Politique et réforme de l’orthographe : remaniement et re(ma)niement

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Je suis désolé de vous avoir, huit jours durant, bassiné avec mes blogs sur la francophonie, mais, me semble-t-il, vous avez été assez avisé(es) pour les éviter. Rassurez-vous je resterai impassible et muet sur ce thème dans la suite, sauf circonstance ou événement exceptionnels.

 

En cette période de turbulences orthographiques, dois-je vous rappeler puisque, par habitude, j’ai écrit ici le mot « événement » avec les deux accents aigus que l’Académie Française a gardés, entre sa troisième édition (1740) et la sixième ; lors de la septième édition (1878), elle a changé l'accentuation pour « avènement », mais sans la changer alors pour « événement », comme le proposera plus tard le Rapport de 1990 sur les rectifications orthographiques ; notre Académie suivait en cela des dictionnaires dont certains encourageaient déjà l'orthographe « évènement », proche de la prononciation courante, quoique l'autre orthographe soit aussi reconnue comme admise. L'Académie française, dans sa prudente sagesse, accepte désormais en effet « évènement », mais estime que « la graphie ancienne événement n'est cependant pas considérée comme fautive, encore que rien ne la justifie plus ». Du côté de la Francophonie, les recommandations orthographiques de la réforme Rocard sont enseignées, sinon utilisées, dans la plupart des Etats, notamment, en Suisse, en Belgique et au Canada, bien qu'en France et dans les pays francophones d'Afrique, elles soient bien moins suivies comme le montrent à nouveau, chez nous, les récentes réactions hostiles de l’immense majorité du public face à ces réformes 

 

Les réformes de l’orthographe comme la « Semaine de la langue française » (je ne sais pas si le rapprochement des dates a été voulu) font craindre un tsunami de sottises sur ces questions pour le début du mois de mars qui, comme on le sait depuis Th. Gautier, « rit parmi les averses » ! 

 

Rien de pire que les sujets qui s'imposent d'eux-mêmes comme ça ; tout le monde s’y exprime, sans que quiconque n'y connaisse rien, et Monsieur Machin, devant son apéro, au bistrot du coin comme Madame Duchemol, appuyée sur son balai, vous en parlent avec la plus grande assurance. 

 

J’ai eu l'héroïsme de résister, huit jours durant, aux titres les plus affriolants qui s’offraient comme, au moment du remaniement, le si tentant : « Un Vert ça va, trois Verts bonjour les dégâts ! » dans la rubrique « Les titres auxquels vous avez échappé. J'avais pris la précaution de vérifier, sur le moment, l'utilisation de ce slogan si heureusement opportun et constaté qu'il avait été proposé bon nombre de fois, ce qui m'a un peu consolé de ne pas avoir été en position d’en faire usage moi aussi ! 

 

Comme disait ce bon Oscar Wilde qui, si j’ose dire, en connaissait un bout : « On résiste à tout sauf à la tentation ! ». Le hasard, malicieux comme toujours, a accumulé, sous mon nez et sans doute pour m’éprouver, pendant toute cette semaine que je consacrais à la Francophonie, les opportunités les plus tentantes de sujets, depuis « les trois ver(re)s du remaniement » (il en avait même quatre, si l’on compte Madame Duflot qui devait être doublement « verte » (de rage et de plus, de voir le mauvais tour que notre François lui jouait en faisant un gagnant d’un Placé !), jusqu'au re(ma)niement final de Sarkozy par Jean-François Copé qui, de toute évidence, avec sa soudaine candidature, a assurément gardé pour son vieil ami Nicolas (qui l’avait logé déjà si gentiment dans les égouts !), non pas un seul, mais une vraie portée de chiens de sa chienne. 

 

Ces spectacles sont tout de même fort réjouissants et il faut une dose d'héroïsme peu commune comme celle dont j'ai fait preuve, pour se borner, pendant de tels événements, a vous causer de la langue française et de la francophonie, si dramatique que soit leur situation qu’on va pourtant nous dépeindre sous les couleurs les plus flatteuses et les plus riantes, puisque les démolinguistes québécois de l’OFSEF sont en train de nous vendre (c’est bien le cas de le dire !) le milliard de francophones pour 2060. J'avais eu recours dans un de mes blogs à la fameuse tirade de Figaro sur « God-dam « , dans le Mariage de Figaro, (quand que le Comte veut l'expédier en Angleterre) ; on reste ici dans le registre du barbier avec une nouvelle version de « Demain, on rase gratis ! ».

 

La coupe du blogueur n'étant jamais tout à fait pleine sont venues s'y ajouter les rumeurs et les odeurs du vestiaire du Paris-Saint-Germain, sans que, pour une fois, Zlatan y soit pour quoi que ce soit, même s’il a demandé qu’on lui traduise des propos injurieux de S. Aurier à son endroit ; le défenseur ivoirien vaut le déplacement quand il cause dans le poste, sans son « chaperon » habituel, dans son si pittoresque français ! Quoiqu’ivoirien, il y voit quand même assez, pour identifier dans les deux gardiens du PSG des « guez » (< « merguez ») et, dans Laurent Blanc , son boss, une « fiotte » qui « suce Zlatan et lui lèche les c…» ! À la différence d’un Zlatan, résolument non francophone, voilà des formules qui rendent Aurier digne de prendre part au « Jeu des dix mots » de la prochaine « Semaine de la langue française ». L'imprudent a déclenché par de tels propos la colère quatarienne, ce qui lui évitera probablement (D'un mal peut sortir un bien !) la raclée que va sans doute subir le PSG devant Chelsea ! 

 

J'ai toutefois le sentiment qu'il manque quelque chose à ce tableau politico- sportif, et, « coup de Pau », je verrais bien notre François le Champi se déclarer prêt à venir faire le septième dans la primaire des « Ripouxblicains », en attendant que sortent du bois Sarko et NKM qui s'attardent à faire je ne sais quoi dans les vestiaires !

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