A propos d'un cas de maltraitance mémorielle: le Collège Léon Bérard à St-Palais (64)

Dix ans après l'ouverture de l'affaire "Léon Bérard" à Saint-Palais, où en sommes-nous ? Rien n'a bougé du côté du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques malgré le basculement à gauche opéré à l'issue des dernières cantonales de mars 2011. L'association "Gogoan" qui milite pour un changement de dénomination du Collège de Saint-Palais interpelle M. Georges Labazée, président du Conseil général. Ci-après, la "Lettre ouverte " que nous venons de lui envoyer.

Dix ans après l'ouverture de l'affaire "Léon Bérard" à Saint-Palais, où en sommes-nous ?
Rien n'a bougé du côté du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques malgré le basculement à gauche opéré à l'issue des dernières cantonales de mars 2011.
L'association "Gogoan" qui milite pour un changement de dénomination du Collège de Saint-Palais interpelle M. Georges Labazée, président du Conseil général.
Ci-après, la "Lettre ouverte " que nous venons de lui envoyer.

Lettre ouverte à M. Georges Labazée,
président du Conseil général de Pyrénées-Atlantiques,
à propos d’un cas de maltraitance mémorielle


Monsieur le Président,


Vous n’ignorez pas que la dénomination officielle du collège de Saint-Palais – « Collège Léon Bérard » -
est controversée.
Indéniablement, Léon Bérard était une personnalité politique importante de l’entre-deux-guerres. Mais il
a, en tant qu’ambassadeur du régime de Vichy, accepté de légitimer devant les autorités du Vatican les
mesures antisémites contenues dans le Statut des juifs de 1941. Son rapport de mission du 2 septembre
1941, adressé au Maréchal Pétain et conservé aux Archives Nationales, est cité par la plupart des
historiens spécialistes de la période concernée. À la Libération, abrité au Vatican pour échapper à
d’éventuelles poursuites, Léon Bérard fut condamné par contumace à dix ans d’inéligibilité.
La demande de changement de dénomination du collège, formulée et validée par un vote du conseil
d’administration de l’établissement le 5 mars 2002, avait été transmise au président du Conseil général de
l’époque, M. Jean-Jacques Lasserre. Celui-ci avait accepté de recevoir le 9 janvier 2003 une délégation de
représentants des personnels et de l’association des parents d'élèves du collège mais, finalement, avait
choisi de ne pas donner de suite favorable à cette demande. Quant à son successeur, M. Jean Castaings, il
n’a pas jugé utile de répondre à un courrier que nous lui avions adressé, sous couvert du chef
d’établissement, le 29 mai 2008.
Aujourd’hui, alors qu’un même regard collectif, nourri par les travaux des historiens, semble être porté
sur cette fracture de notre passé, que le devoir de mémoire est régulièrement convoqué par les plus hautes
autorités de l’État, est-il concevable qu’un collège de la République puisse continuer à honorer, à
quelques kilomètres du camp de Gurs, un personnage fourvoyé dans une infamante politique ?
Dans quelques jours, lors du dernier conseil d’administration du collège de l’année scolaire, une motion
sera présentée aux représentants du personnel et des parents d’élèves pour renouveler une demande
formulée il y a déjà dix ans. Cette demande vous sera destinée puisque, selon la loi, vous êtes l’autorité
ayant compétence pour les dénominations des établissements publics locaux d’enseignement.
Outre cette motion, nous souhaiterions vous rencontrer pour évoquer tous les aspects de notre démarche.
Nous pourrions ainsi vous faire part de quelques propositions de noms susceptibles d’être retenus. Par
exemple, celui de Henry Touzaa dont les récentes obsèques ont été l’occasion d’une importante
reconnaissance publique de ses engagements contre le péril nazi et au service de la cité.
Dans l'attente d'une réponse, veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de notre considération
distinguée.


Robert Garat, président de l’association « Gogoan »

 

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