Quelques petits secrets du Rafale.

 

 

La grande et nouvelle amitié franco-égyptienne (le peuple égyptien est très jeune et bien des Égyptiennes et des Égyptiens n'étaient pas nés vers 1956 !) a quelque chose de remarquable, surtout quand elle se fonde, comme je l'ai rappelé ici même, sur la vengeance de l’assassinat, en Lybie et en technicolor, de ces 21 malheureux Coptes égorgés, Allah seul sait pourquoi, par DAECH. 

 

Cela me fait un peu penser aux larmes sauriennes que certains versent sur les Palestiniens, en appelant sur eux la solidarité bienveillante  et la fidèle amitié des peuples arabes voisins qui ont eu l'occasion de les accueillir comme les Syriens, les Libanais et les Jordaniens. Je cause toujours quelque émotion et me démasque comme une créature du Mossad, quand j'ai l'occasion d'en parler,  en disant que, si j’étais moi-même Palestinien et si j'avais à choisir de vivre dans un des Etats voisins, j'irai sans la moindre hésitation en Israël ! Ceux qui entendent mes propos ne les comprennent pas en général, faute de connaître la réalité des situations (comme celle du Liban où il vaut mieux être un chien qu’un Palestinien) et surtout l’histoire du Moyen Orient où Israël est nettement en queue de peloton pour le nombre de Palestiniens tués ou blessés (10.000 morts et 100.000 blessés pour le seul Septembre Noir !).  Dois-je ajouter ici, à l’Intention de Messieurs Bourdin et Dumas, que je ne suis pas marié (hélas !)  à une violoniste juive !

 

Toujours est-il qu'ont dû se saluer de battements d'ailes les pilotes des escadrilles égyptiennes qui allaient bombarder DAECH en Libye et ceux de l'avion de notre ministre de la Défense en route pour signer le traité d'achat (si on peut appeler ça comme ça ! ) des 24 Rafales par la France, où le directeur de Dassault (enfin euphorique suite à cet exploit commercial après des décennies passées à faire la gueule avec ses zincs sur les bras) prenait un joyeux petit déjeuner en compagnie du ministre. 

 

Tout étant pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, j'en viens à l'objet même de ce blog. Je vous avais annoncé en effet que je publierai, en complément et éclaircissement à mon texte sur la vente des Rafales, un commentaire fort intéressant que mon ami Marc, infiniment plus compétent que moi en la matière, m’a adressé alors mais qui n'est paru que dans la rubrique des « internautes » de l’Obs où j'ai même cru un moment qu'il avait été caviardé par la censure où les services de la Défense Nationale dont il trahissait certains secrets  ; il n'en a rien été, fort heureusement et je suis donc en mesure de le reproduire ci-dessous sans autre commentaire de ma part.

 

Marc commente ainsi mon blog sur lequel je ne reviens pas

 

« Certes, certes mais c'est plus simple (un peu) et plus compliqué (beaucoup) que ça ...

 

Le plan industriel du Rafale était basé sur une commande de 300 avions par nos armées. Manque de pot, les caisses étant désespérément vides, le total a été ramené à moins de 200, d'où calcul de retour sur investissement un peu cabossé et merci qui ? Merci aux contribuables !

 

Ensuite, le Rafale, français à 98% et non à 100%, c'est une cellule, un moteur, de l'avionique et un système d'armes. C'est Dassault qui a la plus petite part, car c'est MDBA et un peu moins Thalès qui fournissent l'armement et tout le bazar électronique. D'après mes sources personnelles chez Dassault, la vente au Brésil a été perdue à cause de MDBA qui refusait de "brader" ses hyper-super missiles (pas plus performants que leurs équivalents américains, brittons ou israéliens, mais bon…).

 

Un point de base : lorsqu'on achète une voiture à un prix catalogue, ce prix anticipe tous les changements de pièces détachées nécessaires à la vie moyenne de la bagnole. Il en est de même avec l'armement aérien ... un Rafale coûtera 152 millions d'euros pièce (rapport du Sénat 2012) dans l'hypothèse où la France commande effectivement 286 appareils (ce qui ne sera jamais le cas).

 

Adoncques, pour un Rafale bradé à moins de 150 Millions d’€, le prix de vente global d'un appareil et de ses pièces de rechanges pendant 40 ans tournerait autout de 700 Millions d’€ !!

 

Ceci compense largement cela ...

 

Sans compter que la vente d'un zinc ou d'un char implique aussi et inévitablement de la formation (longue), de fréquents séjours en France d'officiers (merci le Lido !) et la création de liens culturels avec les nouveaux compagnons français d'essais et de formation. »

 

Avec ces montants annapurniens de tarifs de maintenance, on pourrait quasiment offrir nos zincs dixit un mien ami expert en la chose. Le même disant que la vision à court terme des actionnaires de MDBA (du pèze de suite, pas sur 40 ans !!) est à la base des nombreux échecs de notre Rafale national ...

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