis sont des pieds-nickelés et dans ce cas la discussion peut très bien s'arrêter là, ou bien ils n'ont rien fait. Si quelqu'un voit une troisième option possible, je serais curieux de l'entendre ».

J’avais proposé une troisième "possibilité" sur le répondeur des auditeurs de l’émission de Daniel Mermet :

« Les Américains avaient sous la main ben Laden et son organisation Al-Qaida qu'ils connaissent bien [15] et savaient que des apprentis terroristes s’y trouvaient et que nombre d’entres eux rêvaient de frapper le "grand Satan" en son cœur. Par contre, en Irak, il n'existait aucune organisation de type Al-Qaida. Les américains ne pouvaient donc compter sur d’éventuels terroristes irakiens vu que ces derniers n’existaient pas. Les américains n’avaient donc d’autre choix, s’ils souhaitaient que ces attentats aient lieu, que de laisser agir, voir d’aider des terroristes d’Al-Qaida. Dans le cas du 11-Septembre, le choc traumatique vécu par les Américains a été si violent que les identités des terroristes n’avaient plus aucune importance : il suffisait qu’un ennemi soit désigné, que l’on créé ensuite des liens artificiels entre cet ennemi et le pays à envahir, et laisser le désir de vengeance ressenti par les américains [16] faire le reste. Pour preuve de l’efficacité de la désinformation, la veille du jour où le Sénat a voté la guerre en Irak, un sondage a montré que 77% des Américains croyaient que Saddam Hussein était à l'origine des attentats du 11-Septembre. Il est surprenant de voir ici Chomsky oublier à quel point la propagande peut être d’une redoutable efficacité ».
 

     


L’équipe de "Là-bas si j’y suis" ne diffusa pas non plus ce message jugeant probablement celui-ci impropre à étancher la soif de curiosité de Chomsky [17].


b. Critère de plausibilité appliqué à l’absence de fuites :

« On est dans un monde où tout se sait, où la notion de secret d'Etat n'existe plus » (Nicolas Sarkozy – conférence du 19 juin 2009 – au sujet de l’attentat de Karachi)

Un autre argument avancé par Bricmont pour rejeter l'hypothèse du complot intérieur est celui de l'absence de fuites :

« si tout a été fabriqué, cette conspiration implique-t-elle un grand nombre de personnes (la Maison Blanche, le FBI, le Pentagone, la plupart des experts ayant étudié les attentats etc.) ou un petit nombre (quelques individus félons mais haut placés) ? Dans le premier cas, comment se fait-il qu’il n’y a eu aucune fuite depuis lors, dans un pays où il y a eu les papiers du Pentagone, le Watergate, l’Iran-Contragate, Philip Agee1, Wikileaks et les mémos de Downing Street [18] ? Aucune confession, même sur un lit de mort ? De plus, il faut une certaine bonne volonté pour imaginer que, dans un pays où il y a tant de fuites, un dirigeant quelconque serait assez fou pour mettre sur pied une gigantesque conspiration en espérant garder le tout secret. Dans le deuxième cas (une conspiration due à un petit nombre d’individus félons), on doit supposer une incompétence inouïe du reste de l’appareil d’Etat ».


Etonnamment, Bricmont ne semble pas réaliser que l'argument d'une "incompétence inouïe" invaliderait en premier lieu la thèse officielle qui repose sur le postulat d’une ... "incompétence inouïe" de l’appareil d’Etat : (soi-disant) échec à repérer les terroristes sur son sol, (soi-disant) échec des agences de renseignements à communiquer entre elles, échec de la FAA à prévenir les détournements d’avions, échec du NORAD à intercepter les vols détournés

