Karine for President !

 

 

Je me suis infligé, comme beaucoup de Français sans doute, le pensum de l’intervention de François Hollande hier soir sur TF1 ; le seul point un peu nouveau par rapport aux émissions précédentes de la même farine, quel qu’en soit le héros, était la présence de Calvi pour une fois porteur d'une insolite cravate. Il s’est présenté comme employé de RTL (sans doute dans un moment d’inattention !), alors que, disait-on), il émargeait naguère encore pour deux postes à France Télévision ; il est vrai que le plupart des journalistes de médias en font autant !

 

Calvi, se croyant sur son plateau de « C plus clair » où il règne en maître, s’est lâché et s’est même montré désagréable voire insultant avec le Président de la République ; il lui a même dit à un moment (je cite l'esprit et non les termes) que personne ne comprenait où il voulait en venir et qu'il était lui-même sans doute dans le même cas ! Un peu fort de café quand même ! Gonflé le Calvi en cravate !  Vieil habitué des congrès socialistes et les affrontements solfériniens , François n'a même pas levé un sourcil ni bougé une oreille devant l’outrage! Calvi s’est néanmoins rendu compte qu'il était allé un peu trop loin et s'est aussitôt radouci. Sans grand intérêt ni sur le plan du contenant ni sur celui des contenus.

 

En revanche, optimisme forcené et quasi délirant de notre Président qui ne bronche pas devant quelques grosses entorses à la vérité (la France n’est pas le premier pays du monde ni même d’Europe pour le nombre des étudiants étrangers accueilli,  puisqu’elle est devancée sur ce point par les Etats-Unis et le Royaume Uni !) ; François nous promet sous peu la première place dans le monde dans tous les domaines ou presque! On peut toujours rêver !

 

Le seul point positif aurait pu être le « panel » des quatre Français « normaux » invités. Dur ! Dur ! Il y avait là un « kakou » beur marseillais ; il a fait le numéro qu'on attendait de lui, lâchant même un « merde » peut-être pas si involontaire que ça ! Une sexigénaire  chômeuse assez anodine et une mère de famille issue de la ruralité qui aurait souhaité qu'on maintint dans son bled un collège sans élèves ; elle avait été choisie de toute évidence parce qu'elle voulait présenter la solution numérique, largement utopique en pareil cas, mais qui semble avoir les faveurs de la nouvelle ministre après celle du précédent. Je suggérerais à la rue du Grenelle (conseil gratuit vu l’ignorance patente du MEN dans le domaine !) de s'intéresser davantage à des pays qui ont une grande et longue expérience dans le domaine télé-éducatif vu leur réalité géographique comme l'Australie ou le Canada. 

 

Cette brave mère de famille nous présentait comme une situation catastrophique le fait que sa fille devrait, si le collège du lieu était fermé, faire deux heures de bus par jour pour se rendre en classe. Puis-je lui signaler que, quoique habitant à proximité immédiate de la deuxième ville de France (Lyon en la circonstance), comme il n'y avait pas le lycée à Villeurbanne où je résidais, je faisais quatre fois par jour le tramway le trajet vers le Lycée Ampère au centre de Lyon, ce qui représentait à peu près deux heures de trajet pour la journée. À la fin des années 50 la bouffe des cantines était immonde vu les « restrictions ». L'heure du matin passée dans le car ne serait pas totalement perdue pour sa fille car elle pourrait y apprendre ses leçons du jour ; j'ai pratiqué ce sport durant toute ma scolarité et je n'en suis pas mort ! 

 

Le seul bon moment a été la présence d'une jeune et ravissante chef d’entreprise, Karine Charbonnier qui a montré une lucidité, une intelligence, un bon sens et un esprit réaliste tels que je la verrais bien à la place de François Hollande, s'il ne se représente pas en 2017, ce qui paraît quasiment certain si les résultats qu’il a été assez imprudent pour promettre ne sont pas acquis au terme de son mandat ! Vu la situation actuelle et les prévisions de tous les organismes économiques, son destin de non-candidat me paraît scellé. 

 

Cette jeune femme, qui est une version de Sophie de Menthon réussie sur tous les plans, elle ; à la tête d’une entreprise de 650 personnes, elle fait dans la fabrication des vis, boulons et écrous pour de la haute technologie et non dans « l'éthique » comme l’inévitable Sophie ! Elle m'a paru d'un solide bon sens, d'une intelligence vive et d'une vision des choses concrète et réaliste. Je ne parle même pas de sa ravissante et charmante blondeur qui d'ailleurs, me semble-t-il, fait une très forte impression sur notre président (Julie ! À la garde !).

 

Le trouble présidentiel était perceptible et même palpable ! En dépit des notes qu'il prenait, François n’a même pas été capable de voir que, si l’entreprise de Karine avait en tout 600 employés et que s’il y en avait 300 en France, il ne pouvait pas y en avoir 600 à l'étranger ! Karine sait compter elle ! Je comprends tout à fait le trouble présidentiel devant cette si jolie réussite physique, intellectuelle et industrielle. Macron et Gattaz peuvent aller se rhabiller ! Dans son émotion, François a même bredouillé, vers la fin de leur face-à-face, qu’il lui proposait de la faire entrer dans la commission Théodule qu'il envisageait de créer sur les problèmes qu'elle avait elle-même évoqués. Conscient de son imprudente boulette, il est aussitôt revenu sur le plan général, tentant par là de faire oublier sa précédente proposition, de toute évidence malhonnête. Si vous ne me croyez pas, allez revoir la scène !

 

Karine a parfaitement mis en lumière, en quelques phrases, le caractère bidon de bon nombre de mesures que François Hollande présentait comme salvatrices dans l’optimisme forcené qui était sa ligne sa conduite du soir ; il a dû, devant chacune des remarques et questions de Karine, battre en retraite, en changeant de sujet ou en répondant à côté, sans naturellement provoquer la moindre intervention de Gilles Bouleau qui s'est bien gardé de souligner les dérobades et des réponses non pertinentes du Président de la République, comme il avait pourtant promis de le faire. 

 

En tout cas bravo Karine ! C'est une présidente comme vous qu'il nous faudrait mais je doute fort hélas que vous laissiez vos vis et vos boulons pour les fastes et les dorures de l'Élysée !

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