COP 21 : ça c'est du cinéma !

 

 

Comme on pouvait s'y attendre, le festival écologique de la COP 21 au Bourget n'a pas donné lieu à un atterrissage réussi ni même et en douceur ! La descente finale des marches a pris l'allure d'une dégringolade, laborieuse et pénible, en dépit des délais successifs qu’a dû se faire accorder, à grand renfort de concessions, le pauvre président Fabius. Il avait sans doute espéré, bien naïvement, entrer dans l'histoire du monde avec cette COP 21, ne serait-ce que pour sortir enfin lui même des histoires en forme de casseroles bruyantes et familiales, celle de son papa d’abord avec l'exemption des œuvres d'art de l'impôt sur la fortune ou celles, récentes et plus fâcheuses encore, de son fiston un peu trop porté à défrayer toutes les chroniques.

 

Fort heureusement, nul (et lui moins que quiconque !) ne s’est risqué à faire un vrai bilan précis et rigoureux d’une telle fiesta, car celui des effets réels et assurés ne tiendrait pas un instant la route face au « bilan carbone » de cette affaire, ne serait-ce que par le chauffage parisien des lieux et des hébergements et pire encore celui du transport jusqu’à Paris des 50 000 ou 60 000 participants, invités ou figurants. Quand on aime on ne compte pas comme on dit chez nous ! On pourrait y voir un avantage (discret) pour notre tourisme (mais allez savoir « qui qui casque réellement ») ; il vaut mieux à ce moment-là se garder d'une analyse ou même d'une simple approche en termes de pertes et profits, pour s’en tenir, dans l’émotion et la verbosité plutôt que par les comptes, à une évaluation, sur le plan séculaire au moins, de la portée de cet événement !.

 

La géographie parisienne parle d'ailleurs d’elle- même ; les écolos ou assimilés qui, a l'ouverture, voulaient manifester par une chaîne humaine, « de la République à la Nation » ont fini au Châtelet pour la clôture. C’est tout dire même si le Chatelet est tout de même un peu mieux les théâtres de boulevard.

 

Dans un souci de passer à travers les gouttes, j'ai réussi à éviter l'essentiel des spectacles proposés, pour ne goûter que celui du final du samedi, où l’on nous a joué, comme au théâtre et tous en scène, « Embrassons nous Folleville ! ». Cette session n'a guère fait recette que sur les chaînes d'information continue ; le bide était consommé mais elles sont de toute façon prêtes à prendre n'importe quoi sur n'importe quoi, pour occuper des temps d'antenne qu'elles ont déjà vendus sans savoir encore qu’y mettre ! Tout le monde a embrassé tout le monde et je me demande si l'Arabie Saoudite n'a pas même serré sur son cœur les représentants des îles du Pacifique. Fort heureusement leur commune inculture les a préservés de la tentation de murmurer en cette circonstance le classique et inévitable: « J'embrasse son rival mais c'est pour l'étouffer ! ». Racine n’a pas encore pénétré ces terres lointaines !

 

À propos de ces îles lointaines, platement submersibles (des atolls en fait) que menace le réchauffement climatique, les « Iles éparses » de l'océan Indien autour de Madagascar (Tromelin, Europa, Juan de Nova, etc.) n'étaient pas représentées et leurs populations ne sont guère menacées dans la mesure où elles sont désertes ! Jusqu'à présent, on se bornait à aller y chercher du guano, mais voilà que les Etats qui les disputent à la France (Madagascar et l'île Maurice) leur trouve soudain un intérêt nouveau car l'odeur du guano y a été remplacée par celle du pétrole, bien plus attirante. Ce serait un joli sujet de blog comme de méditation que de voir ces îles fournir au monde, dans l'avenir, le pétrole qui conduira à les noyer, comme leurs semblables, peuplées elles, par le biais du réchauffement climatique ! Comment mieux illustrer notre dicton qui veut que l'on soit toujours puni par où l'on a péché …et en l'occurrence moins pêché que foré !

 

La belle et néanmoins prudente rhétorique hollando-fabiusienne, si élaborée et subtile qu'elle soit, n'a pas permis de cacher au monde que la COP 21 finissait en eau boudin plutôt qu'en baisse prévisible de l’alcool du thermomètre. Pour ne pas être trop ridicule et pouvoir affronter les embrassades finales, il a fallu :

  • prolonger les délais (jusqu'à 2020 …et plus si absence d’affinités,
  • reconnaître que toutes ces pseudo-décisions ne signifient rien, tant qu'elles n'ont pas été approuvées et légalisées par les Etats eux-mêmes (gare aux délais !),
  • convenir que rien de tout cela n’est en réalité ni obligatoire ni contraignant (par quelle autorité d’ailleurs ? L’ONU ? MDR !). Nous sommes bien placés pour savoir, dans la communauté européenne, vu le sort des déficits budgétaires, pour savoir que tout cela n'engage somme toute à rien !
  • Pour l’Afrique, les dizaines de milliards finiront, de toute façon dans les poches et/ou les comptes off shore des rois nègres !

 

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