Et si la SNCF brisait la solidarité cheminote

Avec cet appel d'offre pour couvrir ses salariés contractuels en complémentaire santé et prévoyance, la SNCF souhaite jouer comme toutes les entreprises privées de son envergure.

Oui mais le monde ferroviaire est plein de particularités parmi lesquelles on trouve l'attachement collectif des cheminots à un modèle social égalitaire ou les actifs, les retraités, les malades et les bien portants ont tous le même droit, celui de pouvoir rester en bonne santé quel que soit sa condition sociale.

C'est sur cette base que les mutuelles de cheminots semblent s’être réunies pour apporter à cet appel d'offre eurropéen la seule réponse mutualiste et conserver ainsi leur activité au service de tous les cheminots, sans aucune autre ambition que de promouvoir le monde mutualiste et la culture d'entreprise.

Malheureusement, comme tous les grands patrons d'entreprises, les dirigeants SNCF côtoient les élites du pays et ne semble avoir que faire d'une organisation bénévole, à but non lucratif, administré par des cheminots issu parfois de la base ouvrière de l'entreprise.

C'est ainsi que l'Union Mutualiste viamut représentant la mutualité cheminote, pourtant forte de ses 240 000 adhérents, 430 000 personnes protégés et de ses 140 ans d'histoire se retrouverait acculée au troisième rang d'une compétition truffée de considérations obscures et infondées, ou les critères de sélection objectif ne semble plus faire le poids.

Pour la mutualité, l’enjeu ne semble pas existentiel, financier ou marchand, c'est plutôt la  question de l'avenir de la protection sociale solidaire cheminote qui se joue là. En effet la seconde étape pourrait voir l'ensemble des cheminots actifs partir vers une solution collective, ce qui laisserait les retraités sur la touche si la solution mutualiste n'était pas retenu.

En prenant un peu de recul, c’est toute la problématique de l'accord National Interprofessionnel qui semble apparaitre derrière ce simple contrat. Et le fait qu'il  soit passé par une entreprise publique ou le seul actionnaire semble pourtant défendre l'existence d'un modèle social plus égalitaire ne change pas la donne. Les entreprises marchandes lorgnent sur la santé et souhaitent faire leur marché sur le dos des actifs bien portant avec la bénédiction des grands patrons, laissant à d'autres organisations le soin d'administrer le sort des populations moins favorisées.

La précarité sanitaire transpire derrière une telle actualité et il faut souhaiter que nos dirigeants interviennent rapidement pour briser cette spirale et pas qu'à la SNCF d'ailleurs...

 

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