De l'eau dans les chambres à gaz chez les Le Pen (suite et pas fin !)

 

Le 3 avril 2015 (vous pouvez vérifier), j’ai publié un blog prémonitoire sur plusieurs plans, dont deux que je précisais alors, intitulé « De l'eau dans les chambres à gaz chez les Le Pen

Le problème à mes yeux n'était clairement pas dans les propos de Le Pen déjà tenus par lui à de multiples reprises depuis des décennies mais dans un double contexte qui désormais tout autre.

 

Le premier est celui de la guerre acharnée que se livrent les radios bignoles (Europe Un, RMC, RTL, etc.)  auprès des annonceurs pour les marchés publicitaires ; la « pub » (les « pauses » comme on dit pudiquement chez eux alors que ce sont les informations qui sont, au contraire, les rares pauses dans ces tsunamis publicitaires), y occupe à peu près tout le temps d’antenne ou presque : on s’y frotte sans doute les mains de la poursuite de la grève à Radio France. À peine RMC-BFM  (« Les Français veulent savoir ! ») a-t-il extorqué à Jean-Marie Le Pen la répétition de sa déclaration sur le « détail » de la guerre que constitue le recours aux chambres à gaz, qu’Europe Un se précipite sur sa fille Marine pour la titiller à propos de ce désaccord avec son père sur les propos qu'il a tenus à de multiples reprises. Tout cela est purement anecdotique et de telles radios exhalent de plus en plus des remugles de caniveaux voire d’égouts ! Ce matin encore j’ai noté (et vous pouvez vérifier aussi) que Bourdin, à RMC-BFM, ne donne plus l’heure à huit heures précises, comme d’hab ! Cela permet de voler deux minutes de pub à l’heure où son tarif est maximum, mais empêche bien entendu de dire l’heure qui ne pourrait être que fausse !

 

Pourtant, le problème est moins dans la lutte mercantile et permanente entre ces chaînes de radio qu'au sein même de la famille Le Pen où il y a clairement de l’eau dans le gaz (celui des chambres ou un autre) entre les trois générations. Tout cela me paraît s'inscrire actuellement, comme l’a prouvé la suite (n’oublions pas que mon premier billet date du matin du 3 avril, alors que personne n’évoquait ce point) d’abord et surtout  dans le cadre de l'élection prochaine à la présidence de la Région PACA où le FN est en force et le sera encore plus après les élections qui donne un gros avantage de sièges à la liste qui est en tête au premier tour, cette position semblant ne pas pouvoir échapper au FN. Je cite donc un extrait de mon texte du 3 avril 2015 : 

 

« Depuis des semaines, Jean-Marie Le Pen ne fait pas mystère de son souhait de présenter sa candidature à cette région et de s'y faire élire. Obstination sénile ou ambition véritable (est-il comme la Zazie de Queneau qui ne rêvait d’être institutrice que pour faire chier les gosses et leur faire lécher le tableau ?) je ne n'en sais évidemment rien ; la perspective de l’élection de Papy JM aux manettes de PACA ne peut que déplaire dans la famille et, au premier chef, à sa petite-fille, la belle et vauclusienne Madame Marion Maréchal-Le Pen (25 ans, 1,74 m et « real blonde !) ; elle commence à trouver quelque peu encombrantes les générations précédentes et je doute fort qu’elle soit très en faveur auprès de sa tatan bleu marine. 

 

La famille Le Pen est en train de tourner aux Atrides et Bourdin, dont Ruquier n’a pas voulu satisfaire naguère les cupides exigences, devrait commencer la lecture des tragiques grecs. Offrir la présidence de la Région PACA à la belle et jeune Marion serait  pourtant un bel hommage à la nymphe Parité qui pourrait dès lors s’installer dans les eaux abondantes de la Fontaine de Vaucluse, résurgence abondante qui est la source de la Sorgue ; ce serait un symbole riche d’interprétations multiples! ».

 

Je me permettrai ici, sans la moindre modestie de ma part, de souligne le caractère prémonitoire de mes propos dans cette allusion à Pétain, bien antérieure à l’article de Rivarol où Jean Marie Le Pen évoquait sa tendresse pour Pétain. Comment s’en étonner puisqu’à la communale, au début des années 40 (il avait alors 13 ans), Jean Marie a dû, comme tous les écoliers de France et André Dassary, chanter à pleine voix, l’hymne à Pétain dont je rappelle quelques vers du refrain pour mon jeune lectorat : 

« Maréchal nous voilà ! 

Tu nous as redonné l'espérance 

La Patrie renaîtra ! 

Maréchal, Maréchal, nous voilà ! ».

Voir sa petite fille changer son patronyme familial Le Pen pour Maréchal a donc dû adoucir la douleur de cet infortuné grand père qui a connu le malheur de n’avoir que des filles !  

 

Quelles que soient les relations intrafamiliales et intergénérationnelles, on peut s’interroger sur les présents événements, toutes les figures majeures du FN emboitant le pas à Marine comme un seul homme, (la parité n’y règne guère),  sauf bien entendu Gollnish tandis que Marion, qui n’est pas pour rien la fille biologique de Roger Auque, s’est évanouie dans l’ombre. Y-a-t-il là un réel et sincère différend qui permettrait de débarquer l’indestructible et incontrôlable pépé ou une stratégie subtilement méditée pour donner de nouvelles assurances à une droite buissonoïde de l’UMP en vue de confirmer les positions du nouveau FN pour les élections qui se profilent à l’horizon … proche ou lointain ? Dangereux toutefois car on risque de perdre du côté de l’UDI ce qu’on gagne du côté de l’UMP, le dindon de la farce étant alors ce pauvre Juppé !

 

Cette seconde hypothèse est moins invraisemblable qu’on pourrait le croire car le Vieux, tout en faisant état de sa condidature à la présidence de PACA, a déclaré en même temps qu’en revanche, il ne la maintiendrait pas et se retirerait au profit de Marion Maréchal, « si cette dernière le lui demandait ! » ; « Maréchal, nous voilà … ! ».  Rusé le vieux ! Il renoncerait à un avenir politique, certes brillant et flatteur mais forcément limité à 87 piges, jouerait les bons pépés en se retirant en faveur de sa jeune, belle et blonde petite-fille Marion (qui en outre se nomme désormais Maréchal ce qui ne gâte rien) et plus discrètement jouerait un tour de cochon sournois à la Marine qui en prend un peu trop à son aise ! 

 

Eschyle tournant à Labiche, la tragédie des Atrides qu’on pouvait redouter, finirait alors en « Embrassons-nous Folleville ! ». À suivre !

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