Ce dormeur de Val !

J'ai toujours été intéressé par le personnage de Philippe Val et ses plus récentes mondanités ne sont pas faites pour m’en détourner, même s’il semble s’être endormi depuis six bons mois !Philippe Val, (né à Neuilly en 1952 mais d’un père boucher et d’une mère coiffeuse) démarre dans la vie à l’extrême-gauche, anarchiste et antimilitariste,

J'ai toujours été intéressé par le personnage de Philippe Val et ses plus récentes mondanités ne sont pas faites pour m’en détourner, même s’il semble s’être endormi depuis six bons mois !

Philippe Val, (né à Neuilly en 1952 mais d’un père boucher et d’une mère coiffeuse) démarre dans la vie à l’extrême-gauche, anarchiste et antimilitariste, avec le parfait physique de l’emploi grâce à sa tronche de Savonarole (je sais que Savonarole était barbu, j’y reviendrai !) ; il finit (très provisoirement rassurez-vous) en condamnant Snowden et en déjeunant, cet été au Cap Nègre, entre Nicolas et Carla !

En plus futé, ce dormeur de Val, me fait penser à certains égards à Robert Ménard, le maire de Béziers, passé sans coup férir, de la présidence de « Reporters sans frontières » (même si certains le soupçonnaient toutefois d’y être à la solde de la CIA) ; Philippe Val n'est pas triste dans son genre non plus ! L’évolution politico-idéologique de Val qui, en 1995 prenait le risque de se faire casser la gueule (au sens le plus propre même on peut juger qu’il ne risquait pas grand chose !), s’était déjà manifestée dans l’affaire Siné en 2008. Le polémiste anarchiste, brillant collaborateur de Charlie hebdo dont il avait fini même par devenir le patron, est passé d’un seul bond, en 2009, grâce à l'entregent de Jean-Luc Heess et à l’amour de Sarkozy pour les conquêtes idéologiques, à la direction de France-Inter.

 

S’y est-il adapté ou simplement révélé, las du masque de sa jeunesse ?  Ses débuts dans son nouvel emploi ont été aussi rapides que significatifs ! Deux heures après sa nomination, il avait déjà renvoyé Frédéric Pommier, responsable de la revue de presse quotidienne. La raison officielle était une mauvaise hiérarchisation de l'information, mais selon  l'intersyndicale des journalistes de France Inter, le nouveau patron n'avait pas apprécié que F. Pommier ait cité Siné Hebdo dans la revue de presse.

 

Durant cinq ans, non seulement il n'a pas fait l'unanimité (« Ah qu’en termes galants ces choses là sont dites ! »), mais il s'est même rendu célèbre par quelques hauts faits dont l'éviction de Stéphane Guillon et de Didier Porte.

 

J'avoue que j'avais cessé de m'intéresser réellement au personnage dans sa mutation qui semblait désormais définitive ? Ph. Val avait démontré dans le passé une certaine forme d'absence de jugement ; il avait collaboré en chansons de longues années durant avec son ami de vingt ans Patrick Font, sans se rendre compte de la pédophilie ancienne et constante de ce dernier qui s'est terminée devant le tribunal d'Annecy par une condamnation en 1998 mettant ainsi un terme à leur carrière de duettistes comme à leur amitié.

 

J'avoue avoir cessé demande de me demander ce qu'était devenu PhilippeVal depuis l'avènement de la gauche ; j'ai été quelque peu étonné de voir qu'il avait réussi à tenir deux ans  (Putain deux ans !) et à rester à la tête de France Inter jusqu'en mai 2014 ! Il a fini alors par se retirer en adressant une lettre électronique à l'ensemble des salariés de France Inter. Je vous en livre de brefs extraits, car est assez amusante. Elle s'ouvre par une citation de Serge Gainsbourg que l'ancien duettiste omet d'ailleurs de munir (du moins dans la version que j’en ai) des indispensables guillemets que je prends sur moi d’ajouter.

