Tiens (Re)voilà du Bou(r)din !

 

J’avais tout de même bien tort de déplorer la disparition du paysage audiovisuel français des têtes de série qui jouissent désormais chez nous des mêmes vacances que nos écoliers ! Il est vrai que je ne le regrettais en rien pour ne plus devoir subir leurs quotidiennes sottises mais parce qu’en leur lieu et place on nous infligeait, à jets continus, deux mois durant et à l'infini, les sournoises « redifs » des « meilleurs moments » de leurs misérables prestations du reste de l'année !

 

Je n'avais pas prévu que, dans leur grande générosité ou plus vraisemblablement pour quelque cause cachée moins avouable, nos vedettes télévisuelles renonceraient à une semaine de leurs deux mois de vacances pour faire leur rentrée avant le début de septembre. C'est ainsi qu’en ce matin du 23 août 2015, j'ai eu le privilège, contre toute attente, de constater le retour à l'antenne de Jean-Jacques Bou(r)din, la vedette matinale de RMC-BFM, qui durant ses vacances, avait exigé de tous ses remplaçants qu’ils se présentassent (voilà que je cause comme Nico après sa rencontre avec le Bescherelle !) sous son étiquette personnelle, de façon à ce que son nom fût répété toutes les trente secondes sur RMC et qu’on lui rendît ainsi un permanent hommage.

 

Je n'ai toutefois regretté qu’un instant mon inadvertance matinale puisque les trois thèmes de cette matinée était, mais vous l'aurez sans doute deviné car c'est la même chose partout, la petite pilule rose qui supprimera désormais la migraine de bien des rencontres conjugales, le « coaching de la séduction » et l'annonce par François Hollande de nouveaux allégements fiscaux. Dans un tel contexte où, comme le disent Jean Jacques Bourdin et sa marionnette des Guignols : « Les Français veulent savoir ! », on ne pouvait donc faire moins sur RMC-BFM que d'inviter Monsieur Lechypre qui s'imposait dans chacun de ces trois sujets.

 

Je me suis amusé, en quelques clics, à essayer de pénétrer le secret jalousement gardé de la formation académique exacte de cet économiste qu'on a quelque peine, à voir sa binette et à l'entendre, à regarder comme « distingué », même si c'est la loi du genre. Je ne suis pas allé toutefois jusqu'à investir les 6,50 € nécessaires pour recevoir sa biographie proposée dans et par le Who’s Who, ne serait-ce que parce que je sais que ces notices sont toujours rédigées par les intéressés eux-mêmes !

 

De toute façon, vu qu’on devait causer problèmes fiscaux, coaching de la séduction et pilules roses pour dames, la présence de Monsieur Lechypre était évidemment indispensable (si vous ne le connaissez pas de visu allez voir sa binette qui vaut le déplacement !) et il s'est montré à la hauteur de sa réputation. La dernière fois que j'avais vu à « C dans l’air », comme je l’avais signalé ici même, il confondait les millions et les milliards, ce qui est tout de même fâcheux pour un économiste ; cette fois-ci, il nous a donné la preuve, à propos des baisses d’impôts, qu'il ne connaissait pas le sens d’expressions pourtant courantes comme « au plus tôt » et au plus tard » puisqu'il a utilisé (et vous pouvez vérifier) la seconde en lieu et place de la première ! 

 

Tout cela n'est pas très grave, somme toute, car Lechypre  s'imposait sur tous les sujets, de la séduction à la pilule de la libido, entre lesquelles il n’y a qu’un pas que Lechypre permet aisément de franchir et pour lequel il peut même s’avérer indispensable. Cessez de lire ici Mesdames car la suite brave un peu l’honnêteté, ne fût-elle que lexicale.

 

For men only ! Vous m’accorderez que Lechypre est tout proche de « le chibre » que ne connaissent sans doute pas ceux qui n'ont jamais lu San Antonio et qui ignorent ce mot qui, dans un argot désormais un peu désuet, désignait et désigne toujours « le pénis ». El là encore vous pouvez vérifier ! Mon cher Trésor de la langue française étant défaillant sur ce point, pour vous évitez une recherche, je cite le Wiktionnaire : 

« Chibre ʃibʁ masculin (Familier) Pénis.

Ah ce qu'il est beau mon chibre,

Quand il est à l'air libre. — (Pierre Perret, « Mon chibre ».)

L'ancillaire, pourtant habituée à du chibre grand veneur, reste sidérée devant le monstre assoupi. — (San Antonio, Trempe ton pain dans la soupe, S-A 173, Fleuve Noir, 1999). ».

 

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