GILETS JAUNES : Une opportunité rare

Chaque chose en son temps. Après le doute, il est temps de voir le mouvement des Gilets Jaunes pour ce qu'il est vraiment : un soulèvement populaire contre le système politico/financier dominant. Le peuple en a marre et le cri sur les rond-points ! Il est temps de les rejoindre.

On peut penser ce qu’on veut, il faut bien reconnaître que, 5 mois après, tout le monde parle encore des « Gilets Jaunes ».

Depuis le début, ça cause politique, social, fiscal et histoire à tour de bras ; à la télé, à la radio, dans les salons et jusque dans les cuisines. C’est pas rien. On ne fait pas autant d’heures de débat sur les problèmes du service hospitalier (pour ne citer qu’un exemple).

Alors, puisqu’on parle des Gilets Jaunes, remettons les choses à plat.

Je ne sais pas si c’est la même chose pour vous, mais beaucoup de gens avec qui je discute focalisent leur attention sur les épisodes violents et restent convaincus que ce mouvement est manipulé par l’extrême droite (ou gauche, selon la sensibilité de chacun). Pourtant, les chiffres (encore elles !!) démontrent que 90% des Gilets Jaunes sont pacifiques. Étonnante obsession pour les 10% restants… (y aurait-il un rapport avec le traitement médiatique des évènements ?)

En fait, à bien y regarder, ce mouvement de Gilets Jaunes est composé d’une masse hétéroclite d’individus. Des fachos, des anars, des souverainistes, des européanistes, des idéalistes, des doux rêveurs, des racistes, des métisses, des jeunes, des retraités (beaucoup de retraités), des gros, des maigres, et même d’au moins un apiculteur écolo (interviewé sur France Inter dès le 17 novembre). Il s’avère aussi que chacun des gilets jaunes pris individuellement ne représente qu’une des multiples composantes du mouvement Gilets Jaunes. Et que l’accumulation de cette masse d’individualités forme un message qui dépasse de loin leurs différences. (intelligence collective ?)

Avec un peu de recul (et un peu moins d’émotif), on peut se rendre compte que le mouvement « Gilets Jaunes » donne en fait une image cohérente et présente une doléance collective claire : la révision de notre constitution, qui est injuste et… peu démocratique. C’est pas moi qui le dis. Ce sont des universitaires, des chercheurs, des journalistes, qui ont accumulés et analysés les doléances recueillis sur les ronds-points, dans les mairies, les interviews etc. Et même le « Grand Débat National » ! Les thèmes les plus cités concernent le fonctionnement démocratique en cours, la justice fiscale, l’écologie ou le Service Public. Pas vraiment les sujets chers à l’extrême droite.

Avec ceci en tête, voici ce que je voudrais vous dire : ce mouvement des Gilets Jaunes est en constante évolution. Il passe par différentes étapes au fil des semaines. Hier il se cherchait. Aujourd’hui, il ne faut plus se poser la question sur l’identité de chaque porteur de gilet jaune. Aujourd’hui il faut saisir cette opportunité (tant souhaitée) et participer activement au débat. Si on ne s’en mêle pas maintenant, alors je crains que oui, d’ici peu de temps, le mouvement GJ va finir dans l’escarcelle des fachos. 

Et c’est nous, par notre incompréhension, qui l’y auront poussé.

 

PS : je crains que, si les revendications actuelles ne sont pas suivis d'effet, la prochaine fois que le peuple se soulèvera, ce ne sera plus avec des gilets fluos, mais avec des fourches...

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