 

« Chères toutes, chers tous,

« Je suis venu vous dire que je m'en vais. Et vos larmes [sans doute de crocodile] n’y pourront rien changer …».

 

Le ton de la lettre est intéressant et elle ne mentionne que des prénoms (en omettant par prudence les noms pour rendre les identifications douteuses tout en donnant donne un caractère d'intimité).

 

La fin laisse sentir que l’auteur espère sans doute pour 2017 un nouveau changement de position, de fonction et donc de postures : « Ma mémoire  est faillible, mais  sélective : je ne vous oublierai pas » (Vous les amis mais les autres non plus bien entendu qui ne perdez rien pour attendre !).

 

Tout cela m'a amené à rechercher dans mes vieux papiers le blog que j'avais fait au moment de la nomination de Philippe Val à la tête de France Inter et je ne résiste pas au plaisir et à la facilité de le reproduire ci-dessous.

 

« Philippe Val à la tête de France-Inter

 

(Je précise pour les non-initiés que les intertitres entre guillemets sont des intitulés d’ouvrages de Philippe Val).

 

« Si ça continue, ça va pas durer » avec France Inter,

 

Contrairement aux rumeurs persistantes de ces derniers jours, Philippe Val ne quitterait pas la « Charlie Hebdo » pour le secrétariat général de l’UMP, mais pour la direction de France-Inter. On ne peut que féliciter l’heureux élu pour une si forte et fulgurante ascension au sein d’une maison où ses fonctions n’avaient guère dépassé, jusqu’à présent, celles de modeste pigiste.

 

« Les Traîtres et les Crétins : chroniques politiques », Le Cherche midi, 2007

 

En tout cas, joli coup de billard à bandes multiples, autour de Jean-Luc Heess, dans le cadre de la stratégie présidentielle. Non seulement ce savonarole (même en sachant que c’est faux, car le vrai Savonarole était barbu, je ne puis m’empêcher de l’imaginer sous les traits émaciés de Philippe Val) ne couvrira plus du torrent de ses invectives et ne menacera plus des flammes de l’enfer la droite française, comme au bon vieux temps. A vrai dire, Val a depuis longtemps rompu avec cet exercice, mais on annonce déjà pour l’auteur-compositeur Val Philippe, un passage au Zénith et un duo de charme avec Carla Bruni.

 

« Allez-y, vous n'en reviendrez pas », Le Cherche midi,  et/ou « Bonjour l'Ambiance », Le Cherche midi.

 

Ceux qui vont en revenir très vite sans doute à des idées plus juste sur Val, ce sont les gens de France-Inter, qui se réjouissent, sans doute, de voir arriver, à l’étage des « executives », un homme de gauche, réputé anarchiste et libertaire. Il sera, certes, plus difficile de faire régner la censure, la terreur patronale voire le licenciement dans la Maison ronde, où les syndicats sont puissants, qu’à « Charlie Hebdo », n’est-ce pas Denis Robert, Michel Polac et Siné ? En tout cas, on ne peut que recommander à tout le personnel de France Inter la lecture attentive d’un récent ouvrage du patron, « Traité de savoir survivre par Temps Obscurs », Grasset, 2007.

 

Pour finir et pour renouer avec le bon vieux temps d’« Hara-Kiri » ou de l’ancien « Charlie » (je ne sais plus), petit concours, ouvert à tous, des titres auxquels vous avez échappé !

 

« Un Val, des veaux »  (un peu trop élaboré peut-être ?)

« Tant Val la cruche à l’eau, qu’à la fin elle se casse (chez Sarko ! »

« Val en Tino Rossi » (pour le duo avec Carla).

« Siné qui pleure et Val qui rit ! »

A vous de jouer !  « No problem ! », Le Cherche midi en collaboration avec France Inter (Déja !).

 

Faut-il préciser que, comme toujours, le vainqueur gagnera une tringle à rideaux. ».

 

 

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