Daniel Rigny, Philippe Couturier, First Growth Real Estate et notre saga immobilière

Pour ceux qui découvrent ce dossier complexe, voici un très rapide résumé de ce véritable « western immobilier ».

La société Officiis Properties était une foncière cotée en bourse qui détenait plusieurs immeubles de bureaux, notamment en région parisienne. Après une gestion pas particulièrement heureuse qui a entraîné près de cent millions d’euros de destruction de valeur en 10 ans, la société a été reprise en 2015 par des entités affiliées au groupe Twenty Two Real Estate (détenu par Daniel Rigny) et à Massena (family office racheté depuis par Natixis Wealth Management).

Quatre ans après cette prise de contrôle le conseil d'administration a décidé de tout simplement « liquider » la société sans demander l'avis des actionnaires : tous les actifs ont ainsi été mis en vente et les actions de la société radiées de la cote.

Les actionnaires ont connu, quant à eux, des fortunes diverses, le cours de l'action ayant oscillé entre 0,30€ et 1,80€ sur une période récente (nous ne parlerons même pas de ceux qui ont souscrit à l’introduction en bourse à 17€)… pour finir son triste parcours à 1,20€ ! Nombreux sont les minoritaires qui ont fini en moins-value là où l’actionnaire majoritaire a gagné près de 100 millions d’euros en 4 ans.

Un peu interloqués par ce traitement différencié, plusieurs minoritaires se sont mobilisés et ont interpellé l’Autorité des Marchés Financiers. Certains ont créé un blog d’information et de défense des actionnaires minoritaires d’Officiis Properties, qui a récemment publié de nouveaux articles :

Tout d’abord une petite chronique amusante sur la stratégie de victimisation des dirigeants d’Officiis Properties et les tentatives d’intimidation menées contre l’auteur dudit blog. C’est un peu le monde à l’envers : ceux qui vont gagner des millions d’euros se font passer pour les pauvres victimes des méchants actionnaires minoritaires qui osent venir les questionner sur des opérations pas toujours très transparentes.

Vient ensuite, un article sur le mécanisme de Promote, ou rétrocession de plus-value, illustrant comment avec une mise initiale symbolique Daniel Rigny et une partie de l'équipe dirigeante de Scaprim (Philippe Couturier son Président notamment) vont se partager près de 15 millions d’euros sur le dossier Officiis Properties (et 30 millions d’euros sur Powerhouse Habitat).

Enfin, un article sur le rapport d’expert produit par First Growth Real Estate Finance (FGREF), qui a légitimé la hausse du taux de 8,5% à 14% d’un prêt entraînant des dizaines de millions d’euros de pertes pour la société et ses actionnaires.

 

Quelque chose me dit que d’autres articles devraient suivre… tant mieux !

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