De qui se moque-t-on ? RMC-BFM, Brunet et Neumann

 

 

J'entendais ce matin, sur RMC-BFM, le prétendu débat entre Messieurs Éric Brunet et Laurent Neumann qui se déroule comme chaque jour (hélas ouvrable !) sous la haute autorité de Jean-Jacques Bourdin,  dit « Want know » dans tous les services d'espionnage du monde.

 

Quelques mots d'explication sont sans doute nécessaires ici pour comprendre le pittoresque de la situation. Éric Brunet, grand pourfendeur de l'État-providence français, en particulier en matière médicale, a été naguère, comme directeur de la communication,  la plume des cliniques de France donc payé par la Sécu ! Réputé journaliste (et non « journaliste réputé » !), il était alors employé par la société Vitalia qui regroupe des dizaines de cliniques privées. Il est encore d’ailleurs, je  crois, en douce, rédacteur d’un magazine destiné à ces cliniques, ce qui n’est sans doute pas étranger à son renoncement aux privilèges (en particulier fiscaux) d’un renouvellement de sa carte de presse ; sa délivrance suppose en effet la preuve qu’un minimum de revenu de l’intéressé provient d’une activité de presse réelle.

 

Son redoutable adversaire matinal Laurent Neumann, est devenu également désormais plus ou moins l'employé de RMC-BFM, la radio et la télévision du « grand capital » ; en effet, remplaçant un moment comme directeur délégué de Marianne, Maurice Szafran, L. Neumann en a été, lui aussi, licencié par Chaisemartin, ancien du Figaro et actionnaire majoritaire de Marianne ; il a été remplacé dans cette fonction par les gros bras de Joseph Macé-Scaron. Participant de « Bourdin and Co », sur RMC-BFM, L. Neumann est aussi régulièrement présent dans NextRadioTV, un autre média du groupe BFM TV.

 

Comme au catch, les combats sont truqués et en fait, on est en famille ! Ces « coïncidences » suffisent d'emblée à vous montrer la nature et l’alacrité des discussions qui peuvent s'établir entre ces Dupont et Dupond, « journalistes-sic » de BFM ! 

 

Ce matin, leur « débat » était consacré à une attaque en règle contre la « Mère Delille » (je ne peux pas résister tant « la maire de Lille » évoque pour moi « la Mère Denis » des lessives d’antan !) ; Stan Brunet et Oliver Neumann lui reprochaient de ne pas être intervenue, comme candidate, dans la lutte pour la conquête de la présidence du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, en jouant le troisième larron PS dans l'opposition entre Marine Le Pen et Xavier Bertrand, le candidat des Ripouxblicains. Pas folle la guêpe de Lille, peu soucieuse de se voir imposer la « discipline républicaine » lors d’un second tour inévitable ! 

 

L'autre objet, corollaire du premier, dans ce débat, était  ce pauvre Monsieur Macron, passé pour son malheur des hauteurs rotschildiennes au marigot solférinien ou, si vous voulez, du Capitole à la Roche Tarpéienne ; naturellement la question des 35 heures était au cœur de cette discussion tout à fait digne (« Je dirai même mieux ! », tout à fait digne) de celles qui peuvent opposer les Dupon(t)d. Le choc entre Dupont Brunet et Dupond Neumann était en effet clairement  à la hauteur des affrontement des deux héros de Hergé. Comme disait Jugnot dans l’ancêtre des Guignols aujourd’hui disparus dans l’offensive crypto-sarkozienne « Et dire qu’on les paye pour faire ça ! ». 

Au fait avec son « Nouveau Canal + », comme on pouvait le prévoir, le génial Bolloré est en train de se couvrir de ridicule et Maïzena peut préparer son dossier pour Pôle-Emploi, tandis que De Caunes doit se marrer en douce !

Tout cela est évidemment à la fois dérisoire et ridicule et je n'ai que vaguement écouté de telles discussions en promenant mon chien et surtout pour me convaincre (mais en est-il besoin ?) de la nullité conjointe de cette chaîne et de ses employés. 

 

Petite observation stylistique (on ne se refait pas !) ; si vous voulez passer sur RMC-BFM comme sur toutes les autres radios bignoles et être dans le vent de la mode PAF, le problème est purement lexical, la pensée étant, de toute façon, proscrite en ces lieux. Il suffit simplement d'utiliser dans votre discours les termes « boîte » (pour usine ou bureau), « pote » (pour ami) et « bosser » (pour travailler). Merde c’est quand même pas sorcier !

 

Je suis décidément le plus souvent trop long ; ayant lu ce matin dans l’Obs le blog d'Hubert 41, qui fait pourtant souvent d'habitude dans le genre court, je vais m'employer à suivre un chemin inverse et à raccourcir mes textes.

 

Comme disait ce farceur de Corneille (à moins que ce ne soit Molière comme le pensent certains !) ; « Et le désir s’accroit quand l’effet se recule » ;  je permets exceptionnellement à Hubert 41 de faire ici le mauvais à-peu-près que je redoute, à condition toutefois qu'il permette éventuellement que je prenne sa suite avec  comme nouveau pseudonyme « Le 42e rugissant » ! 

 

NDLR. « Hubert 41 » est le pseudonyme de l'un des blogueurs les plus anciens et les plus connus de l’Obs.com !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.