DSK ou LSK ? Un clou chasse l’autre !

 

 Daenerys’Com ou LSK ? Vous connaissez mon goût, décidément irrépressible, pour les titres énigmatiques ! Celui-ci l’est peut-être moins que d'autres pour ceux qui sont familiers des chroniques mondaine et financière mais il mérite néanmoins pour tous les autres quelques explications.

 

Daenerys’Com a fait son entrée sur le marché des agences de communication début 2014. Elle se déclarait alors spécialisée dans le « marketing digital, la veille stratégique et concurrentielle et la communication de crise », ce qui ne mange pas de pain (comme tout ce qui touche à la com’) et laisse la place à l’imagination. Elle était créée par Myriam L’Aouffir qui, à cette fin, avait quitté ses fonctions au sein de France-Télévision où elle était responsable du « marketing numérique ». Précisons pour celles et ceux qui ne seraient pas encore familiers du vocabulaire spécialisé dans ce domaine, que « numérique » et « digital » sont ici synonymes, ce qui n'est assurément pas le cas, vous l'aurez compris, dans tous les lexiques spécialisés. 

 

Cette précision est d’autant plus nécessaire que Myriam L’Aouffir était apparue depuis peu dans les médias, lors du festival de Cannes, en compagnie de DSK ; cette montée des marches qui fleurait le « coup de com’ » avait fait les titres de toute la presse spécialisée ! On  avait même lu ce titre pour un article consacré à cet événement : « Derrière DSK se cache une femme de tête, Myriam L’Aouffir. ». À ce qu'on a pouvait lire, dans l’affaire du Carlton, au sujet des habitudes et des goûts sexuels de DSK, Myriam L’Aouffir était effectivement une femme prudente et avisée puisqu’elle avait  soin d’être toujours derrière DSK et non devant ! On ne sait pas toutefois pas si c'est elle qui a choisi cette montée des marches à Cannes en 2013 pour faire pendant à la présentation à Cannes du film d'Abel Ferrara sur l'affaire du Sofitel de NewYork. On sait toutefois, depuis Clémenceau, que la montée des marches est le meilleur moment de ces brèves amours !

  

Toutefois, avec DSK, comme autrefois à la Samaritaine, il se passe toujours quelque chose ! Cela n'a guère cessé (« cassette Méry » ou petit dossier Elf) depuis l'affaire déjà fort ancienne de la MNEF où se sont nouées des amitiés (sinon indissolubles du moins susceptibles de reprendre au gré des événements politiques) avec quelques-uns des futurs éléphants du PS (suivez mon regard en direction du Premier Secrétaire par exemple !).

  

À peine la pitrerie du Carlton de Lille prenait-elle fin en queue de poisson bien sûr (au demeurant tout à fait ridicule car on ne saurait reprocher à un coq de chanter ou à un bourdon de bourdonner), voilà qu’éclate une autre affaire, de toute évidence bien plus sérieuse, qui n'en est qu'à ses débuts et dont on ne sait pas trop ni en quoi elle consiste exactement ni jusqu'où elle pourra aller.

 

Le pittoresque de la chose est de voir que, jusque dans les blogs, apparaissent des admirateurs  de DSK qui s'interrogent, à nouveau, sans le moindre bon sens,  sur son avenir politique ; certains vont même à nouveau jusqu'à voir en lui un futur Président de la République ce qui est tout de même fou vu le nombre, la taille et le poids des casseroles de toutes tailles et de tous métaux qui s'attachent à ses basques. 

 

On avait pourtant admiré  sa capacité à rebondir, et pas seulement sur les matelas des lupanars et les croupes stipendiées, mais dans le « conseil » et l’économie. Le dernier épisode était le plus flatteur et le plus brillant !

  

En effet, au printemps 2013,  Thierry Leyne et Dominique Strauss-Kahn s’étaient unis pour « le meilleur et surtout pour le pire » en créant « LSK and Partners », une banque d’investissements version « boutique », comme le précise  L’Opinion qu’on annonce comme une opération financière à au moins deux milliards de cash. DSK s’occupe alors, en principe loin des « boites à cul », à battre les estrades et les forums à coups de conférences sur l'économie mondiale comme de conseils aux puissants de ce monde ! 

  

Soudain, coup de tonnerre dans un ciel réputé serein : Thierry Lheine, partenaire et associé de Dominique Strauss-Kahn, se suicide le 23 octobre 2013 en se jetant par une fenêtre de l’un des derniers étages de la plus haute tour de Tel-Aviv ! C'est le moins qu'il pouvait faire !

 

Ces événements, moins inattendus qu’on peut le croire, méritent quelques explications.

 

À tout seigneur tout honneur, T. Leyne lui-même d’abord. 

