L'élection académique la plus médiatique de ces vingt dernières années.

Un jour de l'avenir, comme le note à très juste titre le journal "Télérama", des historiens se pencheront sur l'élection académique du 10 avril 2014.

On lit dans Télérama:

"En reprenant les faits, ils se demanderont quelle interprétation donner à ce soufflet polémique. Quelques jours avant l’élection probable d’Alain Finkielkraut, noteront-ils, les rumeurs grondaient. Un certain Robert Spitzhacke, de son vrai nom Olivier Mathieu, candidat périodique à l’Académie, poursuivait de son ire l’auteur de L’Identité malheureuse. (...) Allait-on assister à une querelle des Anciens et des Modernes, à un revival des années où le verbe politique emplissait l’espace ? L’affaire, relèveront les historiens, faillit s’aggraver par des intentions de vote d’académiciens qui filtraient dans la presse, en complète violation du secret imposé".

C'est ici:

http://www.telerama.fr/livre/alain-finkelkraut-a-l-academie-francaise-quelle-interpretation-donner-a-ce-soufflet-polemique,111050.php#dyu7kHfuh0DD4gmi.99

Oui, quelle élection! Juste après des Municipales gagnées largement par l'UMP et le FN (ce que, à titre parfaitement personnel, je regrette), voilà une élection qui semblait faite pour accueillir facilement  et à bras ouverts le médiatique et ultra-médiatisé Alain Finkielkraut.

Qui aurait pu prêter de l'importance, à ce moment, à cet obscur candidat, à cet inconnu du nom de "Robert Spitzhacke" qui, le 23 janvier 2014 et dans l'indifférence générale, s'était déclaré comme candidat!?...

Les historiens diront, sans doute, que le 10 avril 2014 - compte tenu des académiciens décédés, de ceux qui ne peuvent pas encore voter, et de ceux qui n'ont tout bonnement pas fait le déplacement - il n'y a eu que 28 votants.

Que, sur ces 28 votants, 8 ont déposé dans l'urne des bulletins blancs marqués d'une croix, ce qui signifie "opposition absolue".

Tandis que 4 autres votants ont voté pour un autre candidat que M. Finkielkraut.

En d'autres termes, si l'Académie française compte quarante membres, Alain Finkielkraut a été élu par seize personnes.

16 sur environ 40 : où est le triomphe, alors?

En attendant, je reste à la disposition de tout journaliste qui désirerait entendre, de la bouche de Robert Spitzhacke - pardon, d'Olivier Mathieu - l'histoire vraie de cette élection. Vraie selon mon propre point de vue, naturellement.

Olivier Mathieu.

 

 

 

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