Bricmont mentionne comme exemple de fuite l'affaire des papiers du Pentagone [19]. Ces documents révélèrent, entre autres, que le gouvernement américain avait délibérément étendu et intensifié la guerre du Viêtnam en menant des bombardements secrets sur le Laos, des raids le long du littoral vietnamien, et en engageant les marines dans des actions offensives, avant leur engagement officiel, et ce alors que le président Lyndon Johnson avait promis de ne pas s'impliquer davantage dans le conflit. La majorité de ces 7000 pages de textes et d'analyses couvrant la période 1945-1967 fut clandestinement communiquée à la rédaction du New York Times au début de l'année 1971 par Daniel Ellsberg, un brillant analyste de la RAND Corporation employé comme consultant par le Pentagone, avec l'aide notamment de son ami Noam Chomsky.L'ancien sénateur démocrate Mike Gravel contribua également à la divulgation de ces documents lorsque, dans la nuit du 29 juin 1971 au cours d’une sous-commission qu’il présidait, il lut des pages des papiers du Pentagone en présence de journalistes, et fit enregistrer à cette occasion plus de 4000 de ces pages au Journal Officiel du Congrès [20]. 
 

 

       
                                         Howard Zinn (à gauche), Daniel Ellsberg (au milieu), 
                                        et Noam Chomsky (à droite),
                                              durant un acte de désobéissance civile en 1971

 
Tout comme Bricmont, Chomsky ne juge pas crédible l'idée qu'un gouvernement puisse orchestrer des attentats de grande ampleur sur son propre sol car, pense-t-il, la probabilité que des fuites révèlent le pot-au-rose serait bien trop élevée [21].

 

Un avis que ne partagent pas Daniel Ellsberg et Mike Gravel qui ont participé avec Chomsky à la divulgation des fameux papiers du Pentagone ! 



       
Daniel Ellsberg
                          Mike Gravel

 

Dans son livre Secrets: A Memoir of Vietnam and the Pentagon Papers, Daniel Ellsberg écrit:

« C’est un lieu commun de dire que "vous ne pouvez pas garder un secret à Washington" ou "dans une démocratie", peu importe le degré de sensibilité du secret, vous êtes susceptibles de le voir [publié] le lendemain dans le New York Times. Ces banalités sont parfaitement fausses. Ce sont des histoires qui servent de couverture, de moyens de flatter ou de tromper les journalistes et leurs lecteurs, et cela fait partie intégrante du processus qui permet de garder les secrets bien au chaud »

Mais peut-être que Chomsky n’a pas lu le livre de son ami… Ou peut-être pense t-il que ce dernier exclut le cas du 11-Septembre tant le niveau de secret aurait dû être élevé ?

La réponse se trouve dans une interview que Daniel Ellsberga accordée à GCN Radio le 14 juillet 2006. Il y déclara la chose suivante au sujet des autorités américaines : « De très sérieuses questions ont été soulevées sur leur degré de connaissance avant [les attentats] et sur leur possible implication »[22].
 
Quant à l'ex-sénateur Mike Gravel, ami proche de Noam Chomsky, il affirma fin 2010 que tout indique que le 11-Septembre relève d'un complot interne. Dans une interview au Daily Caller, il déclara :

« Des individus à l’intérieur et à l’extérieur du gouvernement ont certainement collaboré à cet acte odieux avec les exécutants bien connus. Le récit présenté par le gouvernement prête fortement à caution. Évidemment, un événement qui a déclenché trois guerres, en Afghanistan, en Irak et la guerre permanente contre la Terreur, devrait faire l’objet d’une investigation fouillée, ce qui n’a pas été le cas et qui a même été soigneusement évité par le gouvernement ».

Mais apparemment Chomsky ignore ou feint d’ignorer les positions de ses deux compagnons de lutte et préfère réduire la remise en question de la thèse officielle à « une industrie assez fanatique » semblable à « une sorte de fanatisme religieux ».

