Pour 100 000 $, t’as pus rien ! ».

 

Mediapart, violant sans scrupule ni retenue, l’un des secrets majeur de nos Défense et Industrie nationales, a publié le texte in-té-gral de la conférence que Nicolas Sarkozy a donnée en Corée du Sud et pour laquelle il a touché,  semble-t-il, 100 000 $ (imposables ?) de  ces braves et innocents Sud-Coréens. Ce prix est toutefois moins considérable qu'il n'y paraît puisque, si l'on en croit Libération, 900 industriels sud-coréens assistaient à cette conférence ce qui ne met après tout le billet d'entrée qu’à 110 $, ce qui n'est pas grand-chose après tout pour cegenre de clients !

 

En revanche, à lire le texte publié par Mediapart, appeler cette prestation de service une « conférence » constitue une forme de tromperie sur la marchandise ;  c'est mollement répandu dans un fauteuil et les jambes croisées (dans l’une de ses postures favorites) que notre ex-président a donné ce qu'il appelle une « conférence » et qui n’est en fait qu’une forme négligente de causerie sur un peu n'importe quoi, ce n'importe quoi allant de sa chanteuse d’épouse aux problèmes du monde, le tout agrémenté de quelques entorses à la syntaxe du français. Ces dernières n'ont évidemment pas choqué puisque tout cela passait par le filtre de la traduction et que les traducteurs coréens, s’ils les avaient perçues, se seraient bien gardé de telles remarques qui ne peuvent émaner que de cuistres dans mon genre.

 

Je ne dirai pas que tout cela manquait d'intérêt ; toutefois l’intérêt n’est pas là où on aurait pu le croire !

 

On pourrait d'abord, surtout en ce moment, produire, à partir de cette allocution, une video d’un genre qui est tellement à la mode dans le paysage audiovisuel français en cette période de fêtes : le « bê-ti-sier » ! Il se multiplie et fleurit dans tous nos médias. Le bêtisier sarkoréen de Noël est tout prêt !

 

Depuis les ignorances inouïes quand il « conseille » à la Corée du Sud, l’Etat-hôte, d'organiser l'Asie en créant une structure régionale sur le modèle européen (entre nous quel admirable modèle qui donne chaque jour l’exemple de son utile efficacité !) alors que l’Association des Nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE / ASEAN) qui regroupe, sur les plans politique, économique et culturel, dix Etats d'Asie du Sud-Est, existe … depuis 1967 !

Peu au fait l’Asie, Nicolas Sarkozy ne l'est pas davantage de Amérique latine, même s’il a vaguement entendu parler du Mercosur !

 

Pire encore ! L'ex-chef de l'État, totalement dépourvu de scrupule comme de solidarité francophone, s'arroge le mérite de la création du G20 au détriment d'un autre francophone, le canadien Paul Martin ! Ce mensonge, évident, signalé au départ par Mediapart, est, contre toute attente repris par le Figaro, mais le poids de la politique française et des conflits internes de l’UMP s’étend jusqu’en Corée.  Sur ce point, on note aussi dans ce même journal un autre épisode peu flatteur de la chronique sarkozienne. Le Figaro rappelle en effet que N. Sarkozy  aime à se donner un rôle historique qu'il n'a peut-être pas eu. Ainsi, en 2009, pour la commémoration de la chute du Mur de Berlin, il avait rappelé qu'il y avait lui-même été présent le 9 novembre 1989, en compagnie d'Alain Juppé. Ce fait (Dieu seul sait pourquoi !) a été démenti quelques jours plus tard par Juppé lui-même qui avançait que le voyage n'avait eu lieu que le 16 novembre. Selon les explications de l'Elysée, N. Sarkozy avait fait deux voyages: « Une fois le 9 novembre 1989, plutôt en catimini, et une deuxième fois le 16 novembre 1989, avec une plus grosse délégation». Le premier voyage n'a pas pu être formellement prouvé, le débat reprendra peut-être lors de la Primaire UMP !

 

 

Je ne veux pas reprendre ici le relevé des erreurs, des inexactitudes ou des confusions ; il a été malicieusement fait par Mediapart et il est donc inutile d’y revenir.

 

En revanche le manque de professionnalisme du conférencier à 100.000 $ est évident dans un genre où le minimum syndical est, tout de même, de retenir le nom de son interlocuteur, même s'il est un peu compliqué.  Faute de pouvoir retenir le nom de Chang Dae-whan (un homme d’affaires sud-coréen qui pose les questions), N. Sarkozy est obligé de l'appeler le « Docteur Chang », ce qui donne une allure de roman d’espionnage aux propos les plus innocents. Autrefois le conférencier écrivait les noms à retenir sur ses manchettes, faute de pouvoir comme Marlon Brando faire coller des post-its anti-sèches sur le front de ses interlocuteurs ou pire encore de ses interlocutrices !

 

Si la mémoire de notre ex-président est quelque peu défaillante, sa maîtrise du cirage de pompe est en revanche totale, même si elle n’est pas toujours opportune ; c'est à ce moment-là seulement que (pauvre de moi !), j'ai découvert les vraies raisons de la présence à l'Élysée de Monsieur Aquino Morelle ; en fait, il était le conseiller spécial du président pour le seul cirage des pompes, fussent-elles diplomatiques. Les banalités ont été aussi raillées par Mediapart et je n'y reviens donc pas davantage, ce qui conduit à s'interroger sur le besoin que j'ai eu d’écrire un blog ainsi intitulé.

 

Cela tient assurément à ce que j'ai battu à plates coutures les Coréens sur leur propre terrain et dans leur spécialité : l'espionnage diplomatique et les écoutes ; à la fin de la conférence et à la sortie des auditeurs, grâce à mon système d'écoute cyber-nano-électronique à double contre pédalage et frein dans le moyeu, j'ai pu surprendre (et l’ai été seul à le faire) l’échange final entre Chang Dae-whan et Ban Ki moon ; ce dernier en effet prenant à part le « Docteur Chang » comme le nomme notre Nicolas et l'attirant dans un coin sombre qu'il espérait à l'abri des écoutes indiscrètes, il lui a murmuré à l'oreille, en confidence, en souriant et en coréen, (triple zeugma que je vous prie d'admirer) : « Mon vieux, maintenant pour 100 000 $, t’as pus rien ! ».

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