Honte! Ca suffit, il faut qu'il parte maintenant!

Macron se tire une balle dans le pied! Oui sans doute, mais la politique qu'il mène est parfaitement compatible avec la réhabilitation de Philippe Pétain, l'ami de Hitler

Sans doute Macron vient une nouvelle fois de se tirer une balle dans le pied : il est effectivement coutumier du fait depuis que son régime est de plus en plus haï par nos concitoyens. Sa position sur l’hommage à rendre aux maréchaux de la grande guerre, incluant donc celui à Pétain, n’est pas le produit d’une démarche hasardeuse, une regrettable erreur de parcours : elle est le produit de toute une politique, où ce régime aux ordres du MEDEF et de l’Union Européenne, met en pièce le pacte social construit à la Libération et qui était contenu dans le programme du CNR (Conseil National de la Résistance). C’est par le sang et les larmes que nos aînés ont conquis les droits et libertés dont nous bénéficions encore un peu aujourd’hui.

Macron c’est quoi ?

La mise en cause du système des retraites par répartition, donc le principe de solidarité ouvrière entre les générations, au profit de la capitalisation.

La mise en cause de la sécurité sociale, qui n’est pas autre chose qu’une caisse de solidarité ouvrière, gérée à l’origine par les organisations syndicales.

La mise en cause du système d’instruction publique, assuré par des maîtres qualifiés, dont tous les gouvernements de droite ou de « gauche », ont jour après jour, et « réforme » après « réforme », vidé de son contenu scientifique. N’est-ce pas Monsieur Jospin, créateur des IUFM !

La mise en cause du système de santé publique au profit du privé.

La mise en cause de la laïcité de l’école et du contrat de 1905, dit loi de séparation des églises et de l’Etat : il vient tout dernièrement encore de parler de modifier le texte de la loi dans le sens du financement des églises et du communautarisme.

La centralisation de plus en plus autoritaire du pouvoir contre le droit des communes d’administrer librement leur espace : la disparition progressive des impôts locaux ouvre grandes les portes à la privatisation des services, appelées pudiquement « délégations de services publics ».

Des manœuvres de guerre civile contre le mouvement ouvrier quand celui-ci manifeste contre sa politique : voir l’opération montée par les mignons de l’Elysée, genre Benalla, contre la manifestation bonne enfant du 1er mai 2018…

 J’en passe et des meilleures… tout cela est parfaitement compatible avec Pétain : Macron c’est la marionnette d’une bourgeoisie française qui a toujours préféré Hitler au Front Populaire ! Et qui n’a pas renoncé à sa volonté acharnée de reprendre ce qu’elle avait concédée après ses compromissions avec le fascisme.

Pétain, c’est quoi ?

C’est la vieille France revancharde des ligues d’extrême droite qui n’a pas accepté la victoire de la France ouvrière dreyfusarde, contre le racisme et l’antisémitisme. C’est ma France, celle de Jean Ferrat, terre d’accueil.

Ce sont les lois contre les instituteurs, « hussards noirs de la République », défendant dans le plus éloigné des villages, le droit des enfants d’accéder aux savoirs fondamentaux, quels que soient leur origine sociale. C’est la tentative de détruire définitivement les écoles normales d’instituteurs, pépinières du syndicalisme enseignant… La révocation des fonctionnaires juifs, communistes ou francs-maçons…

Pétain c’est la charte du travail ou corporatisme, l’association du patron et de l’ouvrier dans une même communauté de destin. C’est la mise en cause des « corps intermédiaires », ou syndicats, obstacles à l’Unité organique de l’Etat total. C’est l’école d’Uriage, où, avec la bénédiction de l’Eglise de France, le régime de Vichy s’était donné les moyens de former les nouveaux cadres de l’Etat français, ses experts en lieu et place des élus du suffrage universel. Le pétainisme a aujourd’hui ses idéologues : ce sont les nouveaux philosophes du populisme dit de « gauche », sa Chantal Mouffe, qui se revendique du national-socialiste Carl Schmidt. Macron c’est la continuité de la Loi El Khomri et la destruction du code du travail continuée par les ordonnances sur les nouvelles relations capital-travail, resucée du corporatisme : la CFDT jaune applaudit, tandis que le renégat Jean Claude Mailly tient le porteplume ! 

Pétain c’est l’hostilité à la séparation de l’Eglise et de l’Etat : jusqu’au bout l’Eglise de France soutiendra son régime. Le corporatisme des idéologues de Vichy est parfaitement conforme à la doctrine sociale de l’Eglise. Emmanuel Mounier et ses affidés seront formateurs à Uriage. L’Eglise de France refusera jusqu’au bout de nommer des aumôniers aux maquis, tandis qu’elle fera nommer des aumôniers aux milices du sinistres Darnand. Monseigneur Gerlier, primat des gaules proclamait : « Car Pétain c'est la France ; et la France, aujourd'hui, c'est Pétain ! » Ce que les prêtres catholiques feront, par fidélité à leur conscience d’homme, par l’aide à la résistance, par les baptêmes des enfants juifs, ils le feront contre leur hiérarchie. Certains même le paieront de leur vie dans les camps de déportés…

Je suis originaire d’une région, Besançon, Montbéliard, Belfort, la Franche Comté : mon père a été un résistant de la première heure, à ce titre il a connu les risques de la clandestinité puis le dernier cercle des enfers, celui de la déportation : cela s’appelle Le Strudhof, Dachau, Allach, Ebensee, Mathausen… A Besançon, les nazis fusillaient les résistants dans l’enceinte de la Citadelle de Vauban : encadrés par la Wehrmacht, les condamnés défilaient dans la rue principale de la ville, assis sur leurs cercueils, pour l’exemple. On fusilla même un gamin de 16 ans, le petit Fertet, élève de terminale et membre d’un des premiers groupes de résistants.

Je n’ai jamais oublié dans ma vie de militant cette histoire.

 Il y a des périodes de l’histoire où le mouvement ouvrier est à l’offensive et où il apparaît comme la seule force en capacité de changer durablement les règles de vie dans une société libre et émancipée de l’exploitation capitaliste. La période qui suivit la seconde guerre mondiale était celle-là. Je n’entre pas ici dans la discussion de savoir si le socialisme pouvait être construit à l’issue de cette seconde barbarie. Aujourd’hui le mouvement ouvrier est considérablement affaibli, ce qui explique l’existence pitoyable d’un Macron.

Dans d’autres circonstances historiques, il y a belle lurette, que cet individu serait devant un tribunal d’exception !

Macron doit partir maintenant ! Ça suffit !

 

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