Ca n’est pas l’industrie qu’on va sauver, c’est la finance.

La pluie de milliards imaginaires que le Capitalisme de Prédation déverse sur le Capitalisme de Production, n’est pas là pour le sauver des conséquences du Lock Out, mais bien pour se sauver lui-même, actuellement miné, par une crise de surproduction d’argent fictif.

Ca n’est pas l’industrie qu’on va sauver, c’est la finance.

La pluie de milliards imaginaires que le Capitalisme de Prédation déverse sur le Capitalisme de Production, n’est pas là pour le sauver des conséquences du Lock Out, mais bien pour se sauver lui-même, actuellement miné, par une crise de surproduction d’argent fictif.
La création d’une industrie de production de milliards fictifs, destinée à séparer la valeur de sa contrepartie financière, et permettre au Capitalisme de se relancer rapidement après chacun de ses effondrements périodiques date des accords de Bretton Woods.
La transformation des capacités de productions de l’industrie de guerre et les mutations technologiques, rendaient nécessaire la disponibilité de Capitaux illimités, pour permettre leur transformation en industrie civiles, et le départ de la « société de consommation ».
Ce modèle n’a pu atteindre sa pleine puissance qu’après la liquidation de toute connexion à la réalité, à la fin des années 70, avec l’arrivée au pouvoir des « ultra- libéraux ».
C’est de cette époque que date le début du déclin des modèles marxistes de développement, basés sur l’accumulation, incapables de s’adapter à la vitesse de transformation des économies occidentales, arrosées par une création de capitaux fictifs.
Que les capitaux d’origine soient fictifs ou pas, le Capitalisme de Production, lui, est toujours soumis aux mêmes contraintes, issues du suicide concurrentiel, dont le mécanisme est assez bien décrit par l’analyse Marxiste.
La « Mondialisation » en faisant plonger les coût salariaux et disparaître les contraintes environnementales, à répondu temporairement à ces défauts, en les transférant en Chine, sous l’aimable direction policière et militaire du Parti communiste chinois.
Ce déménagement n’a été possible qu’en produisant de nouveau des Niagaras de Capitaux fictifs, qui se ont trouvés une réalité, transformés en usines chinoises, et en production à bas coût, vendues en occident.
Cette stratégie à trop bien fonctionné, et trop longtemps, et on a assisté progressivement, à une destruction beaucoup trop importante du Capitalisme de Production en occident, ce qui a fabriqué des dépendances critiques, que nous venons de constater.
Dans le même temps, l’industrie financière a connu la même fuite dans la surproduction que l’industrie manufacturière, et un hyper développement de ses forces de vente.
Par « force de vente », il faut entendre bien au delà de ses courtiers avoués, tout son personnel de promotion spectaculaire, et d’organisation du marché, soit les politiciens, les journalistes, les artistes, les sportifs, les diseurs de Vérité, salariés ou ubérisés, tous ceux qui sont là pour occuper notre temps d’éveil en nous proposant enthousiasmes et indignations controlés, enfin tous ceux qui sont là pour nous aider à vieillir le plus tranquillement possible.
Cette immense armée d’organisation de la passivité et de la révolte inoffensive, qui n’aurait jamais pu être entretenue par une économie de production, et qui doit ses revenus à la circulation d’une monnaie de singe.


Un mécanisme inverse, vraiment ?

Il faudrait être bien naïf pour croire que la pluie de milliards fictifs en occident, aurait pour but de rééditer à l’envers la Mondialisation, et provoquer une reconstruction industrielle capable de concurrencer la Chine.
La mousson de milliards en Chine, est tombée sur un pays ou régnait une dictature ubuesque , qui avait de multiples fois tenté d’accoucher au forceps un appareil de production moderne, en se servant de recettes d’accumulation primitive marxistes, et même en tentant de récupérer les capacités financières de sa diaspora.
Les échecs répétés, les famines qu’ils ont provoqué, et l’opportunisme de Deng, ont rendu cette injection possible.
La Chine avait les moyens policiers et idéologiques d’organiser et de gérer militairement son tiers monde en interne, et de fabriquer une classe moyenne mercenaire capable de l’encadrer spectaculairement.
Rien de comparable ici, aucune idéologie et aucun parti hégémonique, et des classes moyennes, d’une totale incompétence, technique, intellectuelle et idéologique.
Trois mois de lock out économique et de terrorisme d'Etat sanitaire, ne sauraient remplacer 40 ans de dictature, de pénuries et de famines.
La pluie de milliards gratuits, tombe sur des grosses boites qui vont la transformer en dividendes et en obligations d’Etat, et sur des petites moribondes, dont la plupart sont incapables de faire autre chose que de tenter de compenser leurs pertes.
Le seul bénéficiaire net de cette opération c’est l’industrie financière, qui va pouvoir faire copuler les dettes titrisées et fabriquer de nouveau de la commission sur la circulation de courants d’air.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.