La couleur jaune de Jacques et Houria- Les pinceaux de la pensée.

Le "Noir", "l'Arabe", et "la classe moyenne blanche". L'inanité de la pensée post-moderniste.

Dans son Editorial du N°1133, du Magasine Marianne, Jacques Julliard commente avec un propos péremptoire, et confus, cette lutte en jaune qu’il nomme ‘jacquerie rurale et péri-urbaine qui vient d’embraser la France'. Au bout de deux manifestations son analyse de classe et de la situation est faite. Pour lui, il y a déjà des vainqueurs- ‘Christophe Guilluy par exemple et des grands absents : ‘Les Noirs et les Arabes au profit d’une France tricolore, identitaire, discrètement xénophobe’.

Voilà donc comment le refoulé d’une certaine classe dominante fait retour. En effet, pour Jacques Julliard la lutte de classe est une théorie claire qui se divise en deux catégories : ‘les bougnoules des cités françaises et les français sous-beaufs, racistes mais ‘discrètement xénophobes’. Le racialisme que dénonce ce journal, revient faire un tour par la porte comme un trouble obsédant et compulsif. Tout l’article manque de rigueur et de profondeur. Alors , on fait appel à des catégories digne du PIR et de sa rhétorique arrogante , idiote, et fallacieuse que voici : « Dans mon livre, je m'adressais déjà aux gilets jaunes (mais pas qu'à eux). Il grignote vos acquis sociaux ou pour le dire d’une manière plus juste, vos privilèges. Jusque-là, pour sauver la social-démocratie, c’est-à-dire vos intérêts de classe moyenne blanche, vous vous êtes servis de nous. Vous nous avez sommés de voter utile. Nous avons obéi. De voter socialiste. Nous avons obéi. Puis de défendre les valeurs républicaines. Nous avons obéi. (...)"Cf page FB de HB.

Voilà donc deux visions, deux analyses fines ! Des penseurs agités autour de signifiants raciaux qui vont caractériser les luttes sociales. Les Noirs les les arabes’ - Nous- et ‘la classe moyenne blanche’.La prétention d’un savoir supposé, l’indigénisme pathologique qui ne fait que satisfaire une névrose de classe et une victimisation sur-jouée à la vinaigrette identitaire. Et un registre CFDT -bourgeois méchant-homme, qui sursaute à l’agitation agaçante de la couleur jaune, puis , qui accuse un manque d'Arabes et de noirs, ( les chinois n'existent pas ?) et un trop plein de français tricolores sous éduqués aux dents jaunes.  Alors, juste un rappel pour arrêter l'affolement de la bêtise : 

La classe  moyenne incolore est  en voie de paupérisation, elle trouve son origine dans les conditions de travail auxquelles sont soumis les prolétaires. Citons Marx à ce propos :

"Or, le développement de l'industrie, non seulement accroît le nombre des prolétaires, mais les concentre en masses plus considérables; la force des prolétaires augmente et ils en prennent mieux conscience. Les intérêts, les conditions d'existence au sein du prolétariat, s'égalisent de plus en plus, à mesure que la machine efface toute différence dans le travail et réduit presque partout le salaire à un niveau également bas. Par suite de la concurrence croissante des bourgeois entre eux et des crises commerciales qui en résultent, les salaires deviennent de plus en plus instables; le perfectionnement constant et toujours plus rapide de la machine rend la condition de l'ouvrier de plus en plus précaire; les collisions individuelles entre l'ouvrier et le bourgeois prennent de plus en plus le caractère de collisions entre deux classes. Les ouvriers commencent par former des coalitions contre les bourgeois pour la défense de leurs salaires. Ils vont jusqu'à constituer des associations permanentes pour être prêts en vue de rébellions éventuelles. Çà et là, la lutte éclate en émeute." K Marx - Le manifeste du parti communiste

C'est donc la concentration de gigantesques bataillons de prolétaires sur leurs lieux de travail qui fait la force du mouvement ouvrier. Située au coeur du processus de production capitaliste, cette classe a entre ses mains les leviers essentiels de l'économie qu'elle peut paralyser par la grève. Elle est la principale force productive. Rien n'est produit sans son travail. Le développement de l'industrie sur des sites de production très vastes a créé les conditions d'un rapport de force pour la classe ouvrière, et de sa prise de conscience.

Dans le capitalisme décadent, la bourgeoisie prise dans les tenailles de la dette et des crises de surproduction n'a plus rien à offrir d'autre que toujours plus d'exploitation et de misère. La lutte contre la bourgeoisie ne peut donc être que radicale et il se trouve que le prolétariat est la négation même de la bourgeoisie comme producteur de plus-value. Toutes les autres couches sociales ont quelque chose à préserver dans le système capitaliste, ou tout au moins quelque chose à "regretter". Cela les amène soit à défendre le capitalisme avec acharnement, soit à idéaliser les possibilités de le réformer. Une chose est sure elles sont incapables de mener les combat jusqu'au bout, ce qui fait du prolétariat le guide de tous les opprimés.

Les gilets jaunes "Ils et elles sont bien issus des classes populaires précarisées (33,3% d'employés, 14,4% d'ouvriers) et comptent un grand nombre d'inactifs dans leurs rangs (25,5%); sont essentiellement des primo-manifestants, qui se déclarent apolitiques, ni de droite ni de gauche, mais se classent à plus de 40% à gauche quand il y a affiliation revendiquée à une formation politique, contre 4,7% à l'extrême droite. La gauche radicale est même trois fois plus présente (15%)." Etude du Journal le Monde

Des employés et de la différence entre ouvriers et prolétaires ?

Un "prolétaire", c'est celui qui ne possède rien, que sa force de travail. Il ne détient aucun moyen de production. On confond souvent le prolétariat et la classe ouvrière. Mais tous les prolétaires ne sont pas des ouvriers. Ce qui caractérise les ouvriers, ce n'est pas seulement qu'ils ne possèdent pas de moyens de production; ils ne sont pas les seuls dans ce cas. Ce qui leur est spécifique, c'est: qu'ils créent de la plus-value.

Ainsi, c'est toujours l'appropriation privée des moyens de production qui fonde la division de la société en classes, mais elle se cache de moins en moins derrière le rapport formel de propriété juridique et de plus en plus derrière le rapport dirigeants / dirigés, gestionnaires / exécutants; manuels / intellectuels. Ce rapport n'a rien de naturel, ni de nécessaire pour l'organisation de la production; comme le prétendent les bourgeois. Il camoufle l'antagonisme social entre ceux qui disposent du capital et ceux qui ne possèdent rien et qui produisent la plus-value. De la radicalisation comme théorie nous n'en avons que faire. 

 



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