Penchons nous à présent sur ces fuites qui selon Bricmont et Chomsky ne manqueraient pas de se produire dans l’hypothèse où tout aurait été « manigancé de l’intérieur » [23]. Bricmont prétend qu' « il faut une certaine bonne volonté pour imaginer que, dans un pays où il y a tant de fuites, un dirigeant quelconque serait assez fou pour mettre sur pied une gigantesque conspiration en espérant garder le tout secret ».

L’argument qui consiste à prétendre que tout se sait n’a aucun poids puisque l’on est dans l’incapacité de déterminer combien de conspirations restent inconnues faute de fuite révélant leur existence. Bricmont saurait-il nous dire combien de complots restent dans l’ombre pour un complot révélé au grand jour ? Comment pourrait-on répondre à cette question ?
 


Que nous enseigne l’histoire ? De vastes conspirations peuvent-elles avoir lieu dans « un pays où il y a tant de fuites » ?

 

La réponse nous est donnée par … Noam Chomsky. Il nous rappelle dans son livre Comprendre le pouvoir (tome 1, page 25) que le renversement en 1954 du gouvernement démocratique du Guatemala par la CIA [24] était une opération clandestine (opération PBSUCCESS), et que le secret fut gardé pendant 20 ans. Une telle opération devait pourtant impliquer des centaines de personnes… Autre exemple donné par Chomsky dans une note de bas de page de Comprendre le pouvoir : l’Opération Mongoose de la CIA pour renverser Castro disposait d’un budget de 50 millions de dollars par an, employait environ 2 000 cubains, 400 américains, et resta malgré tout secrète pendant 14 années, de 1961 à 1975. Preuve s’il le fallait que des conspirations peuvent rester inconnues durant des décennies, et ce malgré des centaines, voire des milliers de participants.
Celles et ceux qui ne seraient pas convaincus par ces deux exemples (livrés par Chomsky) sont invités à lire cet excellent article fournissant de nombreux autres exemples historiques.

 

On pourrait objecter que dans le cas du 11-Septembre, la conspiration visait à frapper sa propre population et qu’il est impensable que des dirigeants américains puissent sacrifier ainsi leurs compatriotes [25].

 

  • Quand la Maison Blanche ordonna à l’Agence de Protection de l'Environnement (EPA) de mentir au sujet de la toxicité de l’air à "Ground Zero" au lendemain du 11-Septembre (un mensonge qui fera vraisemblablement encore plus de morts que le 11-Septembre lui-même), s’est-elle souciée du sort des sauveteurs, pompiers, déblayeurs ?
  • Quand le Pentagone menait dans les années 40 des expériences chimiques (gaz moutarde et gaz urticant) sur 60 000 de ses militaires, se souciait-il de leur santé ?
  • Quand l’armée américaine exposait ses soldats aux radiations d’explosions atomiques, se souciait-elle de leur avenir ? (la même question se pose pour l’armée française)
  • Quand, entre les années 50 et 70, des médecins américains réalisaient des expérimentations médicales sur des prisonniers, des Noirs et des malades mentaux (sans les en informer), étaient-ils soucieux de leur santé ?
  • Quand l’administration Bush décida d'envoyer ses soldats en Irak sur de faux prétextes, s’inquiétait-t-elle de savoir que nombre d'entre eux ne reviendraient certainement pas ?
  • Quand cette même administration décida de sabrer les budgets de santé pour pouvoir augmenter celui de la Défense, était-elle soucieuse du sort des citoyens qui ne pourraient alors plus se soigner ?"

 

Comment minimiser le risque de fuites ?


Partons de l’hypothèse d’un complot interne [26] de grande ampleur (par exemple avec emploi de drones ou utilisation d’explosifs pour faire tomber les tours), et demandons-nous comment les instigateurs ont pu s’y prendre pour minimiser le risque de fuites.

