Sur le chemin de l'acceptation, j'ai été très affectée fin juin en lisant le courriel de ma nouvelle avocate m'informant des intentions du Procureur de la République d'émettre un non-lieu à ma plainte pour harcèlement moral contre les dirigeants de l'institution qui m'employait. La peur de certains et les mensonges des autres l'emporteraient donc ?!
Après avoir informé, ce 1er juillet, le Procureur que j'avais entamé une grève de la faim, je viens de lui écrire ce 10 juillet : "que j'arrêtai celle-ci à la demande de mes filles pour préserver ma santé déjà bien amoindrie par les longues années de harcèlement subi et ses conséquences dramatiques pour moi et mes proches".
Je n'ai pas, en effet, les moyens physiques de cet acte politique ultime pour dénoncer le traitement des victimes de harcèlement au travail qui reflète l'état de notre société.
Qui plus est, ce n'est pas mon rôle. Je suis juste une victime qui a souhaité apporter son témoignage : "le chemin de la résilience dans la tourmente du harcèlement", pour éveiller les consciences sur l'évolution du monde du travail. Mon livre qui est un acte thérapeutique et de résilience suffit.
Je n'avais pas encore pris connaissance du dossier d'instruction de ma plainte, je ne le ferais pas désormais. A quoi bon ! Les intentions du Procureur de la République sont clairs. Je n'attends plus rien de cette procédure. Je vais me protéger pour une fois et ainsi protéger aussi mes proches.
Je suis aujourd'hui en résilience mais pas résignée pour obtenir réparation. Je laisse simplement ma nouvelle avocate et la Sécurité Sociale poursuivre pour faute inexcusable mon employeur déjà condamné en 2015 pour harcèlement moral par le Tribunal Administratif de Lyon (condamnation confirmée en Appel en 2016).
Je vais bien mieux depuis la publication de mon témoignage. Mais financièrement cela reste difficile car "la note du harcèlement déjà très salée continue de croître" pour moi et ma famille. Tourner la page est donc difficile.