 

Comme DSK, un brillant passé professionnel : Ingénieur diplômé de l'Institut israélien de technologie (Technion) de Haïfa, de l'Ecole polytechnique de Bruxelles et de la SFAF, T. Leyne a fait toute sa carrière dans la finance. « D'abord chez l'agent de change parisien Eric de Lavandeyra, puis à la Banque Duménil Leblé, avant de créer ses propres entreprises qu'il fusionnera successivement avec Consors, racheté ensuite par BNP Paribas, puis avec Global Equities ». T. Leyne est donc un financier mais « PAS QUE » comme on aime tant à le dire désormais. Comme on l’a vu, il a été formé au Technion qui depuis longtemps a la réputation d’être l’université des techniciens du Mossad et de l’armée. C’est là qu’à été conçu le « Dôme de fer », le bouclier anti-missiles israëlien, comme tous les engins téléguidés et les outils d’espionnage secrets. 

  

Des zones d’ombre toutefois (géostratégique et politiques) ; « L’ami de DSK passe par la fenêtre : le Mossad est en deuil » (l’aurait-on un peu aidé ?) titre Mondafrique qui rappelle le parcours de ce financier, auquel, logiquement, le Mossad s’intéressait de très près, vu ses lieux d’activité. Détour inattendu mais indispensable par le Soudan : « A partir du socle constitué par Anatevka, société créée par Thierry Leyne, dans la gestion d'actifs, la banque privée et la gestion de portefeuilles, le groupe qui emploie une centaine de personnes devait se lancer dans la banque d'affaires grâce à l'expertise de l'ancien directeur général du Fonds monétaire international. Les deux hommes se connaissaient bien et avaient eu l'occasion de travailler ensemble. DSK a conseillé Anatevka pour la création de la National Credit Bank du Sud Soudan. La holding luxembourgeoise est un actionnaire minoritaire de cet établissement inauguré au printemps 2013 dans ce nouvel Etat africain, indépendant depuis juillet 2011. Les actionnaires majoritaires sont des familles soudanaises dont les fonds étaient gérés par Assya, la filiale de gestion de fortune d'Anatevka. L'ancien ministre français des Finances et Thierry Leyne étaient tous deux présents à Juba, en mai 2013, lors du lancement de la banque ».

 

Même si cette date et ce lieu ne vous disent pas grand’chose, que T. Leyde et DSK soient ensemble à Juba début 2013 est lourd ou riche (comme vous voudrez) de significations géopolitiques. Juba est la capitale du tout jeune Sud Soudan, pour partie chrétien, enfin  « arraché » aux Musulmans du Nord, alors que depuis des années la CIA et le Mossad s’emploient à déstabiliser le régime de Khartoum. Aider les « rebelles du Sud » est d’autant plus indispensable que c’est justement cette partie du Soudan qui est riche en pétrole. Pas besoin de faire un dessin à DSK pour qu’il comprenne que « s’associer à Leyne est l’assurance d’avoir le soutien total du gouvernent de Jérusalem ».  

 

Toutefois LSK va mal et DSK a quitté en toute hâte le navire !

 

Admirable coïncidence : DSK quitte la présidence de LSK que T. Leyne lui avait laissée dès le départ , quelques jours avant le suicide de son associé. L’ancien directeur général du FMI explique dans Le Parisien, une semaine plus tard, le 30 octobre 2014, que son ex-associé « avait contracté une série d’emprunts excessifs ». Il admet qu’il était au courant de la « réputation contrastée » de son associé, mais explique  que l’homme d’affaires « avait fait dans le passé de très belles opérations !». Fermez le ban et le cercueil!

 

Au même moment la société « Strauss-Kahn et Partners » procède à une déclaration de cessation de paiement, ajoutant que les membres du conseil d’administration ont découvert « des engagements supplémentaires au sein du groupe dont ils n'avaient pas connaissance et qui aggravent sa situation financière délicate». Ah qu'en termes galants ces choses-là sont  dites ! DSK, qui était président (mais non-exécutif de LSK), assure être étranger à toutes ces opérations que dirigeait Thierry Leyne, via des filiales de sa banque d'investissement.

 

La déclaration de cessation des paiements ne l’empêche pas toutefois d’être visé par une plainte dans cette affaire : « La plainte a été déposée le 30 juin à Paris par Jean-François Ott, ancien président-directeur général de la société immobilière luxembourgeoise Orco Property Group, a précisé à l’Agence France-Presse (AFP) son avocat, Me Mathieu Croizet. M. Ott affirme avoir souscrit l’été dernier, par l’intermédiaire de sa société chypriote Roxannia, une augmentation du capital de LSK de 500 000 euros.

Persuadé qu’on lui a présenté, en amont de cet investissement, une situation financière de LSK qui n’était pas conforme à la réalité, il a déposé plainte pour « escroquerie », « abus de biens sociaux » et « faux » contre les anciens administrateurs de LSK, parmi lesquels figure l’ancien directeur du Fonds monétaire international (FMI), a précisé Me Verdier. Contacté par l’AFP, Me Jean Veil, un des avocats de M. Strauss-Kahn, s’est refusé à tout commentaire. » (Le Monde.fr | 03.07.2015 à 13h54).

 

La suite au prochain numéro !

 

 

 

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