 

  • La première précaution élémentaire consiste à ne faire appel qu’à des personnes ayant fait preuve de leur loyauté, de leur discrétion, de leur efficacité, ou encore de leur absence totale de sens moral.
  • La segmentation des directives selon le critère de la « connaissance suffisante » consiste à veiller à ce que les différents exécutants n'aient aucune connaissance du projet d'ensemble mais uniquement de la tâche qu'ils doivent accomplir. « En cas de complot, seule une poignée de personnes sait ce qui se passe. Les autres exécutent ce qu’on leur a ordonné de faire. Sans savoir qu’ils participent à une action plus vaste », nous explique Daniele Ganser, professeur d’histoire à l’Université de Bâle et auteur du livre Les Armées secrètes de l’Otan (un livre qui reçut d’ailleurs les éloges de Chomsky [27]).
  • Le risque de fuite peut également être contenu en recourant à des exécutants convaincus que le sacrifice d’innocents est le prix à payer pour éradiquer l'ennemi et sauver le pays. Quoi de plus patriotique que d'aider à « reconstruire les défenses de l'Amérique » [28] ?

Plus difficile pour les comploteurs (que l’on postulera ici être un groupe d'individus au sommet de l'Etat américain) est de préparer une telle conspiration sans se faire repérer par leurs collègues. Pour tester le critère de plausibilité, nous allons prendre l’une des hypothèses les plus extrêmes qui soit : celle défendue par Thierry Meyssan [29], à savoir que ce ne serait pas un avion qui aurait percuté le Pentagone mais un missile. Comment diable parvenir à mettre en place toute la logistique nécessaire à un tir de missile sans éveiller la suspicion de ses collègues ?

Une façon simple et efficace est de le faire ouvertement sous couvert d’exercices anti-terroriste. L’avantage d’un tel stratagème est évident : le risque d’être démasqué par un service de renseignement américain ou par des collaborateurs non impliqués dans le projet est fortement amoindri, la plupart des participants à l’exercice de simulation d’une attaque terroriste pouvant même ignorer la véritable finalité de l'opération ! Une fois l’exercice mis au point, il servira de base à l’exécution d’une attaque bien réelle (avec quelques modifications de paramètres). Les membres du renseignement et les journalistes ne remarqueront alors qu’une « incroyable coïncidence » [30]

Avons-nous connaissance d'exercices de simulation qui auraient pu être détournés de leur objectif officiel afin de servir de préparation à une attaque contre le Pentagone ?

L’exercice de simulation du crash d'un jet privé sur le siège de la NRO le 11 septembre 2001 (détaillé dans la note de bas de page n°30) peut être une piste, tout comme l’exercice de simulation anti-terroriste de juin 2001 dénommé Amalgam Virgo 01 qui consistait à déjouer le tir d’un missile de croisière lancé depuis le sol d’un Etat voyou ou à partir d’une embarcation (péniche par exemple) de la côte Est.
 


Couverture du rapport Amalgam Virgo 01


Le but n’est bien sûr pas de défendre ici la thèse du missile qui, rappelons-le, ne parvient pas à rendre compte de l'ensemble des observations, mais de montrer que le recours au seul critère de plausibilité pour évaluer la crédibilité de telle ou telle thèse alternative peut induire en erreur lorsqu'on ne dispose pas de certaines informations pertinentes. Par exemple, les défenseurs de la version officielle prétendent que la thèse du complot intérieur est à écarter parce que inimaginable et demandant des moyens bien trop considérables (disparition du vol AA77, mise en place des débris, etc.). Les remarques portant sur le mode opératoire d'un éventuel complot interne sont bien sûr légitimes et méritent examen [31]. Cependant affirmer qu'on doit écarter la thèse du complot intérieur sous prétexte qu'un tel scénario serait inimaginable témoigne avant tout d'une grande méconnaissance de l'Histoire. En effet, dans un passé pas si lointain, des scénarios de complots "inimaginables" ont été le plus sérieusement du monde envisagés par le haut commandement militaire américain et … proposés à l’exécutif américain (qui fort heureusement s’y opposa).

 

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